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Entrez dans la danse !

Entrez dans la danse !

Publié le 11 nov. 2021 Mis à jour le 11 nov. 2021
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Entrez dans la danse !

A 18 ans avec mes potes, j’allais en boite de nuit. Je détestais ça être enfermé, respirer la fumée des clopes ! J’aime pas faire semblant de danser alors que je suis juste là pour pécho !

Je ne suis pas auditif, je suis plus sensoriel ... En fête, j’aime toucher, je suis plus plein air, nature, coucher de soleil, s’endormir sur la plage l’un contre l’autre, se réveiller en se faisant l’amour, mmmm ... Bon bon je me calme !

En boite je prenais une boisson, je me collais sur un siège et j’attendais les slows. Je me souviens surtout de l’un d’entre eux qui m’a marqué. Ce jour-là comme chaque samedi, j’attendais donc les slows. Ouf, ils arrivent.

J’invite Céline, une jolie brune pétillante. Pendant le slow Je suis très centré sur elle. La musique je m'en fous. Séquence collé serré … Je lui marche sur les pinceaux, plus gauche tu meurs ! Ca n’a pas l’air de la déranger, ça l’a même fait rire : " Mais t’es drôlement maladroit toi " !

- Oui je sais … c’est difficile à cacher, mes pieds parlent pour moi.

Elle est cash j’aime bien.

A chaque série de slows, comme par hasard, on se retrouve ensemble. Je lui caresse le dos. Elle me caresse l’épaule. Nous sommes complètement collés l’un/e contre l’autre, on bouge plus. Avec ou sans musique, çà change rien !

Elle m ’appelle le lendemain, m’invite avec mes amis à une petite fête chez elle. Banco !

Je débarque avec mes potes, je sonne et là, qu’est-ce qui se passe ?

- Personne ne vient nous ouvrir ?

Non !

- Céline nous ouvre, elle est toute nue ?

Non

- Un énorme chien nous saute dessus ?

Non

En fait, une femme que je ne connais pas ouvre et lance « Mais çéééé quiii Paolo » ?

- C’est moi !

- Rentre mon fils, elle me pince la joue, m’embrasse fort rentre, tu es chez toi ici ! Je te présente Tata Lucette, tonton André, les cousines. Tu peux les embrasser, c’est notre famille aussi !

12 tatas m’embrassent, me collent plein de rouge à lèvres, partout ... Je suis un indien. « Mazel Tov, mon fils »

- Mazel tov ? Comment ça Mazel tov mon fils ?

J’ai demandé qq chose à boire, c’est là que le père et la mère m’ont demandé de les suivre … dans leur chambre.

La pièce est dans la pénombre, je suis assis sur leur lit, je suis cerné.

- Bon mon fils écoute-nous maintenant. Ca nous fait très plaisir de te rencontrer. Ma fille t’aime beaucoup. J’espère que tu l’aimes vraiment. Tu l’aimes au-moins ?

Il ne manque que le projo sur la tronche.

- Bon faut qu’on parle sérieusement … Notre fille, c’est une fille bien. Elle ne peut pas rester avec toi ... comme ça. C’est sérieux là. Avec mon mari, on a déjà regardé pour les fiançailles… Quand est-ce qu’on rencontre tes parents pour le traiteur et la date quoi ?

 

A une époque de ma vie, je me suis dit que la danse pouvait me rapprocher des femmes.

Mmm le contact des peaux, des parfums, des sensations. Entre nous, vous l’avez compris ; la musique je m’en fous … C’est le contact que j’aime !

J’avais repéré aux "Trottoirs de Buenos-aires" rue des Lombards, un cours de tango argentin. Je trouve ça tellement sensuel. Le corps à corps, ça me parle ! C’est génial ! Bref au premier cours de tango, je suis scrupuleusement les conseils de la prof : Paolo, regarde bien comme je fais, prend contact avec le regard, c’est toi qui guide la cavalière avec souplesse et fermeté, ressens la musique, c’est elle qui décide de tout. Sers-toi de ta poitrine, donne le mouvement par une légère pression de la main sur son dos.

Ouh la la, ça fait beaucoup à la fois !

Bon allez je fixe bien ma cavalière d’un regard profond, j’impulse sur son dos ma main souple et ferme et je guide avec mon pied …

- Aaaïïïïïe !!!

Mince je lui ai niqué sa jambe. Pour faire court, je lui ai filé un coup de tatane dans le tibia. C’est là que ma carrière de danseur de tango argentin s’arrête net.

Aucune nana ne veut danser avec moi. Tu m’étonnes !

Seul un homme s'avance : Moi je veux bien danser avec toi ! Ce soir-là, je réalise que je ne suis prêt ni pour le tango argentin, ni pour faire mon coming out !

L’année suivante, je n’ai pas voulu lâcher l’affaire. J’ai tenté la salsa. Il y avait des conditions idéales … 20 femmes, 2 hommes !

J’étais à fond, hyper optimiste comme d’hab ! J’ai bien vu que certaines femmes me regardaient avec appétit, en mode « Tiens v’la de la viande fraîche » ou « Je me le ferai bien en casse dalle ce mec », mais bon j’ai fait comme si j’avais rien vu ! lol

Au fil des séances, je sentais qu’elles avaient de moins en moins la dalle. Ma maladresse et ma bonne humeur les faisaient rire. C’est déjà ça !

Faut dire que je bloque dès qu’on me parle chiffres .. Allez un deux, un deux trois, un deux … Ca y est, je suis perdu !

En fête, soit je ne pense qu’à la musique et j’oublie complètement la femme, je lui écrase les pinceaux à contre temps. Soit je ne pense qu’à la femme, qu’à son contact. La musique devient accessoire. On se met en mode contact rapproché. On bouge pas, je la colle contre moi, genre slow, mais sans bouger les pieds.

Dans le meilleur des cas, on se marre. Bref on serait mieux assis ou couchés.

Je me suis accroché pendant un an à la salsa avant de renoncer.

Plus gauche tu meurs !

Tu comprends mieux pourquoi je fuis les fêtes dansantes.

Aucun intérêt, y a même plus de slows !

Bref, au fil des pas, j’ai compris que j’étais mal barré pour entrer dans la danse avec une femme.

 

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