Burn-out
Contexte :
Hier, mon homme a commencé à pleurer. S'il y a dans ce texte un défi, c'est celui d'évacuer ma colère en poésie.

Illustration de Katzen_Tupas sur Pixabay
Soyez chêne et roseau et tant de choses encore !
Monsieur de La Fontaine, des atouts du roseau
sans négliger le chêne, s'est voulu le héraut.
Du fragile roseau, il vanta la souplesse,
l'agilité mobile par les jours de grands vents.
Du chêne majestueux, il loua la noblesse,
les racines profondes, le chef au firmament.
Si le chêne orgueilleux en paya le prix fort,
la société actuelle en oublie trop les torts.
Toute gonflée d'orgueil, elle attend soumission
Aux horloges, aux marchés, à l'argent, aux actions.
"Du roseau, imitez la flexibilité !
Conservez cependant votre solidité !
Cultivez vos réseaux, déployez vos talents,
Pliez, pliez le dos, pliez toujours devant
Objectifs et planning et tâches subséquentes."
Las ! L'homme n'est plus, ni debout, ni plus rien,
Ballotté, épuisé, il s'écroule un matin.
Effondrement intime, une envie de pleurer,
Vidé de toute sève, il est tout asséché.
Travailler à tout prix et toutes conditions,
est devenu pour l’homme bien pire que l'Aquilon.
Notice de transparence : Texte rédigé sans recours à l'IA. Inspiré de la fable de Jean de La Fontaine, Le Chêne et le Roseau. L'autrice et seule propriétaire de ce texte est Line Marsan. Tous droits réservés.
Illustration : Katzen_Tupas sur Pixabay.
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Commentaires (7)
Barbara Wonder il y a 14 heures
totalement d'accord! je trouve que c'est un sujet trop silencieux encore et pas assez abordé , même si ont commence à le faire , pas assez à mon goût.
Line Marsan il y a 13 heures
La fatigue est ignorée, comme si ce n'était pas un signe.
Jackie H il y a 13 heures
Nous restons envers et contre tout les héritiers d'une époque où l'on pensait qu'il fallait se surpasser, se maîtriser, ne pas s'écouter, faire encore et toujours des efforts quoi qu'il en coûtait, et où ceux qui écoutaient leurs propres limites étaient considérés comme faibles ou paresseux, ou alors égoïstes et manquant d'esprit de sacrifice... En attendant ils n'avaient souvent pas le choix non plus... et nous aussi, nous l'avons bien moins que nous le croyons souvent 🙁
Jackie H il y a 1 mois
Je n'y suis pas passée, j'ai été virée avant pour raisons économiques après douze ans de boîte, mais quand je me retourne sur cette époque et que je vois l'état de fatigue dans lequel j'étais et le temps qu'il m'a fallu pour récupérer, je me dis que certains licenciements sont providentiels 😯😲
Alexandre Leforestier il y a 12 heures
Vos commentaires ici, sont plein de sens. J’y suis repassé à 2 doigts ces derniers mois. Mais zut, 2 doigts bleus sous un lourd poids et un cassé hier, il faut vraiment que je me calme… Cela va être pratique pour écrire mais, bon, les soins sont en cours, patience et calmos.
Jackie H il y a 12 heures
😲🤕 reposez-vous et surtout soignez-vous bien 😯
Barbara Wonder il y a 12 heures
Courage à toi Alexandre ! Soigne toi bien.☺️
Harold Cath il y a 1 mois
Non et écoute.
Deux mots intimement liés au burn-out surtout lorsqu’il est induit par le milieu professionnel.
Écouter son corps, l’entendre lentement se plaindre et en déceler les messages. Ils sont physiques ou plus intimes, presque subliminaux. Il faut apprendre à les reconnaître
Apprendre à dire non.
Parce qu’il est plus important de se préserver que de briser le fragile équilibre de notre corps et de notre esprit. Oser refuser pour se sauver. Pour fuir un état dont le monde professionnel qui nous y conduit n’aura cure.
J’ai vécu ce moment de basculement. J’y ai perdu de nombreuses plumes, failli sacrifier ma vie personnelle pour la considération d’un employeur qui m’aura par la suite « viré ».
Après avoir remonté la pente, j’ai su lui dire non à temps.
Paradoxalement, je le remercie de m’avoir viré.
J’ai retrouvé un autre boulot et j’ai terminé une vie de travail axée sur l’humain, le social, l’écoute de l’autre sans plus avoir jamais à devoir m’écouter moi-même.
Line Marsan il y a 1 mois
Merci pour ce message Harold. Pour l'instant, mon homme dit "ça va aller, c'était juste un mauvais moment" et il y retourne... Le "non" lui a toujours été difficile. Écouter son corps, n'en parlons pas.
Comme il aime bien tes messages, je vais lui faire lire tes mots. ❤️