Un vieux Zenit
Un vieux Zenit
Voici le texte d’un photographe qui a grandi au sein d’une famille passionnée par les formes et les chiffres.
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la neige tombe dans la rétine comme du verre pilé
dans l'ouverture d'un vieux Zenit
métamorphosant la géométrie des rues en pur délire.
nous nous rejoignons à l'angle où le temps
cette quatrième dimension si gauche se contracte.
pulsation.
artère radiale.
ton visage est un portrait quatre par trois où
sous les traits frais transparaissent des cités effacées
des observatoires en ruines
des ordonnances délavées contre l'insomnie.
nous sommes deux droites qu'Euclide condamna à l'éternelle solitude
autorisées à peine à cet impact
dans ce point du monde saturé de fumée.
la perte n'est pas une absence.
c'est une hypertrophie de la mémoire.
l'excès de vide dans la cage thoracique presse le diaphragme
interdit le souffle.
on ne perd pas les êtres
on égare les coordonnées du 'moi '.
tout gît au sol : boue, sel, fange.
mais dans cette entropie
dans la brûlure chimique de la rupture
quelque chose cristallise.
l'espoir est un mot usé jusqu'à la trame matelas d'asile de nuit.
mais pour moi : le discriminant.
l'équation résolue.
un photon s'évadant du trou noir au mépris de la gravité.
les possibles neufs fleurent l'ozone et l'éthanol.
pas de triomphe.
juste l'adrénaline droit au cœur.
le monde ne finit pas.
il change de focale.
regarde : là où la plaie béait un mince sillage d'aube cicatrise.
les chiffres s'accordent.
la lumière frappe sous le bon angle.
nous sommes vivants.
— dato
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Jackie H il y a 21 heures
Superbe... et quel changement de regard !
"la perte n'est pas une absence,
c'est une hypertrophie de la mémoire"...