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NO PROSY VERSE
Non-fiction
Musique
calendar Publié le 15 juin 2022
calendar Mis à jour le 19 avr. 2026
time 9 min

NO PROSY VERSE

I

Coeur d'olivier

Coeur du monde


photo M. Moro-Chelguy


Mystère de la sève et miracle de l'arbre


Toujours un enfant cher à qui l'a planté

Toujours ancêtre respecté pour qui le regarde

Brut, et généreux de tant de fruits,

Et, dans son au-delà, rival poli du marbre brun


Pour qui sait voir,

C'est le monde qui s'y résume

Ses veines et ses peines,

Ses rêves et ses trêves,

La belle convention entre fidélités.



II (ré bémol Majeur)


photo M. Moro-Chelguy


L’amante que, religieusement, je caresse

Qui me …, délice

Et l’herbe sans sa compagne se

Lamente au pays du sourire.


L’âme hante ces lieux,

Celle qui n’en peut plus de ne pouvoir

Quitter ceux qu’elle croit être heureux

En ce temps qui n’est plus le nôtre

Elle qui n’est plus de notre temps


La menthe qui me restaure et m'affraîchit


La mante que de mon doigt je suis



III



Une jeunesse de papillon

bleu sur rose

azur ou cobalt il faut choisir.

Les bleus à l’âme, lesquels?

Oui, c’était bien ça

Genièvre était au rendez-vous

Quel désir s’insinue, plus fort que tout?


Elle n’est pas libre, celle qui n’est pas

libre au-dessus de tout

comme cet oiseau plus que l’oiseau,

plus haut que la branche.



IV (ut mineur)

La Chanson de Zabou



Je pensais, je rêvais, je rêvais beaucoup trop

Je voyais tomber l'or aux gouttes

De chaque averse


J'ai vu tant de villes

Boston Jérusalem Paris Melbourne

Et même Chandernagor


Dieu m'a-t-on dit nous délivre du Mal

Mais cette douleur qui fuit et s'insinue ...


Les jours me sont comptés comme au sonnet les mots

Je pense, je rêve, je rêve trop

Je vois mon aube ultime qui me rejoint au trot.



V


Ton petit ours devant la porte entr’ouverte

Pourquoi si dure la sèvre:

N’avons-nous pas assez d’amour pour toi?


VI


Je sais toutes les écritures

Leurs couleurs, leurs chemins

Leurs chaleurs, leurs carmins,

Les nuits qu’elles environnent,

Celles d’où elles surgissent,

Les sommets aperçus d’où se détachent leur verbe

Et découle en merveille

Jusqu’aux rues éblouies,

Leurs voyages tant attendus

Et les retours imprévus, interdits, insensés,

Les rêves devenus scènes

Les amis qui se tournent et le panda qui fane.


VII


Ce ne sont pas des chants qui soufflent dans ma tête

Là-bas la cathédrale où les enfants survivent

Où l'enfance s'aggrave


Et la mer septuor encore plus loin résonne et vit au vent

L’algue des lames gicle et sonne en Osiris


L’azur pédotribe recouvert de sulfates qui volent en été, jaunes sous les branchages, dans le cri des cigales aimant à déchirure, le mimosa s’évapore et la main recueille en vitre les buées élégiaques et le souffle des pétales


Le monde quadrillé aux carreaux des fenêtres

Monte les courants bleus jusqu’au prisme nocturne diésé comme un couteau

Banquise de lumière, la lune se brise et ses bris assombris s’abritent, au gré des bruits



VIII (ré bémol Majeur)


Un homme portait un chat

Dont la tête sortait à peine

D’un sac

Ou d’une outre

Qui rime avec la paille ou la poutre

Et moi je portais un repas dans mon sac.

Et les hommes, dit le mage,

Voient

Le chat dans le sac du voisin

Mais ne voient pas le repas

Dans leur propre sac.

IX (ut dièse mineur)


photo M. Moro-Chelguy


Il arrive

Que nul n'arrive

Il arrive

Que je n'arrive pas

Que tu n'arrives pas

Il arrive que rien n'arrive


Le fleuve a rive

Et ses berges plient


Il arrive que les jours ne fassent pas suite aux nuits

Lors, l'éphémère est une dette

Et la pluie nous est fête


Cette chambre

— porte ouverte d'habitude sur tout ce qu'il advient —

la valise y veille,

toujours comme entre deux départs

Quelle tristesse !



X (la mineur)


MEANT TO BE SUNG

To Mahmoud, Tahar and Qaqi


I’ve given you all and …

Days were long and sometimes boring

Evenings were cold, sometimes thrilling

We had no TV, our only entertainment

Consisted in meeting you as friends or mates

We’ll remember you were only thirteen

And couldn’t understand.

Ten years older you’ll realize

That maybe in your hands

We left the last sparks of our youths.


We’re sure next year in that future of yours

There’ll be no trouble for you

Finding how to succeed.

Aren’t men wicked ?,

Nothing yet can be as full of hope and friendship as one man.

When for ever we leave the Northern coast of your country

And for ever leave your lives,

Sure we’ll cry as did others who loved you less.


XI (ré bémol Majeur)

à Jean-Louis Charrier


J’aime mon sombrero qui fait des trémolos sur mon petit bateau.

Il était une ...

Il était une incroyable automobile qui faisait des sourires à droite et au centre (à cause de la priorité)

Et qui enlevait son chapeau de paille — il s’y nichait un bonnet, lui-même recouvrant un cours de géographie physique apprenant aux amérindiens presbytes comment parler l’anglais correct de La Havane

Pédalant sur une mine de crayon extra-ordinaire une jeune rousse comptait les nez des passants avec sa canne à pêche


Mon voisin de parloir a emménagé dans une boîte d’allumettes

Il est toujours obligé de sortir de chez lui pour allumer ses cigarettes

Tandis que ma voisine célibataire et concubine du charbonnier qui a toujours la foi joue du piano sur sa machine à écrire

Fort heureusement ma poissonnière habite à Rio où elle vend des queues de cheval de bataille de Waterloo morne plaine lune de miel

Oubedon oubedon oubedon

Les guêpes dansent la polka tsariste sous le regard complaisant de la reine Catherine des abeilles

Et la rainette des grenouilles a éclaté sous mes yeux prouvant par là la scientificité de Monsieur de La Fontaine


Entre les étoiles, les trains du rêve circulent et veinent de leurs rails la voûte bleue de nuit.



XII (mi bémol majeur)


Les hommes

Chanteront l'amour et vivront d'harmonie

Moi,

J'entends monter l'eau de l'oubli

Et la campagne entière

Naguère

Si fière

De borne en borne étend sa misère

Dis-moi que c'est fini, mon âme:

Le souci de mieux vivre

Et les larmes aussi


XIII



Né du bleu

Descendu du vert

Unique éclat de cette pluie nocturne

Toute couleur s’éteint, seule reste cette texture d’anthracite et d’asphalte,

Un bref salut

—peut-être pas pour moi—

Une pièce d’or qui brille et qu’un autre saisit

Et toujours ce rêve en bout de nuit

Que vient à peine troubler le phalène obstiné.

Là-bas certains chantent la liberté

D’autres, libres déjà, chantent la misère

Sur un fil d’or, les nantis pleurent leur solitude.



XIV (la Majeur)


Le pré de Capel-le-Ferne

Vaste fenêtre sur le large

Où la brume vieillie se voit pousser la barbe


Le pied de la falaise inhumée sous des herbes en gerbe de genêts

La crique grise à la plage dormait

Silencieuse et moite de grisaille entre deux ciels crevés


Elle ne pesait pas sous le corps nu d’une femme

Sous la tristesse des sables

Sous les pieux de défense pour le jour où Guillaume …

Pour le jour où l’eau passée de sa couleur tend sa main vers la terre difforme

Il n’est plus de péché

Il reste la condamnation, ce partage en terre et en azur


La nuque pubère des nôtres, la lune berceau de baryum

Lourde d’être là et fille de dunes, désintégrables au premier pas de fer

Il reste la lune et la plage de Capel-le-Ferne près Douvres

Pour décider

Les herbes mouillées de matinée, suant à perles d’une nuit d’amour


Entre les barbelés du blockhaus, cuirassé des extrêmes et de l’atrocité, qui restera là, en plein cœur du Sussex et sur sa plus belle rive, comme racine de haine dans une terre arable, mais stupide — un caoutchouc noir, là-bas, prélève en sa seringue la tuerie et la honte.

Voilà tout ce qui restera du Parthénon et des Pyramides :

L’échine d’un monstre aux mains humaines.


À peine servira-t-il à loger les clochards

Dont une fois nous étions

Les gueux en mal de souliers, brillant de toutes les bougies du sapin emmanuel.


Aujourd’hui

Les poissons pneumatiques ricochent sur les murs publicitaires de mon journal.




https://youtu.be/3AQ-D_OnF-E?t=2


Jerome Smith-Collier

jer_smith-collier.auteur@laposte.net



(Photos: Wikipédia)

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