

Épisode 8 : Seul
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Épisode 8 : Seul
POV Lili
― Tu es venu finalement, mec ! s’exclama Ethan en sortant de la piscine d’un bond.
Il se dirigea vers Logan, secouant sa tignasse ruisselante avec enthousiasme. Fier de son acte de fausse bravoure, il s’empara d’une serviette sur le transat voisin et l’enroula autour de ses hanches. Étonnement, Logan ne s’énerva pas. Pas un grognement ni même une insulte, juste un grand sourire avant de lui arracher le drap de bain pour s’essuyer et de le lui renvoyer en pleine tête.
Quelle surprise de découvrir cette facette espiègle et pétillante de Logan ! Elle était tout aussi séduisante que son côté connard arrogant et mystérieux, sinon plus.
Anny me donna un brusque coup de coude dans les côtes avant de me chuchoter à l’oreille avec un sérieux déconcertant :
― Ne fais pas ça…
― Faire quoi ? murmurai-je en quittant Logan des yeux pour les poser sur mon amie.
― Tomber amoureuse de mon crétin de cousin. Il va te briser le cœur… soupira-t-elle.
Je restai abasourdie au milieu de la piste de danse, ne sachant quoi lui répondre. Tomber sous le charme de Logan ne faisait absolument pas partie de mes plans. Mais c’était hors de mon contrôle et de toute évidence inévitable, si l’on se fiait au chaos émotionnel qui régnait dans ma poitrine.
―Aucun risque, déclarai-je finalement d’une voix mal assurée. Je le laisse bien volontiers à Morgan !
― Tu sais très bien qu’il en a rien à foutre de cette connasse, s’exclama Anny. C’est de l’histoire ancienne. Logan ne s’attache pas. Il consomme et jette les restes…
Le ton d’Anny était sans appel. La façon dont elle parlait de son cousin était d’une brutalité sauvage et il était plus qu’évident que ses paroles acerbes contenaient une certaine vérité. Cependant, j'étais persuadée qu’il y avait une réalité bien plus sombre derrière tout ça. Je ne pouvais croire que ce regard à la fois intense et empreint de tristesse dissimulait un monstre de suffisance. Logan était impassible, brillant et imbu de lui-même, sans conteste un serial baiseur, mais il portait en lui des cicatrices que seule une âme brisée pouvait percevoir et comprendre.
― J’adore cette chanson, s’écria soudainement Anny me tirant de mes pensées.
Comme une enfant surexcitée, elle saisit mes mains et se mit à bondir sur place, répandant son énergie contagieuse. Puis elle commença à danser, hurlant les paroles avec entrain à travers la foule. Quant à moi, je fermai les yeux et laissai mon corps se balancer sur le rythme entraînant de la mélodie.
Je savourai l’effet euphorisant que la musique avait sur moi. Les basses faisaient vibrer chaque fibre de mon être et me transportaient vers un autre monde. Une autre réalité. Pleinement consciente des personnes qui m’entouraient, tous mes sens à l’affût, mon esprit parfaitement serein. Parfaitement calme.
La peau de ma nuque dénudée se mit soudain à picoter. Je n’avais pas besoin de me retourner pour savoir que Logan en était responsable. Je pouvais sentir sa présence. Son regard sur moi. Comme lors de la soirée chez Ryan. Mais ce soir, je n’avais pas envie de jouer. Pas avec lui. Je luttais contre le désir de le rejoindre. De me blottir contre sa poitrine. De nicher mon visage dans son cou et de respirer son odeur.
― Je vais me chercher à boire, je meurs de soif. Tu veux quelque chose ? s’égosilla Anny par-dessus la voix Justin Timberlake.
Avec une grimace amusée, je lui fis non de la tête, tandis que mon amie s’éloignait en bousculant quelques mecs un peu éméchés. À peine avait-elle disparu que des bras musclés se refermèrent autour de ma taille. Un parfum enivrant d’agrumes et de brise marine m’enveloppa. Logan. Son souffle chaud chatouillait mon oreille alors qu’il me chuchotait combien il me trouvait éblouissante. Ses lèvres effleurèrent ma peau et je dus retenir un soupir de plaisir, refusant de dévoiler l’effet qu’il avait sur moi. Puis, comme par magie, il disparut aussi soudainement qu’il était apparu.
En rouvrant les paupières, je fus surprise de voir Anny à nouveau devant moi, un gobelet rouge à la main. Avais-je rêvé de ce qui venait de se produire ? Tandis que je doutais sérieusement de ma santé mentale, mon corps se réchauffa et, instinctivement, mes yeux cherchèrent Logan. Il discutait avec Ethan et Steve à quelques pas de nous, son regard sondant le mien comme s’il tentait de percer les secrets de mon âme. Un sourire fugace se dessina sur ses lèvres avant qu’il ne se tourne vers les autres.
― Tout va bien ? cria Anny en claquant des doigts devant mon visage.
― Oui, oui., soufflai-je encore distraite. Je commence à fatiguer, c’est tout…
― Tu veux rentrer ? Que dirais-tu d’un film et d’une glace pour finir la nuit en beauté ?
― Non, j’ai envie de danser ! m’exclamai-je.
Anny sautillait, débordante de joie. Elle prit ma main et m’entraîna dans une danse endiablée. Je me laissai submerger par la musique, qui emportait tout sur son passage, anéantissant mes doutes et mes craintes. Mes envies et mes peurs. Chaque note apportant à la fois réconfort et énergie. Le temps d’une soirée, j’oubliais Éric. J’oubliais Logan. Pour ne penser qu’à moi.
POV Logan
C’était plus fort que moi. Je n’avais pu me résoudre à laisser filer ma chance de l’approcher, de la toucher, de respirer son doux parfum. Dès qu’Anny avait disparu, j’avais profité de l’occasion pour me faufiler sur la piste de danse, prétendant aller aux toilettes.
Je n’avais rien prémédité, comme un coup du destin. Quand je l’ai vue se trémousser, libre et insouciante, tout mon être la réclama. Sans même réfléchir aux conséquences, n’écoutant que mon cœur, j’ai passé mes bras autour de sa taille, la serrant contre moi avec une force et une tendresse débordantes. En me penchant vers son oreille, une vague délicieuse de jasmin et de vanille m’a submergé, un parfum unique qui n’appartenait qu’à elle. J’étais comme un junkie en manque. Totalement envoûté, sous l’emprise de cette créature angélique. Et il m’était inconcevable de songer à fuir son appel irrésistible.
― Tu es éblouissante ce soir, Lili, soufflai-je.
Son corps se raidit, mais elle est restée dans mes bras, silencieuse et immobile. Si seulement elle daignait m’accorder un regard. Si elle pouvait voir au-delà du monstre que j’étais et m’accepter. Il était cocasse et douloureux de constater que moi, qui n’avais jamais eu à lutter pour séduire une fille, je me trouvais incapable d’attirer l’attention de la seule qui faisait battre mon cœur.
Je pris une profonde inspiration, m’enivrant une dernière fois de son odeur, lorsque je remarquai ma cousine se frayer difficilement un chemin vers Lili. À cet instant, j’aurais tant voulu avoir plus de temps avec elle. Je n’étais qu’un salaud égoïste. Ma conscience me priait de rester loin d’elle, mais cette pensée était insoutenable.
Avant de la quitter, je caressai de mes lèvres la peau délicate de sa nuque. Son contact m’électrisa. M’ébranla comme un violent coup dans la poitrine. Haletant, je m’éloignai finalement de Lili pour ne pas me faire repérer par ma cousine.
― C’était quoi ça, mec ? s’exclama Ryan le visage tordu par la colère.
Je n’avais pas eu le temps de rejoindre mon groupe que mon meilleur ami me tombait dessus. L’espace d’un instant, j’ai envisagé de faire l’innocent. De lui dire que j’étais juste aux toilettes et que je ne voyais pas trop ce qu’il me reprochait, mais au fond, je savais que c’était inutile. Je n’avais pas été discret en allant vers Lili. Dès que mes yeux s’étaient posés sur elle, j’avais oublié toute prudence.
― Je peux pas rester loin d’elle, lui avouai-je.
Je pensais réellement que jouer la carte de la sincérité m’aiderait, mais je me trompais cruellement.
― Putain, qu’est-ce que tu racontes ? Tu la connais à peine ! s’écria Steve.
― Ouais, mec, ajouta Ethan en secouant la tête visiblement déçu.
Le cœur lourd, je m’installai sur l’un des transats, ne pouvant supporter leurs regards empreints de jugement. Les larmes me montaient aux yeux, mais je les refoulai rageusement. Pourquoi ne pouvaient-ils pas comprendre ce que je ressentais ?
Ryan lâcha un soupir exaspéré et s’assit à côté de moi.
― Écoute, mec, commença-t-il d’une voix étrangement calme. Ce n’est pas contre toi…
Un rire sarcastique s’échappa de mes lèvres. Pas contre moi ? Il me prenait véritablement pour un con ! Cependant, Ryan persista, sans tenir compte de ma réaction.
― Lili a vécu beaucoup de merdes avant d’arriver ici… Et tu le saurais si tu passais un peu plus de temps avec nous. Si tu l’observais vraiment.
― Je…
― On s’en fout de ce que tu veux. On te parle de Lili, s’énerva Steve. D’une fille géniale qui n’a pas mérité qu’une tarée comme Morgan s’en prenne à elle simplement parce que tu ne penses qu’avec ta bite !
Un instant, Steve se tenait debout devant moi, déversant sa haine sur moi. La seconde d’après, il se trouvait au sol, la mâchoire en feu. Le sang sur les jointures comme unique preuve de ce qui s'était produit.
Tout le monde autour de nous semblait avoir cessé de bouger et de parler, pour nous observer, haletants. Personne ne se risquait à intervenir. C’était une première pour nous. Depuis qu’on se connaissait, on ne s’était encore jamais battus. Le ton était monté quelques fois, mais on n’en était jamais venu aux mains.
Malgré moi, mes yeux cherchèrent Lili et trouvèrent immédiatement les siens. Mon souffle s’étrangla dans ma gorge. Ils avaient raison, elle méritait mieux que moi. Plus que tout, elle ne méritait pas les foudres de Morgan.
Alors, je fis la chose la plus sensée et logique : fuir. Je m’éloignai avant de céder à cette colère aveugle. À cette frustration dévorante. Redoutant que cette situation surréaliste ne m’échappe totalement.
J’ai traversé la maison d’Ethan, heurtant au passage quelques mecs saouls et des nanas en manque d’amour, avant de me précipiter dans la rue, tentant vainement de chasser l’expression inquiète qui assombrissait le visage de ma belle. Clés en main, j’ai déverrouillé ma voiture et me suis installé au volant. Je suis resté un moment assis dans le noir, appréciant le silence presque assourdissant de la nuit. Puis, incapable de contenir plus longtemps ma rage, je frappai le tableau de bord et hurlai ma frustration à pleins poumons.
Toc toc…
En levant les yeux vers la fenêtre, je fus surpris de constater que quelqu’un m’avait suivi et m’observait dans l’ombre. Je me penchai pour ouvrir la porte et me retrouvai face à la dernière personne à laquelle je m’attendais : Lili.
― Je peux ? demanda-t-elle d’une voix douce.
― Si tu veux que je te ramène, ne compte pas trop dessus ! J’ai autre chose à faire ! crachai-je en me réinstallant confortablement dans mon siège.
Elle laissa échapper un éclat de rire, un son cristallin qui embrasa mon cœur, avant de prendre place dans l’habitacle.
― Je suis venue m’assurer que tu allais bien… souffla-t-elle timidement sans même me regarder.
― Et qu’est-ce qui te fait croire que je vais mal ?
― Le visage de Steve…
Je ne m’attendais pas à une telle réaction de sa part. Pour être honnête, je pensais plutôt qu’elle se vexerait et se mettrait en colère. Qu’elle s’éloignerait à cause de mon attitude de parfait connard.
― On ne se connaît pas bien, toi et moi, continua-t-elle. Mais mon instinct me dit que tu n’es pas du genre à t’énerver pour rien. Alors, frapper un de tes meilleurs amis…
Elle avait vu juste. Je détestai la violence. Depuis toujours. C’était d’ailleurs pour cette raison que mon père m’avait forcé à prendre des cours de boxe. Pour que je ne sois pas une « lopette » sans défense. Pour que je ne sois pas la honte de la famille. Il serait heureux d’apprendre que je ne m’étais pas laissé insulter sans riposter !
― Tu veux en parler ? me demanda-t-elle dans un soupir en pivotant enfin vers moi.
Sa compassion inespérée me donna le tournis et une sensation étrange s’éveilla dans ma poitrine. Une chaleur réconfortante que je n’avais jamais connue auparavant.
Face à mon mutisme, elle s’approcha lentement et caressa sur ma joue avec une délicatesse qui me fit trembler. Que cherchait-elle ? Pourquoi était-elle venue me voir ? Ses yeux dorés scintillaient sous la lumière de la lune et semblaient sonder les profondeurs sombres de mon âme. Hypnotisé, je restais figé, pétrifié par la crainte qu’elle ne s’évanouisse comme un rêve fou. Qu’elle ne prenne peur et se détourne de moi. De nous.
Je ne désirais qu’une chose : l’embrasser. Je m’imaginais glissant une main derrière sa nuque, tandis que l’autre s’enroulerait autour de sa taille pour l’attirer un peu plus contre moi. Goûter à la douceur de ses lèvres puis reprendre mon souffle, mon front contre le sien.
Puis, comme un écho, les mots de Steve retentirent dans mon esprit. Je n’avais pas le droit de laisser la folie de Morgan toucher cet ange. Je ne pouvais pas prendre le risque de la voir souffrir.
― J’ai rendez-vous avec Morgan, lançai-je d’un ton glacial. Alors, si tu pouvais descendre, ce serait sympa.
La douleur voila son regard enchanteur. Sa main retomba lourdement, chaque endroit où ses doigts m’avaient effleuré pulsait encore, comme marqué au fer rouge.
Sans un mot, Lili s’éloigna de moi, ne laissant derrière elle que les ténèbres et le froid. Elle sortit de ma voiture et disparut dans la nuit, se réfugiant probablement dans les bras de Ryan.
Après un long moment d’hésitation, j’ai finalement trouvé la force de mettre le contact et de quitter cet endroit. Je rentrai, seul et le cœur lourd, bien conscient que le sommeil m’échapperait encore une fois.
Texte de L.S.Martins (60 minutes chrono sans relecture).
Image par Christian GAFENESCH de Pixabay

