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Panodyssey ou Substack : le piège de l'entre-deux ?

Panodyssey ou Substack : le piège de l'entre-deux ?

Publié le 27 févr. 2026 Mis à jour le 27 févr. 2026 Société
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Panodyssey ou Substack : le piège de l'entre-deux ?

(J'écris cet article parce que je l'ai vécu, et parce qu'en parcourant les commentaires ici et là, j'ai réalisé que je n'étais clairement pas le seul. Alors autant en faire quelque chose.)


Il y a un moment que presque chaque créateur de contenu connaît.


On a envie d'écrire. On a des idées, de l'énergie, un angle. Et puis vient la question, en apparence simple, qui peut bloquer pendant des semaines : je publie où ?


Substack, avec sa promesse de communauté anglophone, de newsletter intégrée et de monétisation directe.

Ou Panodyssey, la plateforme plus intime qui mise sur la valorisation des auteurs, la découverte éditoriale et un écosystème plus proche de nos habitudes culturelles.


Les deux ont des arguments solides. Et c'est précisément là que le problème commence.



Le syndrome du double effort


La tentation, c'est d'essayer les deux.


On publie un texte sur Substack parce que l'interface est fluide et que des lecteurs y traînent déjà, mais on maintient Panodyssey parce qu'on y a une petite communauté, parce que la plateforme est francophone, et parce qu'on ne veut pas sacrifier la visibilité qu'on y a construit ou qu'on espère construire.


Résultat : on recopie, on adapte, on reformate. On envoie une newsletter ici, on publie un article là. L'énergie qui devrait aller à l'écriture elle-même part dans la logistique éditoriale. Et insidieusement, on commence à produire moins parce que chaque publication représente maintenant deux fois plus de travail.


On finit par avoir deux plateformes à moitié vivantes plutôt qu'une seule vraiment habitée.



L'illusion de la sécurité


Maintenir les deux plateformes crée une fausse sensation de couverture.


« Si Substack ne décolle pas en France, j'ai Panodyssey. »

« Si Panodyssey n'a pas assez d'audience, au moins Substack me connecte à l'international. »


On se rassure avec des scénarios hypothétiques plutôt que de s'ancrer dans une réalité productive.

Mais les lecteurs, eux, ne savent pas où vous suivre.

Ils tombent sur un lien ici, un autre là.


Votre présence en ligne devient floue, morcelée. Et une présence floue, c'est une présence qu'on oublie.



La vraie question à se poser


Ce n'est pas laquelle des deux plateformes est la meilleure. C'est : pour qui j'écris, et comment ils préfèrent me lire ?


Vous écrivez principalement pour un lectorat francophone qui apprécie la découverte éditoriale et les auteurs engagés ? Panodyssey a une logique communautaire qui peut vous correspondre.


Vous visez une audience plus large, internationale, avec une newsletter comme colonne vertébrale ? Substack est fait pour ça.


Une fois qu'on répond à cette question honnêtement, le choix devient presque évident.


Quoique, mon petit doigt m'a dit que Panodyssey comptait introduire l'info lettre / newsletters sous peu... et là, la distinction entre les deux s'amenuise encore davantage.


(Bon, d'accord, Alexandre Leforestier a partagé l'information directement, je ne suis dans les petits papiers de personne.)



Choisir, c'est aussi un acte d'écriture


Il y a quelque chose de presque symbolique dans cette hésitation.


L'écriture demande de l'engagement, de la continuité, un fil. Hésiter entre deux plateformes pendant des mois, c'est souvent le signe qu'on hésite encore sur ce qu'on veut dire, et à qui.


Fixer son territoire, choisir un endroit et s'y tenir, c'est la condition de base pour construire quelque chose qui dure. Pas parce que la plateforme est parfaite. Mais parce que la régularité, dans l'écriture comme ailleurs, bat presque toujours la perfection technique.


Personnellement, je dois avouer que le côté plus intime de Panodyssey donne l'impression de participer à quelque chose de « local », de faire partie d'une communauté où la fiction trouve plus aisément sa place, et où l'échange entre écrivain et lecteur est plus facile, tandis que Substack et son hyperactivité crée l'illusion de pouvoir « percer plus vite », d'atteindre plus facilement plus de monde (bien que le contenu semble se rapprocher de plus en plus d'un Instagram ou autre réseau social où l'on y publie de tout de façon, parfois, faussement désinvolte), et on y a moins de scrupule à faire la pub de son prochain livre en vente sur Amazon, alors qu'on aurait presque l'impression de faire un faux-pas et déranger le calme paisible sur Panodyssey.


Alors, Substack ou Panodyssey ?


Peu importe, vraiment.


Ce qui compte, c'est d'arrêter de faire deux fois le même travail pour deux fois moins de résultats.


Choisissez.


Habitez l'endroit.


Écrivez.



Et vous, vous avez tranché ? Je suis curieux de savoir ce qui a fait pencher la balance.

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Commentaires (4)

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Line Marsan verif

Line Marsan il y a 1 heure

Réflexion intéressante ! Je choisis Panodyssey ( francophone, français, contact direct avec les fondateurs, communauté d'auteurs et autrices, bienveillance, etc...).
Toutefois, quelque chose dans votre article fait aussi débat : la "productivité". Vouloir se concentrer sur un seul lieu plutôt que se disperser peut être une bonne chose. Mais est-ce vraiment pour répondre à l'impératif de produire ? Selon moi, un réseau éthique ( Panodyssey, Mastodon) devrait aussi être l'occasion de réfléchir sur "pourquoi produire des textes ? pourquoi faudrait-il en produire beaucoup ? Pourquoi parlerait-on de produire et non pas de créer? etc..."
L'injonction sociétale à produire et consommer est déjà assez forte. Quand se taire ? Quand ralentir pour créer mieux ? Quand renoncer à publier ?

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Parallaxe Media verif

Parallaxe Media il y a 1 heure

Je vois ce que vous voulez dire. Pour moi, la productivité a son propre rythme, propre à chacun.
Poster chaque jour, chaque semaine, ou chaque mois peut être signe de productivité.

Quand on a plusieurs plateformes, on a souvent plusieurs outils de mise en page et éditeurs de texte, donc on finit par prendre plus de temps que nécessaire à remettre en forme un texte d'une façon ou d'une autre, ex: est-ce qu'on ajoute des sous titres sur ce site ou celui-là ? est-ce qu'on met des titres aux paragraphes ?

J'ai remarqué, ironiquement, compte tenu du fait que je considère Panodyssey comme plus intime, que l'on publie plus facilement des textes de réflexion sur notre façon d'écrire et de travailler, sur nos coulisses, sur un site comme Substack plutôt que Panodyssey parce qu'on a l'impression que ça y marchera mieux.

Alors je vous ai peut-être répondu à côté de la plaque mais c'est ce qui m'est venu à l'esprit haha...

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