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20. Brésil, Juin 2022
Non-fiction
Voyage
calendar Publié le 10 oct. 2026
calendar Mis à jour le 10 oct. 2026
time 24 min
Label de transparence créative
15+
Image / Image humaine
Texte / Création humaine

20. Brésil, Juin 2022

Lorsque Pele a acté notre séparation définitive, j'ai quitté la maison et j'ai pris un appartement le temps de leur permettre, à elle et aux enfants, de terminer l'année scolaire dans les meilleures conditions. Je m'y sens à l'intérieur comme un lion en cage. Ne supportant ni l’enfermement ni mon isolement, je pars marcher des heures durant tous les soirs, voire toute la nuit le long du gave de Pau, en écoutant de la musique et en criant aux vents toute ma rage et mon désespoir. Je tente de lutter ainsi contre mon impuissance, celle de n’avoir jamais trouvé les clefs qui puissent lui apporter cette assurance dans notre couple afin qu'elle puisse se sentir sereine et comblée, malgré tout l'amour passionnel que nous nous portions.

Je lui parle, tous les soirs, de ce que je vois et de ce que je comprends, espérant que les voies télépathiques qui nous ont si puissamment reliés antérieurement puissent lui apporter la lumière que j’entrevois malgré tout mais qu'elle n'a pas su trouver dans notre relation. La distance m’apporte de plus en plus de compréhension et de discernement sur ce que nous avons traversé ensemble comme épreuves, mais je souffre cruellement du manque et de son absence.

J’écoute au cours de mes balades nocturnes beaucoup de musique, et les paroles de chaque chanson prennent une dimension nouvelle, résonnant de manière si claire avec notre situation et tout ce que nous avons vécu, comme si elles avaient toutes été écrites pour narrer notre histoire ; l'histoire de ce qui bouleverse finalement chaque homme et chaque femme ! Mais ça sonne tellement juste dans ces moments là ! Je me résigne tant bien que mal, en me disant qu’elle a pour le moment son propre chemin à suivre, pour elle et seulement par elle, et que je ne peux pas faire ce travail à sa place.


Bien-sûr, je ne peux en même temps que comprendre combien toutes ces peurs et ces blessures qui ont ré-émergées au cours de notre relation ont pu être éprouvantes pour elle à traverser. En quoi est-ce que j’en porte ma part de responsabilité ? En quoi les ai-je réveillées, ou entretenues ? Et quelles sont celles que je n’aurai pas su reconnaître et dépasser de mon côté ? Qu’est-ce qui, malgré tous mes efforts pour l'accompagner du mieux que je pouvais, ne m'appartenait malheureusement finaleemnt pas ? Ce qui m'appartenait, au delà des reproches incessants dont elle m'accablait, n'était-ce pas surtout cette confrontation à l'intolérance de voir celle que j'aimais souffrir, et mon impuissance à pouvoir la sauver de ses propres démons ?

J'en conclue qu'il n'y a pas plus révélateur à soi-même que le couple, qui opère comme un redoutable miroir de tout ce que l'on est, avec toutes nos parts d'ombre de lumière. Je ne crois pas qu'on choisisse l'autre par hasard : c'est comme si, derrière le coup de foudre apparent, nous choisissions de nous mettre en couple avec la personne qui allait précisément nous obliger à nous regarder intérieurement. Ou comme si la vie nous avait précisément mis cet alter ego sur notre chemin pour que nous puissions nous rencontrer le nôtre, nous offrant ainsi l'opportunité de rouvrir les pansements de nos blessures enfouies, telle une proposition offerte par la vie de pouvoir les soigner et progresser vers leur guérison. Et ainsi découvrir qui nous sommes intimement, le fameux qui suis-je, derrière cette carapace dans laquelle nous nous réfugions, derrière ce masque que nous portons.

Mais dans cette confrontation que nous offre la vie, nous gardons toujours notre libre choix : celui d'accepter ce challenge douloureux mais salvateur, en apprenant à poser un regard sincère avec une infinie douceur vers l'intérieur pour pouvoir regarder ses plaies ; ou bien celui de le refuser car le défi est trop grand, l'épreuve trop douloureuse, et de continuer alors à rechercher à l'extérieur les espérances de notre bonheur et les raisons de tous nos malheurs.


Nous avions à l'époque de notre rencontre un lien télépathique qui nous avait profondément marqués. Aujourd'hui, tout continue de me ramener à elle et à sa présence. Elle est là, hante mes pensées, m’apparaît au milieu de la nuit, au point de sentir physiquement sa main caresser mon visage. Dans un état de semi-éveil, je la vois et je la sens physiquement à mes côtés, telle une téléportation de sa présence, comme une véritable connexion malgré la distance effective. Quand je lui confie peu après cette expérience surprenante, elle me confirme avoir vécu la même chose à la même heure de la même nuit. Ce n’est pas seulement le fruit de mon imagination, non, honnêtement, je ne crois pas ! Il y a eu trop d'évènements troublants pour que je puisse rapporter cela uniquement à la production fantasmée de mon desespoir et de mon obsession. Autrement dit, c'est comme s'il persistait un lien métaphysique qui, malgré la séparation physique, ne cessait de nous relier.

Pele parlait alors souvent de synchronicités. Ces synchronicités me ramènent de plus en plus à la médecine traditionnelle chamanique que j'ai depuis délaissée. Tout juste séparés, je reçois une invitation à participer à une cérémonie du Daime. Je réponds positivement à cette proposition si opportune, qui m'aide à me reconnecter à la source lumineuse au delà de l'effondrement que je suis en train de traverser. Puis très vite l'appel à un nouveau voyage se manifeste de manière de plus en plus pressante, par de multiples signes, me suggérant de partir explorer cette pratique à ses origines, au Brésil.

Et une fois de plus, une fois la suggestion entendue et acceptée, tout concourt admirablement pour que cela s'organise. Je n'ai qu'à suivre ce vers quoi mon cœur résonne ! Par le biais d’une amie revue lors de cette cérémonie, j’entre rapidement en relation avec un jeune brésilien qui anime sur place une communauté spirituelle nommée Estrella Azul. Trois mois après la séparation, je prends mes dispositions auprès de mes collègues, boucle mes dossiers, valide l'épreuve écrite finale d'une formation entamée depuis deux ans, et m’envole de Paris directement pour Salvador de Bahia.


João est un jeune homme d’une trentaine d’années qui vit à proximité de la Valle Do Capao, un village reculé à l’intérieur de l'État de Bahia, dans le Nordeste du Brésil. Zone montagneuse et très boisée à l'atmosphère apaisante, c'est un lieu de ressourcement pour les salvadoriens qui cherchent à se mettre en retrait de la frénésie citadine. Il y habite avec sa famille une modeste maison au milieu de la forêt, où il vit sobrement dans une relation de proximité avec la Nature. Fortement imprégné de la culture indigène, il y prépare l'Ayahuasca qu’il sert au cours de cérémonies communautaires dans la tradition du Santo Daime. Celle-ci est autorisée au Brésil, reconnue comme un héritage culturel à protéger, et participant du droit des peuples à pratiquer leurs traditions. Je suis chaleureusement accueilli chez lui pour passer quinze jours, en immersion auprès de sa famille et de sa communauté.

Je viens ici en retraite. Retraite de ma vie, de mes tracas et de mes obligations. Retraite du monde et de son agitation. Retraite pour me recentrer sur moi, laisser vivre ce qui est en moi, et me reconnecter à ce qui fait sens pour moi. Mes journées sur place n'ont rien d'extra-ordinaire, et pourtant ! Elles me permettent de retrouver le goût des choses simples et si essentielles que j'ai perdu depuis la séparation, et même les mois la précédant.

Tous les matins, je pars me baigner aux aurores directement dans la rivière qui coule en contrebas, au beau milieu de la forêt amazonienne. Rendez-vous matinal puissant où je me plonge dans la fraicheur saisissante de cette eau pure, qui me tonifie le corps et m'aide à évacuer les préoccupations de mes nuits très perturbées. Je prends le temps de cuisiner, manger des fruits en abondance, et notamment de délicieux avocats frais. Je lis, beaucoup. J'écris. Je médite. Je joue de la guitare. J'écoute énormément de musique. Et surtout, je me repose, à n'importe quel moment de la journée, dès que j'en ressens le besoin. Car mes nuits sont toujours très courtes et agitées.

Je passe ainsi beaucoup de temps à me promener seul, aller à pied au village pour faire quelques courses, admirer les cascades incroyables et magnifiques qui parsèment les alentours, et bien-sûr m'y baigner. Quelle puissance purificatrice ces lieux ont sur moi ! Je prends le temps de vivre et de m’écouter, accueillir toutes les émotions, parfois douloureuses et difficiles, parfois plus apaisées et joyeuses, qui se présentent à moi. Je continue de me sentir indescriptiblement relié à Pele, mais j'essaie au delà du manque ressenti de discerner les enseignements de vie que je dois en tirer. Je perçois bien combien j'ai à apprendre dans cette aventure pour moi et pour mon propre chemin de vie ! Au delà de la souffrance apparente, la vie m'offre alors ses précieuses leçons, que je me dois humblement d'apprendre à écouter.


Je prends également le temps de m'ennuyer, et de laisser émerger en partant de là une émotion, une envie, une réflexion personnelle, un besoin, d'aller marcher, d’écrire, de jouer de la musique... Tel que cela se manifeste spontanément à moi, sans vouloir par avance organiser ou décider quoi que ce soit. J'apprends à suspendre, le temps de cette retraite, cette volonté de tout contrôler. Bref, je me laisser traverser par la vie, en m'ouvrant à tout ce qui s’anime autour de moi et qui ne demande qu'à être contemplé, le temps de l'instant : sentir le vent souffler dans les arbres et sur mon visage, me réchauffer sur un rocher à la douceur d’un rayon de soleil, apprécier l'animation calme de la forêt, écouter le clapotis de la rivière à travers les rochers, observer le passage d'un oiseau ou de petits macaques…

Et me laisser à nouveau m'émerveiller par toutes ces petites choses. Je suis notamment fasciné par le passage d'un colibri. Cet oiseau, d'une agilité et d'une vitesse déconcertantes, s'entend plus qu'il ne se voit, quand il passe l’espace d’un instant à mes côtés. Par la vibration de son battements d'ailes extrêmement rapide, tel un bourdonnement, je le devine s'approcher, parviens à l'admirer quelques secondes butiner le nectar des fleurs ouvertes du jardin, puis disparaître tout aussi fugacement. Je médite alors sur le caractère à la fois précieux et très éphémère de chaque instant, que je trouve il symbolise parfaitement.

J’échange beaucoup avec João, Magdalena et leurs amis, grâce à mon portuñol, une sorte d'espagnol teinté de portugais. Lui me parle brésilien, moi je lui réponds avec mon espagnol hybride, et nous nous comprenons très bien ainsi. Il m'explique leur manière de vivre, de percevoir le monde et la façon qu'ils ont de s’y relier, dans leur quotidien et à travers la Medicina. Eduqué, originaire de Brasilia, la capitale, il a décidé de venir habiter ici après ses études supérieures pour vivre en conformité avec ses convictions écologiques.

Nos conversations sont souvent centrées sur les valeurs de ce qu'il nous semble essentiel à défendre, de la solidarité entre les Hommes et de l’importance de vivre en harmonie avec la Nature, plutôt que de vouloir la dominer et l'asservir. Nous évoquons ensemble la juste voie du bonheur, qui se situerait bien plus dans l’être que dans l’avoir, dans l'action en conscience plutôt que dans l'action compulsive et automatique. C'est ainsi qu'il s'occupe d'un potager en permaculture afin de viser l'autosuffisance, et s'implique beaucoup dans ses activités communautaires autour d'Estrella Azul. Pour ma part, je lui donne un coup de main au quotidien, ce qui est prétexte à poursuivre nos échanges passionnants.


La Saint Jean est une très grande fête ici au Brésil. Dans certains Etats comme à Bahia, ce jour est même décrété férié ! Depuis mon arrivée à Capao, de multiples décorations ont été installées en ville en vue de cette grande festivité. Pour la communauté, c'est également l’occasion d’une très grande célébration.

Joao m'explique qu'on devrait accueillir environ quatre-vingts personnes sous le chapiteau d’Estrella Azul, venant de tout le pays. La cérémonie va se dérouler durant le jour et se prolonger dans la nuit, rythmée par quatre prises d’Ayahuasca pour dix heures de danse tous ensemble, en chantant l’ensemble de l’hinario de Mestre Irineu, le père fondateur du mouvement du Daime. Un sacré travail nous attend !

- Ça va être magnifique ! me dit-il. Je suis heureux que tu puisses partager cela avec nous.


La cérémonie est extrêmement puissante. Superbe et épuisante à la fois. Travailler avec l’Ayahuasca n'est pas qu'un simple travail de purge, bien au contraire ! On peut avoir besoin d'évacuer certaines choses, certes, mais ce n'est pas là l'essentiel de la démarche, en particulier dans le Santo Daime. Il s'agit d'abord d'une démarche collective, guidée par les chants et la Madre, la plante, pour faire l’expérience directe de la réalité ultime, immuable, universelle du monde, qu'on pourrait qualifier d'expérience du divin, débarrassé au préalable de tous les filtres déformants du mental.

Cela ne veut pas dire qu'on ne va pas continuer à travestir cette essence originelle de toute chose ! En fonction de la qualité du travail qu'on va faire, de déconstruction de nos propres illusions et interprétations mentales, on va parvenir à se rapprocher de la Source. On peut alors sentir sa présence, extrêmement intense et très inspirante, puissamment vivante, en nous et autour de nous ; on peut palper cette force énergétique et vibratoire qui constitue l'ensemble du monde qui nous entoure, qui l'anime et le met en mouvement à travers chacune de ses manifestations. À l'image du feu sacré, qui brûle à l'extérieur, dont on ressent pleinement la chaleur et la vivacité, mais dont les flammes restent insaisissables à tout jamais !

Au plus fort de la cérémonie, je reçois ce message, en boucle :


Ce qui Est, Est.

Ce qui Est, Est.

Ce qui Est, Est.


C'est tellement simple, et pourtant tellement juste ! Savoir me connecter à ce qui est, le plus intensément possible, le plus présentement et consciemment possible, c'est exactement ce que j'éprouve actuellement. Puis le message se détaille, la Madre me donnant quelques explications :


Ce qui Est, Est.

Ce qui Est est beau, simplement parce que ça a le mérite d' Exister.

l’Amour, c’est se relier à ce qui Est.

Un point c'est Tout !

Entends bien Tout avec un T majuscule.


Après plusieurs heures déjà de chants et de danses, épuisé, je quitte l'assemblée pour prendre un petit temps pour moi. Je pars m'allonger sur une natte au milieu de la forêt. Je réceptionne alors la suite du message :


Tout le reste n’est qu’illusion.

Tout le reste n’est qu’illusion.

Ce qui n’est pas, n’est pas.

Ce qui n’est plus, n’est pas.

Et ce que j’aimerais qui soit, n’est pas non plus

Puis vient se rajouter cette petite malice : (en tout cas, pas encore)


A partir de là, il n'y a plus qu'à célébrer le miracle en soi qu'est la Vie. En musique, en chantant, en dansant. En jouant. Et en aimant. Se connecter pleinement, avec tout ce qui compose l'Être et l'Existant. S'unir au présent avec ce qui Est. C'est là que réside justement toute la puissance, magique et divine, d'une cérémonie de Santo Daime ! C'est tout ce que nous expérimentons et célébrons ensemble, dans cet espace multidimensionnel débarrassé des limites de notre mental, que nous offre si généreusement la Madre.



Les lendemains sont toujours des moments d'intégration, décuplés par cet état de conscience qui reste élargi et libéré temporairement de ses conditionnements. Je continue de me sentir relié à cette intelligence supérieure qui m'inspire des réflexions d'une grande profondeur, prenant parfois la forme de révélations, m'aidant à percevoir la portée des messages reçus. Je médite notamment, durant les jours qui suivent, sur ce qui n'est pas.

Je comprends que nous passons la plupart de notre temps à nous raconter des histoires. Des histoires pour occuper notre esprit et divertir le temps, afin de nous créer de nouvelles réalités dans lesquelles nous évoluons et auxquelles nous nous attachons. Au point de ne plus savoir vraiment distinguer ce qui est de l'ordre de la réalité, de ce qui n'est qu'une construction mentale !

Cette idée me rappelle l'une des idées principales de Sapiens, cette fresque historique exceptionnelle de Yuval Noah Harari, qui nous aide à mieux comprendre nos sociétés actuelles en les mettant en perspective avec les grandes révolutions de l'Histoire de l'humanité. Ce serait là le propre de l'Homme et l'une de ses activités favorites que de se raconter des histoires, élaborer des tas de mythes et de théories pour tenter de structurer le monde qui l'entoure et lui donner un sens ! Les êtres humains se construisent ainsi ce qu'il appelle des réalités intersubjectives telles que les états, la monnaie ou les religions, qui parviennent à influencer radicalement notre perception et notre relation au monde, par le fait qu'elles nous fédèrent et que nous adhérons collectivement à ces idées.

Mais toutes ces histoires ne sont que des illusions, elles n'ont pas d'existence en soi ! Elles n'existent que parce que nous les pensons collectivement. Nous nous racontons ainsi ce monde en même temps que nous l'inventons de toute pièce. Ce sont des construits de la psyché humaine, que nous élaborons pour tenter d'accéder à la connaissance, puis que nous érigeons en vérités et en évidences, afin d'améliorer notre emprise sur le monde. Telle est la grande vanité de l'Homme ! Je ne peux m'empêcher de penser au fameux fruit interdit, la fameuse pomme issue de l'Arbre de la connaissance, que convoitent Adam et Eve, les parents de l'Humanité, dans le jardin d'Eden.


Toute la question alors est de savoir dans quelles mesures ces élaborations mentales nous détournent de la réalité de ce qui est. Dans quelles mesures nous développons un attachement à leur égard, et comment elles forgent nos certitudes, centrées sur ce que nous aimerions qui soit plutôt que sur ce qui est. Comment ces évidences et ces convictions filtrent nos perceptions, nous ferment à une façon plus directe d’appréhender le monde. Et comment elles génèrent alors rivalités et jeux de pouvoir entre les Hommes, chacun cherchant à faire triompher sa propre vérité, menant ainsi à la plupart des conflits. Avec cette constatation stupéfiante et sidérante à la fois : l'être humain est ainsi fait qu'il est capable de tuer ou de donner sa vie pour une histoire à laquelle il tient plus que tout ! Pour une nation, pour de l'argent, pour une croyance ou une conviction... Cela me donne le tournis en réalisant cet état de fait.

Et je réalise alors que la première des histoires que nous inventons, c'est ce récit sur nous-mêmes que nous nous racontons. Celui qui donne naissance à cette représentation factice de notre personne qu'est l’Ego. CQFD. L'illusion fondamentale, c'est l'ego ! Ce que les bouddhistes ou les hindous ne cessent de proclamer depuis plusieurs milliers d'années.

Le travail avec L'Ayahuasca, grâce à ses propriétés, ne serait-il pas finalement de nous amener à retirer chacune de ces couches d'illusion, à l'image des pelures d’un oignon qu’on épluche les unes après les autres, comme le disent les bouddhistes ? J'en conclue qu'il nous permet en tout cas d'entrevoir qu’elles ne sont qu’une création de notre mental, de pouvoir ainsi les relativiser, et qu’une fois ces illusions remisées à leur juste place, nous pouvons alors nous connecter authentiquement à cette réalité du présent et de ce qui Est.


Ce qui Est, Est.

Ce qui n’est pas, n’est pas.

Ce qui n’est plus, n’est pas.

Ce que j’aimerais qui soit, n’est pas (encore)


C'est beau parce que c’Est.

Et j'Aime, parce que ça a le mérite d’Exister.

Un point, c'est Tout !


*****



Nota Bene : Ce texte n'a pas pour ambition de faire l'apologie de l'usage des psychédéliques, dont la consommation, strictement réglementée en Amérique du Sud dans le cadre du droit et de la protection des pratiques traditionnelles et spirituelles, est cependant formellement interdite en France et en Europe actuellement, sauf dans le cadre de recherches scientifiques strictement encadrées actuellement.

Il vise seulement à ouvrir une réflexion sur ces pratiques culturelles et leur usage, par le partage d'une expérience et de rencontres faites sur place, dans une perspective interculturelle.

Propriété intellectuelle et crédits
© Texte principal Charlie
Sources, citations, co-auteurs CHAMBON O., MORISSON J. L'éveil psychédélique : Comprendre les états élargis de la conscience ed. Leduc, 2021 CLIFFORD T. La médecine tibétaine bouddhique et sa psychiatrie, ed. Dervy, 1998 LAO-TSEU Tao Te King, ed Synchronique, 2012 FROMM E. L'art d'Aimer, ed. Pocket, 2016 HARARI Y. N. Sapiens : Une brève histoire de l'humanité, ed Albin Michel, 2015 MIDAL F. Foutez vous la paix ! Et commencez à vivre, ed. Flammarion, 2017 MIDAL F. Les 5 portes : trouve le chemin de ta spiritualité, ed. Flammarion, 2017 RUIZ D.M. Les quatre accords toltèques, ed. Jouvence, 2022
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La clause du chat
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IA ? c'est quoi IA ?
Ici, c'est que de l'IP : de l'Intelligence Personnelle.

Humaniste convaincu, quelles que soient les potentialités de l'IA, je crois qu'il est important de ne pas se laisser déposséder de ce que nous avons de plus précieux : notre conscience du monde, de nous mêmes, et notre capacité à penser par nous mêmes.

Tout ce que j'écris défends donc ce combat : explorer les potentialités de notre propre conscience.
Alors respectez- vous, respectez moi ! tout ce qui est écrit ici doit, en cas de reprise, respecter les droits d'auteur et me citer comme tel.

Après...n'hésitez pas à partager !
Car ce qu'il y a de bien avec l'intelligence humaine, c'est que plus elle est partagée, plus elle aide à se faire grandir mutuellement !

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