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Le tableau

Le tableau

Publié le 23 janv. 2021 Mis à jour le 23 janv. 2021
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Le tableau

Gustave entrouvrit la fenêtre,

Son tableau prenait forme

Et lui, semblait difforme

Dans son vêtement.

 

Constance était lascive

À peine frissonnant,

La chair nue, expressive

À l’œil du maître, devant.

 

Le pinceau virevoltait,

La toile se remplissait

Et ma foi, la belle se demandait

À quoi elle allait

Ressembler

Ainsi présentée.

 

Ses cils clignaient,

Elle soupirait

Mais point ne bougeait

De peur d’être grondée.

 

Gustave ne disait mot

Mais observait Constance

Dans sa plus simple apparence

Avec un œil, ma foi, bien indiscret qu’il plongeait aussitôt

Sur sa toile avec plus encore d’attention.

 

Le jeu dura ainsi des heures,

De temps à autres, le pouls s’accélérait au cœur

Puis reprenait un rythme de croisière,

Bridé par le travail à faire.

 

Gustave se défit de sa chemise

Prétextant meilleure prise

Sur sa toile

Que le voile

Du tissu gênait.

 

Son front perlait,

Sa troisième jambe le démangeait

Mais de marbre il restait

À l’œil qui guettait

Du coin

Avec soin.

 

Constance

Aurait aimé la dispense

Pour ne point faire l’exercice

Qui faut dire lui faisait mal aux cuisses

De crampes, point elle ne se plaignait

Mais en silence, elle rêvait

De soins thérapeutiques et de massages.

Seulement à garder la pause,

Nullement on ose

Et on ne sait comment faire passer le message

En restant trop sage.

 

Au judas,

L’ouverture se bouchait

Mais rien ne trahissait

Des pauses salutaires

Comme d’un manquement de courant d’air.

 

Le maître jonglait avec ses pinceaux,

Le modèle ne quittait son radeau

De peur de périr aux flammes de l’enfer.

À sa place, on savait que faire.

Mais les esprits s’échauffaient…

 

Légèrement la porte grinça.

Le maitre sursauta

Failli choir un pinceau

Malgré tout il resta digne et beau

Et Constance

En transe

Interne, ne bougea d’un cil

Sage comme une image

De l’antre seul, un zeste de mobile.

 

La télépathie

A suivi

Son cours subtile.

 

Gustave exécuta la dernière touche

Il tendit son pouce

Comme pour mesurer

Son modèle et le cadrer.

Le regard à son œuvre, satisfait,

Il signala la finalité du travail mais, à regret.

 

Constance s’étira,

Bailla

Se leva

Un peu et rougit jusqu'au bas

Comme un aveu

Mais fit mine de s’intéresser

Au chef-d’œuvre terminé.

 

Là, pourtant, la surprise fut de taille

Constance, ébahie, resta comme une muraille

Mais juste pour paraitre encore fortifiée.

Elle trembla et frissonna de la tête aux pieds,

Écarquilla l’œil rond et crut, rêver.

Seulement, la toile avait parlé et bien révélé

Devant elle, comme un trompe-l’œil, sa chair de l’origine, née.

 

Gustave, observa Constance

Un pinceau tendu vers son modèle en présence.

Il fit celui qui ne vit rien

Mais fier de son accomplissement se sentit bien.

Son imagination avait bien débordé

Et ma foi, la création s’en était montrée des plus passionnée.

 

Au judas, un souffle chaud,

Puis un murmure et un Ho !

La porte se remit à grincer

Faisant sursauter la belle et le maitre

Dans la pièce inondée

De lumière

Éphémère.

 

Le jour palissait,

Il était temps de prendre congé.

Constance, déjà se rhabillait

Au regret,

En moue cachée

De maitre Gustave

Que désormais plus aucun pinceau de bave

Picturale ne trainait.

 

L’origine,

Divine,

Le consolerait

Un temps.

 
 
L.G.
 
https://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/recherche/commentaire_id/lorigine-du-monde-125.html
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