La fissure
Cette nouvelle est une inspiration sur photo conformément à la requête de Johanne pour son jeu littéraire. L’image m’a inspiré une nouvelle sur la dualité d’une même personne. Sur la fissure qui parfois fait se déchirer un individu. C’est la société actuelle qui m’a fait décider de la chute.
G.Dax

La fissure
Le sentier du Pain de sucre serpentait à travers une étalière dense, typique de la rive sud du Saint-Laurent. Julien, plus habitué au béton de la ville, transpirait sous l’effort. L’air était bien entendu tellement différent du centre urbain de Montréal. Il était plus lourd, chargé d’une humidité végétale qui collait à la peau. Tout autour de lui, les érables à sucre et les tilleuls d’amérique formaient une voûte protectrice qui filtrait la lumière sur soleil et faisait scintiller les feuilles comme un lustre de cristal vert qui n’en finissait pas de s’étendre. Mais Julien n’en était pas à ces considérations. La randonnée ne faisait pas partie de ses loisirs de prédilections. Il fuyait.
Depuis des mois il gardait en lui le secret d’une fraude financière complexe ayant ruiné une dizaine de petites entreprises et les familles des employés. Ça le rongeait de l’intérieur, d’autant plus que certaines victimes de son méfait lui étaient connues. Pas forcément des amis, mais des gens qu’il lui arrivait de fréquenter en dehors de tout cadre professionnel. C’est après un apéro chez un de ces amis justement que l’air avait manqué. Il avait senti la crise d’angoisse prendre naissance derrière son plexus et s’installer pour un quotidien qui le rongeait un peu plus chaque jour. Il se sentait dédoublé : bon père de famille le jour, criminel pendant ses nuits sans sommeil. Cette dualité le rendait paranoïaque, et c’est dans un élan de désespoir qu’il avait choisi de s’enfuir dans l’écrin de verdure, loin des murs, des routes, de tout ce qui lui rappelait la ville, le business, sa malversation. Il espérerait que, dans ce lieu isolé, son effort physique étoufferait le bruit de sa conscience.
C’est alors qu’il le vit.
Au détour d’un virage où le sentier s’élargissait, deux blocs de granite se dressaient devant lui, comme des gardiens silencieux d’une légende oubl
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Comentario (2)
Line Marsan hace 20 días
J'a-do-re ! Ce mycélium me fascine. De même que la vision de formes humaines ou animales dans les rochers. Belle réussite 👏👏👏
Gabriel Dax hace 20 días
J'aime les mousses, les lichens, les mycéliums. Surtout les mycéliums. Merci, Line, heureux de t'avoir fait plaisir à me lire.
Jackie H hace 20 días
J'entends un écho dans ce texte 😉
Gabriel Dax hace 20 días
Attention, les échos amènent parfois des choses étranges dans leur sillage.