Éloge de ta toison d'or
Cette publication comporte des scènes ou des évocations à caractère érotique. Sa lecture est réservée à un public majeur et averti.
Blason anatomique moderne mêlant éloge, grivoiserie et satire sociale (octosyllabes à rimes suivies).
Malgré le risque de blesser,
Ma plume est prompte à se dresser,
Dans sa croyance périlleuse,
Contre cette époque ennuyeuse
Qui veut tout uniformiser,
Qui s’ingénie à tout lisser.
Dame, épouse, amante ou bourgeoise,
Entendez mon humeur grivoise,
Qui s’en va faire le blason
De votre honorable toison.
Sachez qu’il n’est rien de superbe
À contempler un sexe imberbe !
Mesdames, je m’avise ici
De vous partager mon souci :
Que vous soyez ou non lesbienne,
Gardez votre forêt pubienne !
C’est un magnétisme infini
Qu’un duvet dense et bien fourni,
Fier et rebelle à sa manière.
Ne rasez pas votre crinière !
Mon sexe, probe et triomphant,
Croyant souiller un corps d’enfant,
Prend peur, s’échappe et se rebute
Avant que l’acte ne débute.
J’ai besoin, en fin connaisseur,
De cette armure de douceur
Qui, pareille à des gardes suisses*,
Défend l’accès entre tes cuisses,
Cet espace de liberté
Loin du temps de la puberté.
Je voue un véritable culte
À ton beau triangle d’adulte,
Ce temple sacré de ton corps,
Labyrinthe aux mille décors,
Dont les courbures sensuelles
Sont des caresses visuelles.
Pourquoi cacher, pour mon malheur,
Ce doux berceau de ta chaleur ?
Et laisse mes mains vagabondes
Entortiller tes boucles blondes !
Quel noble sujet digne d’art
Que ton buisson comme étendard !
Cette pelisse où je m’appuie,
Tapis de mousse après la pluie,
C’est le prélude à mon plaisir,
Le premier âge du désir…
Je t’en supplie, ô ma chérie,
Mon bel amour, mon égérie !
Épargne l’or de ton pénil,
comme une richesse en péril !
Vous, femme jeune ou plus mature,
Laissez prospérer la nature !
C’est un geste presque bénin,
Mais profondément féminin,
Qui préserve votre mystère.
Voyez comme un vrai caractère
Vos poils augustes s’emmêler,
Et sous ce rideau révéler
La fine fente pudibonde,
Toute l’origine du monde !
_ _ _
* J’ai écrit cette expression, « gardes suisses », en pensant aux plus fameux d’entre eux, qui protègent encore un endroit des plus sacrés et symboliques...
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