Vendredi 23 janvier 2026
Vendredi 23 janvier 2026
Elles sont grandes désormais, de vraies adultes autonomes et accomplies, pourtant parfois lorsque je les observe, le temps fait un grand bon en arrière. Soudain l’image se trouble et s’efface un peu, laissant apparaître en filigrane les rondeurs de leur visage d’enfant. L’une vit entourée d’animaux, les siens et ceux des autres, et passe le plus clair de son temps à prendre soin d’eux. Avant, elle était celle qui se désintéressait des peluches en tous genre, leur préférant la compagnie de n’importe quelle bestiole vivante qu’elle puisse caresser et choyer, inonder de sa douceur et de sa tendresse. Une autre a acheté une maison au soleil et dit venez, on pourra jouer, il y a une piscine et j’ai trouvé un ballon. Avant, elle était celle qui claquait des dents dans sa bouée, les lèvres bleues, mais refusait obstinément de quitter le bassin tant que nous y étions, parce qu’elle s’en fichait d’avoir froid pour peu qu’on soit toutes ensemble. Une autre encore retire ses vêtements aussitôt qu’elle rentre chez elle, pressée de retrouver le confort de tissus qui ne pèsent pas sur sa peau, et laisse ceux qu’elle portait par terre ou sur un meuble, exactement là où elle les a retirés. Avant, elle était celle qui se déshabillait dès que nous avions le dos tourné et courait nue dans la maison ou le jardin, semant derrière elle un pantalon par ci, une chaussette par-là, provoquant chez nous des fous rires incontrôlables. Lorsque ces images surgissent c’est toujours la même histoire, je suis bouleversée par ce existait déjà, a résisté au temps et vit encore dans ma mémoire. Elles sont grandes désormais, de vraies adultes autonomes et accomplies, et en complément de tous nos souvenirs partagés, je continue de chérir ceux des enfants minuscules qu’elles ne se rappellent pas avoir été.
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