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2-C'est ceux qui en parlent le plus...

2-C'est ceux qui en parlent le plus...

Publié le 15 déc. 2020 Mis à jour le 15 déc. 2020
time 3 min

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2-C'est ceux qui en parlent le plus...

Les choses se précisent avec mon futur amant. En tout cas, les pré-préliminaires ont débuté, moi ayant lancé l'offensive allusive verbale et visuelle depuis bientôt 4 mois, lui y répondant de façon claire et consciente depuis maintenant 2 mois.

Ça chauffe dur, à grand renfort d’œillades, de sous-entendus, de demi-mots, de blagues sexuées où les gros seins de filles blondes rencontrent des bites plus ou moins dures, de parfums enivrants, de jupes courtes et de talons étourdissants, d'épaules frôlées et de chemisiers en transparences.

Un dénouement pourrait voir le jour prochainement, du moins un rapprochement plus explicite, comme un baiser ou un contact charnel concret, qui ferait basculer la situation du fantasme au possible en un clin d'oeil.

Et là, j'ai les choquottes. Je flippe grave.
Presque, j'ai plus envie : "C'est bien comme ça, on change rien". Pas de mise en danger, on reste dans la zone de confort, on demande au pilote d'éviter les turbulences, qui ne risque rien n'a rien. Oui mais je suis déjà allée trop loin. Le mec ça se trouve, il est excité maintenant, il a envie, il est décidé : "Tu m'as cherché, tu m'as trouvé". Alors plus moyen de faire machine arrière au risque de passer pour une allumeuse.

Dans mes rêves érotiques, il me semblait que j'étais prête, que j'avais envie. Mais j'ai peur du refus. Imagine il me dit faut que j'te parle. Et là il m'annonce avec son regard ténébreux qu'il a bien réfléchit et qu' il fera... rien. A cause de la situation, du boulot, de sa femme.... qu'il en aurait envie, hein, c'est pas la question, je suis bien gaulée, bandante même, mais non, on fera rien.

Là, le voilà, le râteau monumental. Ça ferait trois.

Faut avouer que je me la raconte, j'en met plein des mirettes avec mes jupes et ma poitrine exubérante. Mais comme dit le dicton, c'est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins. Ça fait 13 ans que je n'ai pas embrassé un autre gars que Guillaume, 13 ans d'exclusivité sexuelle qui me font presque croire que le sexe n'est possible qu'avec lui. C'est aussi pour cela que nous avons convenu d'un commun accord que nous serions un couple libre, pour ne pas se flétrir dans une relation unique et en fin de compte irréaliste et immorale. Depuis quand le corps de quelqu'un nous appartient ? Comment peut-on jurer que plus aucune image d'homme viril, de femme alanguie ne viendra troubler nos ébats conjugaux ? Comment pourrait-on empêcher l'autre de rêver d'un autre corps, de frémir sous d'autres mains, de désirer jouir d'un autre sexe ? C'est bien le concept de tiers qui rend vivant et vibrant le couple, qu'il soit réel ou fantasmé.

Donc on s'est rendu notre liberté sexuelle. Bien. Guillaume en a déjà profité, et nos ébats s'en sont trouvé plus que nourris. J'ai pour ma part eu quelques occasions, et j'ai dragué ouvertement deux fois en fait (dont un hétéro), suivi de près par deux échecs (dont un homo). Depuis le spectre du râteau flotte au dessus de moi comme la sanction irréversible de mon âge, de mes rondeurs, de mon manque d'assurance et de cran à sauter le pas.

Bon imaginons le contraire. Il me dit ok, c'est bon, je suis chaud, on y va. Argg !! Excitation ! Victoire ! Mais simultanément je redoute la confrontation des mois de fantasmes, des centaines de rêves érotiques lors desquels ma jouissance éclatait sous ses mains et son sexe imaginaires, avec la réalité, plus crue, inconnue et non maitrisée. Peur de passer à l'action, d'être dénudée, jugée, bousculée, désorientée. Peur que ça change les choses, nos rapports, notre relation, nos échanges, que je sois gênée ou trop collante, ou froide et distante.

Je comprends que je suis tenaillée par la peur, sentiment de mon enfance qui ressurgit de façon inappropriée. Pour reprendre le contrôle, je me dis que je suis adulte, en mesure d'assumer mon désir sexuel de femme. Je suis soutenue par mon mari qui m'aime et m'encourage. Je suis en sécurité avec ce mec qui n'a aucun intérêt à me mettre en difficulté, en danger, en porte à faux, car il a aussi besoin de ma discrétion, de ma confiance.

Ces sentiments de peur créent une confusion mentale chez moi qui me ferait croire que j'ai des sentiments pour ce mec, que son affection compte pour moi. Je crois que c'est davantage son respect et son estime qui me sont chères.

Un fantasme assouvi est un rêve déchu.

Elisabeth Carli

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