Jeanfi Janssens, la tendresse en plein vol
Jeanfi Janssens, la tendresse en plein vol
Mercredi soir, à la Cité des Congrès de Nantes, le ciel s’est entrouvert. Pas avec fracas, pas avec des trompettes d’anges. Juste une scène presque nue, un divan posé là comme dans un salon, et Jeanfi Janssens. Après une tournée aux États-Unis et plusieurs dates complètes à Paris, l’humoriste faisait escale à Nantes pour présenter Tombé du Ciel, son second one-man-show. Un retour au solo après deux années passées au théâtre. Et on comprend vite pourquoi il avait besoin de revenir à ça : la scène, le public, les regards qui rient dans la pénombre.
Le spectacle commence par ce qui tient un homme debout quand tout le reste tangue : la famille. Jeanfi parle de ses parents, de sa mère surtout. Une mère fière de son fils devenu vedette. Une fierté simple, presque naïve, celle qui ne comprend pas toujours le monde du spectacle mais qui sait reconnaître le bonheur quand son gamin fait rire une salle entière. Chez lui, les racines ne sont pas un décor. Elles sont le socle.
Et puis il y a l’autre vie. Celle d’avant les projecteurs. Les avions, les plateaux-repas et les turbulences. Son passé de steward, ou comme il le dit lui-même avec sa délicatesse habituelle : « hôtesse de l’air à couilles ». La salle explose. Parce que Jeanfi raconte tout ça avec ce mélange rare d’autodérision et de franchise. Un gars qui a changé de vie du jour au lendemain, qui a débarqué dans le show-business presque par accident, et qui regarde encore ce monde avec les yeux du type du Nord qu’il est resté.
Ses origines modestes traversent tout le spectacle. Le Nord, l’enfance, l’éducation chez les bonnes sœurs, les superstitions qu’il collectionne comme d’autres gardent des photos de famille. Il parle aussi des Grosses Têtes, de l’Olympia, de ces coulisses où l’on croise des vedettes qui ne sont finalement pas si différentes des gens ordinaires. On sent qu’il observe tout ça avec amusement, parfois avec étonnement, mais jamais avec prétention. Jeanfi est une vedette qui ne se prend pas pour une vedette.
Au fil du spectacle, il se dévoile davantage. Les histoires d’amour un peu bancales, les peines de cœur, les doutes qui viennent avec l’âge. Approcher la cinquantaine quand on a vécu une vie qui a basculé à toute vitesse, ça laisse des questions. Il en parle sans pathos, avec ce mélange de tendresse et de lucidité qui fait mouche. Et entre deux confidences, il descend dans le public, échange avec les spectateurs, distribue quelques vannes bien senties. La proximité est immédiate. On n’a pas l’impression de regarder une star. On a l’impression d’écouter un type sincère qui raconte sa vie au milieu d’amis.
Il y a aussi Duchesse, sa chatte, fidèle compagne de route dans cette existence devenue un peu folle. Et des moments d’absurde délicieux, comme ce sketch d’entracte qui part dans une folie douce que j’affectionne particulièrement.
Pendant plus d’une heure, Jeanfi Janssens navigue entre la comédie pure et quelque chose de plus intime. La notoriété, les racines, la religion, les peurs, les souvenirs, les fantaisies. Tout se mélange. Et le rire devient parfois une façon très douce de parler des choses sérieuses.
J’ai ri. Ma femme aussi. Et quand on est parent, quand la vie pèse un peu avec ses responsabilités, ses horaires et la fatigue des jours qui s’enchaînent, une soirée comme celle-là ressemble à une bouffée d’air. Un moment suspendu où quelqu’un vient vous rappeler que rire reste une manière honnête de survivre au reste. Parfois, certains tombent vraiment du ciel. Comme on tombe à pic. Exactement au bon moment.
Le final arrive presque en douceur. Jeanfi chante La Tendresse de Bourvil. Et la salle se tait un instant. Comme si, derrière les blagues, on venait soudain d’apercevoir le cœur du spectacle. Il explique qu’il est tel qu’il est parce que ça fait rire sa mère. Et que, finalement, c’est peut-être ça le plus important.
Après le spectacle, je l’ai simplement remercié en story. Quelques minutes plus tard, une réponse : « merci <3 content si tu as passé un bon moment ». Rien de grandiloquent. Juste quelques mots. Sans posture. Sans distance.
La première fois qu’il m’a fait rire, c’était sur M6, dans Recherche appartement ou maison avec Stéphane Plaza. Depuis, Jeanfi Janssens est devenu une vedette. Mais une vedette qui garde les pieds sur terre… et la tête quelque part entre les étoiles et les nuages.
Teddy fradet/Oren le conteur
06/03/2026
(Cet article est publié à titre personnel sur mes réseaux sociaux et relève de ma propre initiative, et non d’une démarche officielle de Presse Océan.)
Jeanfi Janssens tombe du ciel à la Cité des Congrès
(article publié dans Presse Océan)
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