33.Les merveilles de Mercurian
26Avril 2300
Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous aujourd’hui ?

« Mercure mon amour, demain nous ne serons plus ensemble ». Eh oui. Toutes les bonnes choses prennent fin, mais toutes les bonnes choses ont un commencement aussi. Ces derniers jours nous avons arrêté de faire les crêpes au bord de l’eau. Il y a trois choses à absolument visiter ici : un four, le musée d’histoire de l’art et le cimetière de Bach.
Le Moma local se situait dans la station-quartier Est de Mercurian. Il en est le principal bâtiment (du moins le plus imposant). Ce musée est surtout connu pour ses œuvres post-millénales. On peut y admirer de grands artistes tels que C. Yarbo (et sa fameuse holonde), B. Patterson, Paul Garrick et plein d’autres encore. Mais ce n’est pas tout. Bien qu’une grande partie de la collection du musée se porte sur des visuels. Un accent a été mis sur d’autres disciplines telles que la musique, ou la sculpture en apesanteur.
Pour la musique, c’était assez assourdissant en fait. Les gens avaient des gouts bizarres début du millénaire. Je ne pourrais la décrire. Seul Grétory arrivait à admirer cela (mais c’est un connaisseur). Il nous expliqua que dans la musique post-classique, il était courant de chanter faux, de ne pas faire corriger sa voix par ordinateur ou même créer des musiques sans IA assistées. Ce qui faisait de cette musique, une musique totalement temporelle. Il nous apprit aussi que cela se répétait. Il existait, début du millénaire un concept de morceau, c’est-à-dire qu’après 3-4 minutes, c’était fini. Nous pouvions même réécouter. Réécouter ? Pourquoi faire ? OK, il n’y avait pas encore de générateur de musique comme aujourd’hui, mais quand même.
Il y avait une exposition temporaire sur Amiria G. Detu. C’était elle la première à pratiquer de la sculpture en impesanteur et cela il y a plus de 200 ans. Elle a lancé le détuime en sculpture. La galerie compte-pas mal de ses œuvres dont sa plus célèbre, son Divad, sculpture représentant un vieux mythe d’un affrontement d’un petit face à un géant. Concernant ces outils, la plupart fabriqués par elle-même comme par exemple un gravisol transformé en tourneuse. Des hologrammes la montraient travaillant debout autour de sa matière première non soumise à une quelconque gravité.
Avant hier, nous avons visité le cimetière de Bach. Il y a aussi un musée qui explique pourquoi l’un des dômes à été s’écraser sur Mercure avec ses centaines de millions d’habitants (entrainant de peu les autres dômes avec), mais nous n’avons pas eu le courage d’y entrer. Ici c’est une vaste plaine de bâton blanc. Chacun étant un corps, corps qui fut ramené de la surface de Mercure, ce qui mit plusieurs années. Et cela continue encore aujourd’hui. J’ai ouï-dire qu’une équipe en a enterré un récemment, il ne venait pas de Mercure par contre, la planète y a été totalement nettoyée. Lors du décrochage, nombre de débris et de corps n’ont pas suivi et se sont retrouvés à voguer dans l’espace. 60 ans à rester dans le vide, a tourné autour du soleil. Les scientifiques ont demandé à l’IA des calculs de trajectoires et des prédictions. Des équipes furent lancées à leur recherche et ramenées ici, dans ce cimetière. Certains se sont dirigé vers le soleil d’autres vers l’infinie. La légende dit qu’on les a tous récupérés, mais la réalité que mon connecteur me montre est toute autre. La plus grande catastrophe industrielle qui causa des millions de morts est ici à mes pieds et tout cela à cause d’une erreur de calcul du système central. Toujours vérifier ce que fait une IA.

Enfin, il y a les fours. N’oubliez pas de réserver si vous voulez en visiter un, car il n’y a qu’une 20aine de four en tout et qu’on ne peut les visiter que lorsqu’ils sont arrêtés. Lorsqu’ils fonctionnent, c’est pour plusieurs centaines de jours et impossible d’y mettre les pieds. La visite commença par l’update de nos connecteurs pour qu’ils puissent nous créer un hologuide sur mesure. Le nôtre était plutôt mignon. Il nous expliqua la fonction première des fours. Fabriquer du plasma et de la sublimation en grande quantité. Si nous sommes aujourd’hui capables de monter à des températures extrêmement hautes (plusieurs millions de kelvins), il n’est pas encore possible d’obtenir cela de manière industrielle sans utiliser notre bonne vieille étoile.
Ces fours sont utilisés pour créer des astéroïdes. On met plein de « trucs à l’intérieur » on sublime le tout et on refroidi. On agrège ensuite et on obtient un astéroïde. Chose curieuse, ces fours n’ont pas été construits pour créer, mais pour détruire. Lors des premières années de la conquête solaire, les fours servaient à de grosses corporate qui exploitaient et détricotaient la ceinture. Ils piochaient et ramenaient l’astéroïde près de Mercure et ainsi chauffé, les éléments primaires (dont certains rares) se récoltaient pour un futur négoce.
Tous les fours à leur entrée contiennent une copie de pétition alarmiste des scientifiques montrant qu’on avait touché au cœur même de notre système solaire, la gravité. En retirant un trop grand nombre d’astéroïdes, les équilibres entre planètes avaient significativement changé. La planète terre aurait pu disparaître endéans les 1000 ans. Et c’était déjà un point de non-retour. L’humanité devait remettre de la matière. C’est ce à quoi servaient les fours aujourd’hui. À créer des astéroïdes qui seront remis dans la ceinture. Il faut les remettre lentement et petit à petit, Vérifiant, à chaque incrustation qu’il y a une amélioration à long terme.

Pour entrer dans la salle principale, nous nous sommes habillés de combinaison spéciale. Elles serraient un peu plus que celle que j’ai dû mettre jusqu’à maintenant. Le four est bardé de rayons en tout genre (alpha, gamma, etc.) et bien sûr sans pesanteur. La pièce avait la taille d’une petite ville. Elle peut facilement accepter un Elon-X23, voire plus. La porte était fermée bien sûr (sans cela, nous serions brulés par le soleil. Les Fourieurs commandaient des nettoyeurs, des robots balai qui ont la particularité de pouvoir rester coller aux parois tout en les nettoyant.
Subjugués, nous posions énormément de questions, mais nous ne pouvions rester plus longtemps. Venus et le GaviBall Solar Cup nous attendait. Mon connecteur étant à jour, je poserai mes questions plus tard.
À plus pour d’autres nouvelles.
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