Correspondance pour Whitechapel
Correspondance pour Whitechapel
Correspondance pour Whitechapel
Une miette. Encore une. Une petite phrase en apparence toute simple de Catherine Obscur : deux amis arrivent à Londres et ratent leur correspondance pour Copenhague.
Tout est parti de là.
| Avertissement : la nouvelle qui va suivre comporte des scènes érotiques et des scènes horrifiques d'un crime sanglant. Elle est destinée à un public averti. En poursuivant votre lecture, vous savez donc où vous mettez les yeux, les pieds et le reste de votre âme. |

Correspondance pour Whitechapel
Le vol d’Air Canada s’était posé à l’heure sur le tarmac londonien d’Heathrow. À sept heures dix exactement. La saison y était pour quelque chose, puisque la neige hivernale n’était pas de la partie. La masse touristique non plus. Mary Ann et Frédérick choisissaient souvent cette période printanière pour échapper aux tarifs exorbitants et à la foule oppressante. Une astuce qui devenait pourtant compliquée à gérer, car le nombre de vols était restreint, mais celui de petits malins plus nombreux.
N’ayant pas réussi à dénicher la correspondance parfaite, les deux amis avaient opté pour une nuit à La City. L’occasion de goûter au charme anglais avant d’embarquer sur l’A320 de British Airways, à destination de Copenhague. La seule sombre au tableau était donc ce passage par la zone de sécurité. Un passage forcément obligé, forcément contraignant, forcément détestable pour sortir du circuit de transit. C’était là aussi un avantage de la saison que de voyager léger. Pas de grosses valises à récupérer. Pas de stress à espérer retrouver ses bagages sur les tapis roulants.
Mary Ann et Frédérick voyageaient donc léger. Deux inséparables amis qui privilégiaient la simplicité de l’existence, et ce, jusque dans leurs relations intimes. La joie de vivre, les plaisirs d’un quotidien sans entraves, jusque dans la chambre à coucher. Parfois, un ou une invitée se joignait à eux le temps d’une soirée ou d’une nuit. C’est d’ailleurs ce qui les attendait à Copenhague. Ils avaient déniché un petit appartement où le loyer serait acquitté par quelques parties de jambes en l’air avec le propriétaire. Un étudiant avec lequel ils avaient sympathisé sur Wyylde.
Ce fut Mary Ann qui remporta l’examen de la valise cabine. Elle était ravissante comme peut l’être une jeune femme de 25 ans, le sourire toujours en bandoulière sur son visage d’ange. Ses cheveux noirs nattés pour le voyage lui donnaient un côté Lara Croft. L’agent de sécurité avait très probablement plus envie de fouiller dans sa lingerie que de découvrir une marchandise non déclarée. Il lui rendit son sourire après avoir constaté sa préférence pour le rouge et noir orné de dentelle.
L’aéroport d’Heathrow était une petite ville grouillante qui n’intéressait pas le couple. Aussi, Frédérick repéra très vite la longue file des Black Cabs qui attendaient leurs proies, tel un cortège de corbeaux alignés sur le bitume. Le chauffeur qui s’occupa d’eux, tenue stricte, chargea les deux valises dans le coffre avant de leur ouvrir la portière. Il la referma avec la douceur du gars qui tient à son outil de travail. Puis, aussitôt assis derrière son volant, il lança le compteur qui se mit à tourner avant même que les premiers mots de Frédérick viennent rompre le silence.
— Au 81 Great Eastern Street, s’il vous plaît. Pour The Hoxton, Shoreditch.
– Entendu.
La voiture noire entama alors le début de leur voyage en terre étrangère, mais à la langue familière. La banlieue s’écoulait lentement au rythme du moteur. Les immeubles s’élevaient, les rues rétrécissaient tandis que le taxi s’enfonçait dans les entrailles londoniennes. Assoupi sur la banquette arrière, le jeune couple ne voyait pas la ville les avaler progressivement. C’est une fois devant le design industriel du Hoxton que leurs yeux s’ouvrirent. La façade en briques apparentes et verrières les invitait à pénétrer avec gourmandise dans le chic en habillage de cuir et de béton ciré. Le chauffeur les remercia, heureux du pourboire laissé par Mary Ann et s’en retourna dans l’anonymat routier, parmi ses semblables. Frédérick en était encore à goûter des yeux la décoration, humer le cuir des fauteuils et songer au petit sigle malt tardif au bar quand Mary Ann l’interpella. Elle s’était occupée des formalités et l’attendait en mimant avec exagération l’impatience. Frédérick la rejoignit et la porte de l’ascenseur gauche les coupa du reste du monde. Seul le reflet du miroir de la cabine leur renvoyait l’image de deux jeunes fatigués par une nuit de sommeil sporadique. Mary Ann était déjà sur son petit nuage d’excitation à découvrir les rues alentour et pour ce qu’elle avait précisément en tête pendant l’ascension.
— Hâte d’une bonne douche avant de sortir. Mais, pour gagner de temps et pour en perdre aussi, confia Mary Ann, on va la prendre ensemble. J’ai besoin de ta queue, ajouta-t-elle avec malice.
— Et tu la veux comment ? demanda Frédérick.
— J’ai besoin de me cambrer un peu, donc tu passeras par la porte principale, mais par-derrière.
— Ça me va, conclut Frédérick tandis que le tintement de l’ascenseur approuva en leur ouvrant l’accès au couloir.
La chambre était sobre, moderne, impersonnelle. Pour eux, cela n’avait aucune importance. C’était un endroit où se reposer, faire l’amour et dormir. Le reste se passait dehors. Toujours. Ils posèrent leurs valises sur le bureau, jamais à terre. Une habitude qu’ils avaient prise en lisant des reportages sur les punaises qui attendaient patiemment qu’on leur ouvre l’accès aux vêtements. Le sol en bois clair ne fit aucune différence. Le lit king size attendrait aussi. Mary Ann tira sur la manche de Frédérick et la douche italienne en carrelage sombre accueillit un couple qui jeta ses vêtements sur le lavabo. L’eau chaude arriva rapidement et se mit à ruisseler sur le corps de Mary Ann, déjà bien échauffé par l’envie qui sourdait par tous les pores de sa peau. Son intimité aussi était déjà prête à accueillir la verge de Frédérick, qui enflait sous les caresses d’une main délicate et ferme. Frédérick prit, malgré tout, le temps de vérifier la lubrification des lèvres de son amie. Puis, il agrippa les hanches qui ondulaient devant lui. Mary Ann respirait déjà bruyamment sous le jet de l’eau bienfaisante. Elle inclina la tête pour montrer son envie et enjoindre Frédérick à s’enfoncer dans son intimité. Il le fit. Avec délicatesse, le temps d’ouvrir un peu plus la voie. Ensuite plus fermement, parce que Mary Ann aimait sentir la douceur de l’indécision et la fermeté de l’acceptation. Elle se cambra davantage sous le premier coup contre ses reins et accusa les chocs suivants. D’une main, elle s’appuya contre la faïence, de l’autre, elle attrapa les fesses de Frédérick. Pour les sentir, pour plonger ses ongles dans la chair. Pour accompagner le mouvement. Elle donnait de son bassin tout autant qu’elle recevait les coups de son partenaire privilégié. Le chant aquatique de la douche couvrait à peine leur élan trop longtemps contenu de leur proximité durant le long vol d’Air Canada. Ils gémissaient tous les deux avec un plaisir sans pudeur. Mary Ann avait déjà accueilli un doigt de Frédérick, tandis qu’ils passaient au-dessus du Groenland. Elle aurait voulu prendre son sexe dans sa bouche aussi, mais leur voisin avait été du genre insomniaque. Les yeux rivés sur l’écran devant lui, ou dans son décolleté et son cul quand elle avait quitté le hublot pour les toilettes. La réminiscence de ces souvenirs l’excita encore plus qu’elle ne l’était déjà, si bien qu’elle jouit la première. Sans sommation. Frédérick en fut si étonné qu’il se relâcha instantanément et jouit par la même occasion. Sa semence chaude tapissa le vagin de Mary Ann tandis que leurs corps s’épousaient avec férocité, presque à fusionner l’un et l’autre. Frédérick finit par se poser c
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