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Mes BADASS afro féministes dans la pop-culture

Mes BADASS afro féministes dans la pop-culture

Publié le 10 juin 2021 Mis à jour le 16 juil. 2021
time 5 min

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Mes BADASS afro féministes dans la pop-culture

 

"Tu ne peux être ce que tu ne peux pas voir"(Marian Wright Edelman), cette citation est le reflet du manque de représentation de la femme noire dans le paysage médiatique français. La construction de soi se fait par ce que l'on vit, les gens qu'on côtoie mais aussi par ce que l'on voit, surtout quand on est adolescent.e. Au début des années 2000 et tout au long de la première décennie, la femme noire française, n'était pas représentée ou l'était de manière caricaturale. Aucune série ou film avec un personnage de femme noire forte, indépendante et courageuse. Il n'y avait que des femmes noires, femmes de ménage, caissières maîtrisant à peine la langue française. Quand ce n'était pas le cas, leur rôle était celui d'un faire-valoir à un homme ou à une autre femme, souvent caucasienne. J'ai donc dû trouver mes modèles outre-atlantique, notamment avec les séries américaines. Contrairement aux séries françaises, ces séries nous montrent des femmes noires indépendantes, intelligentes, surdouées dans leurs métiers et n'ayant pas besoin du secours d'un homme. Quelles sont ces séries ?

 

Scandal ou quand la réalité devient fiction #1

La première est SCANDAL, série réalisée et créée par Shonda Rhimes (Grey's Anatomy) . Cette sortie en 2013 en France, se distingue par l'absence de rôles caricaturaux envers les personnes racisées et surtout envers la femme noire. Voici un petit topo : Olivia Pope est une femme afro-américaine, éduquée, forte et indépendante. À la tête d'une équipe d'avocats et d'enquêteurs, elle aide les personnes publiques et politiques, à éviter les scandales en tout genre.

Dès le premier épisode se mêlent sexe, crimes, drame et action politique. L'atmosphère est posée. On ne connaît pas le passé d'Olivia, interprétée par Kerry Washington, mais on sait qu'elle est importante. Des éléments tels que sa démarche, sa diction et son style sont les caractéristiques d'une certaine respectabilité des femmes noires, évoluant dans des milieux blancs. Olivia n'est pas un personnage chaleureux, elle n'a pas vraiment d'amis et boit exclusivement du vin rouge.

Olivia Pope est une version noire de Walter White (Breaking Bad), elle est "aussi abîmée et mauvaise ou bonne ou intelligente ou intéressante..."(Shonda Rhymes). Dans cette série, l'identité raciale est à la fois un non-sujet et constamment mise en avant, voire remise en question. Notamment par le père d'Olivia, son amant, son entourage, mais aussi par elle-même. Ce qui apparaît, comme une fiction, est en fait une réalité pour beaucoup de femmes noires. Cette série met en scène, une femme noire, indépendante, loin des traditionnels clichés américains et français, auxquels on pourrait s'attendre.

How to Get Away With Murder, ou la visibilité de la pluralité des femmes noires # 2

Cette série est une création de Peter Nowalk et Shonda Rhymes n'en est que la productrice. Cette fiction met en avant, Annalise Keating, professeure de droit pénal et avocate renommée à Philadelphie. Annalise est un personnage très différent d'Olivia Pope. C'est une femme à la peau noire foncée, sportive, brillante, alcoolique, dépressive, secrète, joyeuse, bisexuelle et mariée à un homme blanc. Elle mène sa vie d'une main de fer, en ne montrant jamais ses émotions.

Tout comme Olivia Pope, Annalise évolue dans un milieu principalement blanc et son identité raciale est mise en avant et parfois remise en question par son entourage personnel et professionnel. Cependant, il s'avère que c'est un personnage plus complexe, possédant une double identité. Une identité pour le monde extérieur et une autre réservée à l'intimité. Comme nous tous.tes, non ? Contrairement à Olivia Pope, l'engagement politique d'Annalise Keating, dans une Amérique de plus en plus fissurée et effrayée est clair, contrairement à son engagement sentimental.

C'est d'ailleurs cette complexité, cette vérité et ce réalisme incarnés par Viola Davis, qui font d'Annalise Keating, un personnage BADASS. Grâce à ce personnage, Viola Davis, nous montre une autre facette de la femme noire. Une femme noire rarement représentée, car complexe. Une femme noire impeccable en apparence, féroce en public et qui, régulièrement, dans l'intimité retire son masque, dévoilant une certaine vulnérabilité. Cette dualité réaliste qu'incarne, divinement, Viola Davis est réelle pour tous.tes, qu'importe sa couleur de peau.

 

She's Gotta Have It (Nola Darling n'en fait qu'à sa tête) : le récit d'une femme noire libre et moderne #3

 

Cette série est l'adaptation du film éponyme de 1986 de Spike Lee (BlacKkKlansman). La série de 2018, reprend les codes des films de Spike Lee, avec les personnages s'adressant directement à la caméra, les yeux dans les yeux avec les spectateur.ices, derrière l'écran. Nola Darling n'est pas une héroïne, de la même trempe qu'Olivia Pope et Annalise Keating. C'est une artiste peintre ambitieuse, insoumise, polyamoureuse et pansexuelle, de Brooklyn. Nola un personnage solaire pouvant se montrer désinvolte voire superficielle parfois. Elle entretient plusieurs relations dont trois relations sentimentales avec des hommes et une autre avec une femme.

Spike Lee est connu pour son engagement envers la communauté afro-américaine. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que le casting soit presque exclusivement noir. Contrairement aux précédentes héroïnes, Nola est entourée d'amis et de parents qui la soutiennent, la comprennent. Bien que cela ne soit pas une révolution, pour le monde de la fiction américaine, cela l'a été pour moi. Enfin une série, où les personnages ont des personnalités réalistes, ont les mêmes problèmes que moi et se posent les mêmes questions existentielles. Ces personnages bien que fictionnels abordent des sujets de société réels (racisme, sexualité, féminisme) .

Nola, égérie de la communauté pansexuelle, est surtout un personnage qui apporte un certain regard sur notre société, principalement sur nos relations humaines. Ce sont elles, qui rythment nos vies, qui nous apportent un bonus, nous font souffrir, rire ou pleurer et cela qu'elles soient amicales ou amoureuses. Les relations de Nola n'ont pas d'étiquettes, la monogamie et le mot "famille"traditionnel, ne font pas partie du vocabulaire de Nola. Contrairement aux mots honnêteté et respect.

Cette série est, à mon sens, le reflet de la communauté féminine noire au XXIème siècle. Cette génération un peu perdue, libre mais pas trop et activiste à sa manière. Une génération pleine de ressources, souvent blasée mais jamais abattue.

 

 

 

 

 

 

 

 

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