Charivari
Le chat de ma voisine sait comment marcher à quatre pattes, mais il ne sait pas comment faire, alors il copie sur le chat de mon autre voisine.
Voici que le vieux matou d’en face se met à faire la grimace, car c’est lui qui a appris aux félins de la rue à se servir de leurs petits coussinets tout mous. C’est grâce à sa sagesse qu’il peuvent découvrir le monde et l’aventure, au bout du chemin goudronné de sens inavoués de ce monde bien étrange.
Et aujourd’hui voilà qu’un nouveau chat se fait entendre sur le toit du chapelier de la ville d’à côté. Il hurle son amour pour la chatte de ma voisine, en faisant partager son goût du verbe et de la rime à tous les habitants du quartier.
Quelle horreur que cette prose indélicate pour les oreilles du plus chaste des vicaires qui organise encore la messe du dimanche matin. Mais pour la belle irlandaise qui convoite le regard de l’amant malheureux de ne l’avoir jamais retrouvé, elle adore ce bagout éhonté du brave écrivain à la plume tigrée du malice de l’amour au quotidien.
Mais quel est donc ce chat qui sort du garage de la mégère non apprivoisée, qui hurle sa colère sur le moindre passant? Elle n’aime pourtant que son reflet dans le miroir de l’indifférence commune.
Il s’agit de Patatra, le malin siamois qui copie exactement la lumière du soleil levant, pour passer inaperçu lorsqu’il chaparde la pitance du malheureux poète amoureux. Celui qui du haut de son toit ne le voit pas s’approprier la belle qu’il désire tant.
Si seulement il avait jeté un regard vers le bas! Il aurait vu ce chenapan copier ses rimes pour les envoyer par la poste du facteur cheval, à la lumière de la lune des innocents qu’il n’est pourtant pas.
Cependant voilà qu’arrive le shérif de ses dames, ce brave Hector dont la longe moustache sait exactement à qui appartient le mot le plus beau de l’année. Et ce n’est pas celui de Patatra, mais il appartient à Alex notre amoureux éternel qui cherche à ouvrir son langage de la vie aux chats de toutes les races. Et cela sans pourtant le laisser aux malotrus du verbiage grossier que sont tous ces chats étranges, qui sortent non pas du dernier dessin animé à la mode, mais du virtuellement correct d’une machine à créer des mots. Sachez qu’ils ne sont point beaux, puisque volés au plus mignon des chats, que sont toutes les belles images tant imaginées du malicieux petit mage de la vie.
Alors à tous les chats de ce monde chantez vos chanson et effectuez les pirouettes de la vie rêvée. En effet, bientôt nous ne seront plus une meute, mais un organisme de paix en faveur du plus chatoyant des tigrés que sont toutes les belle plumes de ce monde. Et non pas par ce que le chat en aura avalé l’oiseau, mais par ce qu’il aura eu la délicatesse de lui en demander sa plus merveilleuse plume, pour lui aussi le magnifier dans ses belles aventures de vie.
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Commentaire (1)
Alexandre Leforestier il y a 6 heures
Très joli texte ! Et divertissant, doux
Régine Pelladeau-Kornmann il y a 6 heures
merci beaucoup