Mardi 10 février 2026
Mardi 10 février 2026
Il a plu toute la journée, sans trêve et sans arrêt, un flot continu qui m’a fait craindre que le monde se dilue. Les jours comme celui-ci, tout semble suspendu, de mon côté de la Terre. Tout se tait et il ne reste que le clapotis des gouttes qui s’échouent contre les fenêtres, un rythme changeant qui sait se faire berceuse ou grosse colère, un bruit de fond qui étire le temps et l’épaissit. De temps à autre un oiseau passe, pressé, mais ces jours-là même les oiseaux cessent de chanter. Il pleut par vagues, toujours, exactement comme si la mer avait décidé d’étendre son territoire pour sangloter sur nos têtes grises et pleines de brume. Son chagrin déborde et elle le déverse comme elle peut, inconsolable. Eau salée pour eau salée on pourrait facilement ne pas saisir la nuance, et peut-être qu’elle camoufle sa peine derrière notre ignorance. Moi non plus, je n’aime pas tellement que l’on me voit pleurer.
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