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Vivante
Épisode 4 : Là où ça pique
Non-fiction
Éducation et formation
calendar Publié le 11 mars 2026
calendar Mis à jour le 24 mars 2026
time 3 min
Harold Cath verified
Harold Cath il y a 20 jours

Beaucoup de chemin à parcourir encore. Pourtant, dans mon pays, la Belgique, nous sommes (étions) bien en avance pour la gestion de la prise en charge, de l'aide, de l'accompagnement du handicap. J'ai travaillé dans le secteur de l'accueil de personnes atteintes de handicap mental, de léger à profond, travail que j'ai quitté il y a déjà 15 ans, à l'époque, nous avions déjà de nombreux parents Français qui avaient décidé de confier leurs enfants chez nous parce que l'accueil et surtout la prise en charge du gouvernement français n'était nulle part. Quinze ans plus tard, je constate que nous régressons à tous les niveaux, l'argent, l'argent et encore l'argent. Les aides s'amenuisent et le personnel ne parvient plus à offrir un accompagnement de qualité. Il est nécessaire de remotiver, se remobiliser au plus vite.

Label de transparence créative
Image / Image humaine
Texte / Création humaine

Épisode 4 : Là où ça pique



Photographie de Hans, sur Pixabay, éditée en NB avec Snapseed.


Devenue hémiplégique en juin, j’ai voulu retourner à ma scolarité dès septembre et ce fut un échec total. Les escaliers m’étaient un Everest, les changements de salle des avis de tempête. Non attendue, non accueillie, j’ai lâché la corde. Pas grave ? Non, bien sûr, priorité kiné. Pourtant, l’année suivante, de retour en Quatrième, je ne connaîtrai plus personne dans ma classe. Et la plupart de mes anciens copains et copines m’aura déjà oubliée.


Isolée, mal dans ma peau, je traînais sans entrain mon corps atypique. L’estoc des moqueries me piquait droit au cœur. L’Histoire et le Français m’enthousiasmaient. Je délaissais mon corps pour l’intellect. Le sport arriverait dans ma vie beaucoup plus tard.


Moqueries de certains élèves aussi, bien sûr. Découverte des gradations de l’empathie humaine. Ainsi ce Beau Gosse de ma classe, adulé de toutes et tous, dont les mots et le regard ont toujours été doux et… normaux. Son naturel et son humanité ont adouci mes jours.


En décembre 1987, viennent l’opération neurologique, très risquée, et le crâne rasé. Retour au collège en perruque. Une enseignante — personne ne l’avait-il donc mise au courant ? —, alors que je bavardais un peu trop dans le couloir, n'a trouvé rien de mieux que de me tirer les cheveux. Donc ma perruque. Soudain de guingois, ridicule et risible. Travesti dévoilé. Et cet autre professeur, quand je suis revenue en cours enfin débarrassée de ces faux cheveux mais avec une coupe ultra-courte, de s’écrier : « P., vous y êtes allée fort ! » Rires des élèves.


Aujourd’hui l’école inclusive est en marche, imparfaite certes, mais nous revenons de loin. Des enseignants rament avec l’inclusion. Avec des classes lourdes, des programmes lourds, de nombreux élèves en difficulté, l’adaptation des consignes, des exercices et de la transmission est une charge mentale supplémentaire. Bien souvent ils ne se sentent « pas à la hauteur » face aux élèves en situation de handicap. Je rends ici hommage à leurs efforts incessants, aux réunions multiples, à leurs remises en cause. L’école inclusive, ce sont des traumatismes en moins.


Enseignante à mon tour, à chaque rentrée scolaire, j’expliquais brièvement mon handicap à mes élèves. Et leur promettais qu’ils finiraient par « l’oublier ». L'habituation du regard est aussi l'une des clés de l'inclusion. De jour en jour, cela s’accomplissait : je devenais « leur prof d’Histoire » et pas « leur prof d’Histoire handicapée ». Je le voyais dans leurs yeux. Ou je pensais le voir : c’était déjà beaucoup.





Notice de transparence : Ce texte a été rédigé sans IA. Le logiciel Antidote a été utilisé pour la correction orthographique. L'autrice et l'unique propriétaire de ce texte est Line Marsan. Tous droits réservés.


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© Image de Couverture Sans titre/Hans sur Pixabay
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La clause du chat
Line Marsan verified
Ô toi, chaton numérique féru d'égalité ! Si tu veux contribuer à la visibilisation des personnes handicapées et à la promotion de l'école inclusive, vas-y, sers-toi. Mais n'oublie pas de citer Line Marsan, autrice et seule propriétaire de ce texte... et de me ramener du monde !

Commentaires (2)

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Harold Cath verif

Harold Cath il y a 20 jours

Beaucoup de chemin à parcourir encore. Pourtant, dans mon pays, la Belgique, nous sommes (étions) bien en avance pour la gestion de la prise en charge, de l'aide, de l'accompagnement du handicap. J'ai travaillé dans le secteur de l'accueil de personnes atteintes de handicap mental, de léger à profond, travail que j'ai quitté il y a déjà 15 ans, à l'époque, nous avions déjà de nombreux parents Français qui avaient décidé de confier leurs enfants chez nous parce que l'accueil et surtout la prise en charge du gouvernement français n'était nulle part. Quinze ans plus tard, je constate que nous régressons à tous les niveaux, l'argent, l'argent et encore l'argent. Les aides s'amenuisent et le personnel ne parvient plus à offrir un accompagnement de qualité. Il est nécessaire de remotiver, se remobiliser au plus vite.

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Line Marsan verif

Line Marsan il y a 20 jours

Merci de ce témoignage Harold. Pour ma part, j'ai un cousin qui a un retard mental et je suis effarée de sa prise en charge ( et très très en colère). À un moment, il va forcément apparaître dans "Vivante" car sa situation a beaucoup impacté mon regard sur le handicap.

Mathilde verif

Mathilde Rosati il y a 21 jours

Bravo c’est très touchant. En effet… il y avait du chemin à faire niveau école… il y en a encore 🙌

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Line Marsan verif

Line Marsan il y a 21 jours

Oui, la route est longue. La France est en retard en la matière, notamment par rapport à l'Italie qui a créé une loi sur l'école inclusive dès le milieu des années 1970.

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