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Dossard 149 (Ch2)
Non-fiction
Biographie
calendar Publié le 19 août 2026
calendar Mis à jour le 19 août 2026
time 9 min
Tous publics

Dossard 149 (Ch2)

Le retour à la réalité.



Il s’est passé à peine quelques heures, j’ouvris mes yeux avec difficulté comme si mes paupières avaient été cousues avec un élastique. Ma tête était comprimée sur la partie frontale. Les volets et la porte de la chambre étaient fermés. J’étais dans l’obscurité malgré une journée bien entamée. Ma femme avais pris soin de réunir toutes les conditions pour me laisser un peu dormir. J’émergeais doucement à la réalité quotidienne de la vie de famille. Toujours allongé dans mon lit , mon esprit était déjà entrain de refaire un remake de ma soirée tandis que j’entendais ma femme dans la cuisine entrain de préparer encore un délicieux repas comme elle s’avait très bien faire.

J'ai décidé de me lever malgré la difficulté pour ne pas traîner au lit . J’ai entrouvert la porte de la chambre , la lumière du jour inondait la cuisine laissant des ombres dansantes de poussière.

La soirée me semblait lointaine et proche à la fois.

J’ai rejoins ma femme dans la cuisine. Dans un premier temps elle me sourit sans rien dire. Elle me tendit un café fumant que je me mis à sirotais.

“ça va”. me dit -elle

“Pas vraiment , j’ai encore abusé.

_ Tu es un grand garçon, tu ne peux que t’apprendre en toi.

_ je sais bien”.

Voyant mon petit mot sur le réfrigérateur coller avec un aimant.

Je lui dis:

“Hier soir j’ai mis fin à des doutes que j’avais.

_ C’est à dire

_ Joseph et Marlène sont ensemble”.

Je savais que lui avouer cela affecterait son regard et sa manière de voir ces personnes.

Je lui fais comprendre que cela me mettait mal à l'aise même si ça ne me concernait pas mais que mon véritable souci n’était pas là.

“Que t’arrive t’il”. me dit elle

_ J’ai le sentiment que la moindre occasion est bonne pour me mettre minable , j’ai encore la gueule de bois , je vais encore flâner toute la journée. je vais fuir une réalité quotidienne qui me pèse de plus en plus mais je ne suis pas sur la bonne route pour y échapper.

_ Je sais mon chéri tu aspire à beaucoup de choses différentes, tu es le seul à pouvoir prendre d’autres décisions que celles que tu t'infliges.

_ Je pense que je vais aller courir sur les sentiers de la montagne pour vider mon esprit”. Dis-je plus à moi même qu'à elle.

Elle me regarda avec des yeux brillant et fière.

“ça te fera le plus grand bien”.

J'acquiesçais . Courir, serait plus qu'un simple exercice physique. ça serait une manière de m'évader, de me vider la tête, de me retrouver. je voulais voir jusqu'où je pouvais aller, repousser mes limites. Peut-être que dans cette quête de soi, je trouverais les réponses que je cherchais.


cette journée fut ni productive , ni constructive pour mon état d’esprit. Je buvais de l’eau dans l’espoir de rincer mon foie et de filtrer mes reins plus sainement. Je m’appliquais la règle de fumer modérément pour retrouver un semblant d’oxygénation. Mon corps et mes pensées étaient embarqués sur un bateau flottant dans une houle.

J’avais du mal à faire surface car je pensais déjà à mon réveil matinal du jour à venir.

Les week-ends, je devais anticiper le retour au travail. Une angoisse sourde s'installait en moi, me rappelant sans cesse la réalité de mon quotidien. Je rêvais d'évasion, d'une vie loin de tout cela, mais je me sentais prisonnier de mes obligations. J'étais un oiseau en cage, incapable de prendre son envol.

Les premiers symptômes de cette angoisse sont parvenus quatre ans avant.

C'est pendant le confinement, alors que le monde entier était à l'arrêt, que j'ai pris conscience de l'absurdité de ma vie. Enfermé chez moi, loin du brouhaha quotidien, j'ai eu le temps de réfléchir à mes choix, à mes valeurs. J'ai observé les personnes qui m'entouraient, leurs réactions, leurs priorités, et j'ai réalisé que je ne me reconnaissais plus dans cette image. J'avais l'impression de vivre une vie qui n'était pas la mienne, une vie dictée par les autres, par la société.

“Suis-je en pleine crise de la quarantaine”.

Me répétai- je souvent

J’avais quarante quatre ans et c’était légitime de me poser la question.


Après cette journée amer, ce jour que je refusais était déjà là.

Le réveil sonnait comme une sentence. Je me levais d'un bond, le cœur lourd, l'esprit déjà accablé par la journée qui m'attendait. Les mêmes gestes, les mêmes odeurs, les mêmes bruits... Une mécanique bien huilée dans laquelle j'étais une simple pièce interchangeable.

Une nausée me montait à la gorge à l'idée de mettre les pieds dans cette station d'épuration.

Je ressentais une profonde lassitude, une apathie qui m'envahissait peu à peu.

Je me demandais souvent ce que je faisais de ma vie.

Malgré toutes ces contraintes à mon esprit, je me suis rendu au dépôt comme tous les jours que je devais assumer. Je rentrais dans ma dixième année.

J'observais les eaux usées s'écouler dans les canalisations, et je me demandais si tout cela avait un sens. Nettoyer, traiter, recycler... un éternel recommencement. J'avais l'impression de courir après mon ombre, de remplir un rôle sans jamais vraiment exister. Je me sentais comme un grain de sable dans un désert infini, insignifiant et perdu.

Au fil de la journée j’avais de plus en plus la sensation d'être un poisson hors de l'eau. je travaillais, entouré d'eaux usées, de boues et de produits chimiques. je passais mes journées à nettoyer, à traiter, à recycler. Un travail ingrat et répétitif qui m'étouffait. je me sentais comme ces eaux usées, sale, pollué, à la recherche d'une purification.


J’étais au volant du pick up me rendant sur un chantier , j'aperçu sur le bord de la route un jogger.

Et ce n’était pas n’importe qui mais un professionnel en la matière .Son nom et prénom commencent par la lettre “R” je l’avais surnommé (R²) le symbolisant comme un super héros.

Je l’ai salué , levant mon bras par la fenêtre il m’ a répondu sous la même forme.

Le simple fait de le croiser me rappela que dernièrement j’avais eu ce désir de me mettre à la course à pied. j’avais ce sentiment que cela m’aiderai à m’échapper de cette osmose pesante sur mon esprit et de me retrouver un peu plus moi-même.

J’ai fini ma journée tant bien que mal. je suis rentré précipitamment à mon domicile.

Mon épouse était à la maison en train de jardiner dans le potager. Je suis allé la saluer et je lui dis:

“Je vais courir.

_Si tu veux, mais tu ne veux pas te poser un peu avant.

_ Je préfère y aller de suite.

_ Alors vas-y”. elle conclut.

Je pense que j’aime ma femme, car elle ne m’impose rien et elle a toujours cette manière de se préoccuper de mon bien être avant le sien.

Je me suis dévêtue de mon bleu de travail qui était plutôt jaune fluorescent.

Pendant que je cherchais dans l’armoire un minimum d’artillerie pour aller courir. J'avais pris le soin de vite télécharger une application qui pouvait me suivre pour ma course.

J’ai pris un short de foot qui devait avoir une vingtaine d'années. J’ai échangé mes chaussures lourdes de sécurité contre la seule paire de baskets.

un léger sac à dos et une gourde d’un demi-litre.

J’étais prêt pour mes premières foulées.



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