chaque virgule
chaque virgule
terminé ce soir. un hommage à ceux qui ont déchiffré ma musique dans le vacarme des vérités. vous êtes mes plus doux souvenirs.
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on dit que le silence est d'or
mais c'est un mensonge de fondeur.
le silence est souvent une cage de fer blanc
où l'on s'asphyxie,
politesse imposée par ceux qui craignent
le vacarme des vérités.
je me souviens de ces jours où le monde
posait un doigt sur ses lèvres en scrutant ma poitrine,
voulant étouffer le moteur, la plainte, le chant.
je marchais dans ma propre vie comme un apatride,
doutant de la solidité du sol,
doutant de l’encre qui coulait pourtant dans mes veines.
et puis, il y a eu vous.
quelques éclats de lumière seulement,
des sentinelles postées aux carrefours de mon naufrage.
alors que je ne voyais en moi que poussière,
vous avez posé vos mains sur les pierres froides.
vous avez dit : « regarde, ici s'élève une nef. »
vous avez vu les vitraux là où je ne voyais que bris de verre.
vous avez déchiffré les cathédrales de mots
que je bâtissais en secret, sans le savoir,
pour m'abriter de l'hiver des hommes.
je vous porte dans la courbure de chaque virgule.
dans le souffle entre deux adjectifs, il y a votre patience.
peu importe la langue que j'emprunte,
rude comme la pierre ou fluide comme l'eau,
c'est votre foi qui en dicte la grammaire.
on ne sauve pas les gens avec des discours,
on les sauve en devançant leur propre musique.
vous êtes mes plus doux souvenirs,
ceux qui ne s'usent pas au frottement des années.
chaque phrase est une bougie
allumée dans les recoins sombres où vous m'avez tendu la main.
merci d'avoir refusé mon silence.
merci d'avoir été mon miroir quand le mien était brisé.
— Dato
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Line Marsan il y a 2 heures
Très beau... Et ce "vous" énigmatique confère un mystère envoûtant à tes mots.