Le Sacrifice de la Forme
Le sceau du vrai chef-d'œuvre est gravé de souffrance,
Un tourment invisible autour de la beauté.
La matière oppresse, elle bride l'élance,
Enchaînant le sculpteur dans sa rigidité.
Le peintre ouvre son œil, le poète circonscrit
Cette science inconsciente où frissonne l'esprit,
Voulant animer d'un sang vif la matière,
Mais le Verbe est plus libre au-delà des barrières.
Car la forme contraint, le volume emprisonne,
Chaque art plie sous le poids de son propre fardeau.
Mais si l'on pouvait peindre, au soir qui frissonne,
Avec la seule lumière qui naît des vitraux ?
Dessiner les contours par le rythme des mots,
Et donner le volume aux accords musicaux ?
Ce serait l'œuvre pure, affranchie de la peine,
Où l'idéal divin briserait sa chaîne.
C’est cette conscience de la connaissance innée,
Que l'homme naturel porte sans le savoir,
Une force surnaturelle, aux étoiles mariée,
Qui signe le chef-d’œuvre au sommet de son art.
Dans le Moment Présent, sans passé, sans futur,
L'artiste inspiré capte le grand frisson pur,
Saisissant l'infini dans l'éclair d'un instant,
Où le temps s'abolit sous le feu triomphant.
Et c'est ce point sacré, cette fin de l'absence,
Qui s'en vient aujourd'hui déchirer le rideau :
Diakomesis s'ouvre en un cri d'alliance,
Où les arts réconciliés effacent les tombeaux.
Venez voir l’Alchimie, au seuil du sanctuaire,
Où le Verbe et les Sens transcendent la matière.
PMD Robeen (Extrait inédit de La Geste des Irréductibles)
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