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 L'humiliation de trop

 L'humiliation de trop

Publié le 16 sept. 2021 Mis à jour le 16 sept. 2021
time 3 min

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 L'humiliation de trop

Me suis-je dit un jour qu'il faudrait que j'écrive sur ces épisodes terribles qui font désormais partie de mon adn ? Oui, vaguement. Mais aujourd'hui, la colère demeure, la révolte est trop installée pour ne pas la laisser sortir et surtout en faire une preuve, un récit.

J'aurais profondément adoré ne pas vivre tout ceci. J'aurai adoré ne pas devoir en témoigner. Mais c'est au cours de ces 6 dernières années, et au regard de tout ce que j'ai lu, lectures qui m'ont aidée, portée et apaisée que je me sens prête à en assumer le poids, et surtout, surtout, à devoir en débattre, à être certaine que ce que j'ai vécu, je l'ai vécu.

La fameuse petite goutte

C'est aujourd'hui que je commence. Pourquoi aujourd'hui? Car après une année et demi, voire un peu plus à côtoyer les services de la protection de l'enfance, je sais qu'en France en 2021, on humilie. Et je le dis car ce matin , j'ai entendu Christine Taubira s'indigner sur ce fait, sur ces humiliations banales que nous lisons dans les journaux, ou que nous entendons sur les ondes. Et je viens de subir une de ces petites humiliations. J'ai exprimé mon désaccord auprès de l'éducatrice qui est en charge de nous aider , moi et ma fille dans les petites luttes quotidiennes qui sont celles que vivent les femmes victimes de violences conjugales et qui doivent veiller à ce que le jugement mais également l'intégrité psychique de leur enfant soit respecté par cet homme violent, cynique et pervers ( ces adjectifs ne concernent que mon histoire, bien évidemment)

Et les représentants de l'institution, ceux qui savent, ceux qui sont censés vous défendre détestent la contradiction, ne supportent pas le désaccord et s'offusquent du conflit.

Mais ce qui les irritent le plus, c'est d'être pris en défaut,d'être démasqués de leurs incompétences. Car ce sont des humains qui s'occupent et doivent statuer pour d'autres humains selon une loi, mais également selon une morale. Et faillir, c'est donc se mettre au même niveau que les parents défaillants, selon leur vocabulaire.

Et cette éducatrice a failli, elle est descendue de son piédestal lorsque je lui ai énumérée toutes les conséquences des problèmes qu'elle n'avait pas pu ou pas voulu régler.

Et cette descente a simplement été insupportable pour elle.

Une discussion houleuse a suivi mon constat et après deux ans de violences, 5 années de célibat à protéger, consoler, lutter, esquiver, pleurer mais porter ma fille au-delà de la bêtise crasse de son géniteur à mon égard, j'ai entendu ces mots : mère indigne...

Indigne....

Et c'est moi qui suis descendue, très bas. Indigne. Voilà ce qu'une éducatrice peut balancer à une maman célibataire qui doit rester en alerte contre les attaques d'un pervers violent diagnostiqué et jugé comme tel : si cette maman ne boit pas les paroles de l'institution qui lui octroie son aide et son attention, elle est donc indigne.

Et ce mot s'est tatoué dans mes yeux. J'ai raccroché le téléphone en lui envoyant « allez vous faire foutre » et je suis restée là, pantoise.

L'institution ne supporte pas la contradiction.

Et il faut savoir que lorsque l'institution décide de vous aider à vous protéger d'un compagnon violent physiquement et irresponsable envers son enfant, ben faut mieux fermer sa gueule. Vous devenez une petite chose stupide et sans droit de réponse. Si vous osez désobéir, contredire, et ne pas courber l'échine, les sanctions tombent, et l'indignité s'abat sur vous comme une guillotine. Car devant un juge, c'est cette dame soupe-au-lait qui pourrait être celle que l'on écoutera pour statuer de mon sort et donc de celle de ma fille.

Et je trouve cela terrifiant.

Je trouve ce système terrifiant, anxiogène, condescendant et simplement inutile.

Je ne cesserais désormais de témoigner du sort fait aux femmes violentées et à leurs enfants.

Un système qui prône cette bienveillance de merde par manque de courage, et par une suspicion envers les femmes et leur soi-disant hystéries. Le livre qui parle des femmes esclaves de Charcot est malheureusement d'actualités.

Et la sororité est un mot qui me fait vomir.

 

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Commentaire (1)

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Oina Sasclain 1 mois

Ce système prône une fausse bienveillance. Il ne sont pas à jour en neurosciences et soit ne veulent pas l'être, soit ne veulent pas donner les moyens aux professionnels de l'être. Et ceux qui, par miracle, feraient correctement leur travail, on les fait chier, on les change de famille, parce que ça marche trop bien et que ce n'est pas normal. L'institution est gangrénée par une mauvaise foi latente couverte par une violence dont ils ne se cachent même pas et attendent de nous le silence...

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