Pause déj'
Pause déj'
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Thématique : Le dialogue intérieur ..." ✍️ - imaginez un dialogue entre une peur et une croyance positive en les personnifiant.
Nombre de mots : 785
Illustration: image prise par Ivan Ksp trouvée sur Pixabay
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Un premier être sphérique d'un blanc laiteux se demarque de ses congénères. Il s’avance sur ce qui semble être une estrade, seule aspérité de ce vaste lieux. Une fois placé, l’assemblée lui fait face, précédée par deux autres congénères. Il comprend alors la situation et désigne rapidement quelqu'un pour le rejoindre :
“ Commençons la séance ! Je présiderai la résolution du présent conflit émotionnel de ***** dit Stéfano, assisté d'une pensée choisie par moi-même. Présentez-vous s'il vous plaît.
— Parti en opposition, simplement P, pour vous tous qui voulez me faire taire.
— J, représentant de mon parti dans cet entretien de formalité, pour vous servir. ”
Ces quelques mots agitent déjà l'assemblée et on peut y voir des groupes se former. Néanmoins notre juge est plus intéressé par la couleur flamboyante et intense de J si bien qu'il remarque bien trop tard que les parties l'attendent pour poursuivre :
“ C'est quoi le soucis ? Demande maladroitement le juge.
— Eh bien, on cherche à me taire. Et ça nuirait à la santé de notre cher Stéfano, déclare P, le corps lumineux teinté par une couleur attirante, troublante voire anxieuse.
— Foutaise ! Assène J.
— Quelqu'un pourrait expliquer à la cour ce qui se passe ? Demande le juge.
— Stéfano vient de passer une bonne heure dans la cuisine. Il a acheté tous les ingrédients ce matin même. Il en est ressorti un merveilleux plat. Et je … enfin nous sommes en droit de savourer allègrement ce qui nous revient de droit.
— Pas de gestes hostiles, déclare le juge remarquant le regard assassin de J envers la partie adverse.
— Du mépris. C'est tout ce qu'on m’accorde mais je ne disparaîtrai pas pour autant, répond avec aplomb P.
— Mais de quoi avez-vous peur ? Lance le juge déconcerté.
— Des bro-co-lis ”
Les bruits dans l'assemblée s'intensifient. Parce que le juge s'égare à imaginer le plat en question, comme d'autres dans l’assemblée, il se teinte en vert brièvement :
“ Prenons notre temps. On trouvera une solution apaisée ” ajoute le juge, en se retenant de rire.
Soudain un tremblement de terre survient. Certaines secousses sont si fortes qu'elles provoquent des bousculades entre pensées jusqu'à produire des combinaisons farfelues d’idées comme le souhait de s'habiller uniquement en rouge pastèque ou encore l'envie de faire ses courses à cloche pied.
“ Ce juge ne va pas s'en sortir seul ” se marmonne l’assistant. Il s’avance et lui rappelle qu’à l’extérieur il est 13h37, soit bientôt une journée de privation alimentaire pour Stéfano :
“ Monsieur le juge ! Le corps va lâcher, s’affole J.
— On peut toujours prendre un verre d’eau fraîche. Ça nous calme toujours, assure P.
— On n’est pas déshydraté ! On a faim ! Hurle J.
— En est-on sûr ? ” Ajoute P.
Notre juge a déjà bien mûri. À présent, il est entièrement concentré sur le dilemme qu'on lui présente; une pensée apaisée. Et c'est peut-être pour ça qu'il avance sereinement cette proposition :
“ Et si vous décidiez de faire un pas ensemble. Stéfano a vraisemblablement faim. À regarder l’assemblée, il semble avoir pris du plaisir à préparer ce plat. Et puis est-ce vraiment les brocolis qui l'empêchent de manger ? Mais ce n’est pas le sujet. J comme P sont légitimes. N’y aurait-il pas un moyen de manger tous ensemble ?
— Je… Je ne sais pas ” Énonce difficilement P.
Comme le reste de l’assemblée, P est captivé par la soudaine sagesse qu’exude le juge. Son teint alors s'apaise et semble se marier agréablement avec la couleur flamboyante de son prénommé adversaire sur la peau de celui-ci :
“ C’est pas faux. Et puis si vraiment indigeste ou que tu as atteint tes limites alors on ne te forcera pas, lance J.
— ..., sort P.
— Il y a toujours le paquet de chips dans le tiroir de gauche qu'on ne devrait pas manger ” Ajoute J.
À ces mots, un petit groupe de pensées s'agite en fustigeant J. Quant à P, il sourit pour la première fois depuis le début de ce procès.
“ Quand penses-tu P ? Dit J.
— Oui, je … essayons ! Rétorque P.
— Super ! Affaire close. Allons goûter ce plat qui en fait trembler plus d'un. Brrr ! Comme quoi il fallait juste écouter et n’ignorer personne. Facile ! ” Conclut notre juge.
L’assistant ne peut s'empêcher de répondre en rappelant au juge son état de panique au début du procès et le temps passé pour un sujet supposé trivial. Juge et assistant repartent dans la foule, à présent silencieuse dans l’attente du prochain procès mental de la vie de Stéfano.
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