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Pourquoi être compétitif ne fait pas de nous une mauvaise personne ?

Pourquoi être compétitif ne fait pas de nous une mauvaise personne ?

Publié le 19 févr. 2021 Mis à jour le 20 févr. 2021
time 6 min

Pourquoi être compétitif ne fait pas de nous une mauvaise personne ?

Flashback. Nous sommes en 2018.

À ce moment-là, je cours 4 fois par semaine et je parcours entre 80 et 100 km.

Mon objectif est de préparer mon premier semi-marathon.

Je veux aussi repousser mes limites.

Le dépassement de soi

Repousser les limites physiques ou psychologiques m'a toujours fascinée.

J'ai découvert l'existence de Sciences Po quatre mois avant la date du concours.

👉 On me disait qu'il était impossible de préparer le concours en si peu de temps surtout en sortant d'une ZEP.

J'ai consacré chaque minute de mon temps libre à lire les imposants tomes écrits par Berstein et Milza sur l'histoire du 20e siècle.

Tous les jours, je lisais le Monde, le Courrier international et le Monde diplomatique et je prenais des notes.

Quand on m'invitait à une soirée, je refusais.

Quand on me proposait de faire du sport, je déclinais.

Une sortie au cinéma ? Je n'avais pas le temps. 

Rien ne pouvait me distraire de mon objectif.

J'ai eu le concours de justesse.

👉 On m'a dit qu'il était impossible de faire valider un stage en startup à l'étranger.

J'ai négocié pendant des semaines avec l'administration de Sciences Po.

Je n'ai pas hésité à ré-écrire l'offre de stage pour qu'elle colle aux critères.

J'ai fini par obtenir leur accord à l'usure.

👉 En 2013, je décide de faire un tour des capitales de l'Europe de l'Est seule avec mon sac à dos.

👉  En 2018, je réalise un trek au Népal pour gravir l'Anapurna. 

👉 En 2019, j'entame une semaine sans sucres, dont 4 jours de jeûne.

👉 En 2020, j'effectue une retraite silencieuse.

Je pourrais multiplier les exemples.

Je cherche toujours à dépasser mes limites quitte à me mettre en danger.

Retour au semi-marathon

Revenons à cette année de 2018.

Le jour du semi-marathon arrive.

Je suis impressionnée par le nombre de personnes sur la ligne de départ.

Nous devons être plus d'une centaine.

J'écoute les conversations autour de moi.

Certains sont des habitués, d'autres de grands débutants comme moi.

Ils échangent leurs objectifs :

  • améliorer leur chrono,
  • s'amuser,
  • arriver au bout ...

De mon côté, je ne parle à personne.

Je reste focus. Je veux finir en moins de 2 heures.

3-2-1 le départ est donné.

La course commence mal, très mal.

Après à peine 10 minutes, j'ai un point de côté.

Ce que je voulais éviter arrive.

Je suis partie trop vite et me suis laissée emportée par le rythme des autres.

Voilà ce qui arrive quand on n'écoute pas sa propre musique.

Du coup, les premiers kilomètres sont horribles.

Je souffre vraiment mais je m'accroche. Il est hors de question que je m'arrête.

Pas après toutes cette préparation, pas après tous ces efforts ! 

Oui, j'ai une tendance à dramatiser les non-évènements de ma vie.

Le point de côté finit par disparaitre, mais je ne vis pas bien ma course.

Je sens que je suis à la traîne.

Ma fréquence cardiaque est dans la zone rouge donc je ne peux pas accélérer.

Ma stratégie : attendre les deux derniers kilomètres avant de me cramer.

C'est ce que je fais. A l'arrivée, mon conjoint et une amie m'attendent le sourire aux lèvres.

Je ne les regarde même pas. Je ne pense qu'à une chose : récupérer mon chrono.

Je file demander mon temps. Le verdict tombe : 2h03.

Je me mets à pleurer.

Non, ce ne sont pas des larmes de joie. Je suis déçue, extrêmement déçue. À cela s'ajoute un exaspération contre moi-même.

J'ai raté mon objectif à moins de 4 minutes près. Je suis dégoutée.

Je n'ai jamais cru que l'important était de participer. N'est-ce pas ce que disent les perdants ? 

Mon conjoint et mon amie ne comprennent pas.

Ils me félicitent d'être allée au bout avec un score "admirable" pour une reprise. Cela ne faisait que 6 mois que je courais.

Ils me soufflent : allons fêter ça !

Je rétorque "fêter quoi ?".

Les gens sous-estiment à quel point je peux être compétitive.

Ma tentative pour lutter contre mon esprit de compétition

C'est vrai que j'ai essayé de gommer cet aspect de ma personnalité.

J'ai passé les deux dernières années de ma vie en cure de désintoxication.

Je n'ai côtoyé que des personnes qui étaient sorties de la Matrice.

J'ai pris un job où je pouvais avoir mon monopole personnel.

J'ai arrêté toutes les activités où il fallait un gagnant.

Quand j'ai lancé mon activité, je pensais donc sincèrement avoir dépassé ça.

Le problème : la vie conspire toujours contre nos tentatives de fuite.

Je le savais : l'entrepreneuriat est un milieu extrêmement compétitif.

Quels sont tes objectifs ? Combien de clients ? Combien de CA ?

Combien d'abonnés ? De vues ? De likes ? De commentaires ?

STOP !

J'ai passé deux ans de ma vie à côtoyer des moines pour déconditionner ce que 6 mois d'École de Commerce avaient réussi à semer dans ma tête.

En quelques semaines, je me voyais retomber dans cette Matrice.

Du coup, j'ai fait un rejet violent.

Quand on me demandait : quel était ton objectif ?

Je répondais : vivre en paix.

Quand on me demandait : qui veux-tu aider ?

Je répondais : moi-même.

Quand on me demandait : quel est ton business plan ?

Je répondais : savoir me contenter de mon RIB (=revenu indexé sur mes besoins).

Voilà à quoi ont ressemblé ces 6 premiers mois d'activité.

Mais il y a quelques jours, j'ai eu un déclic.

Je me suis rendu compte que le rejet n'était pas la solution.

La vérité sort de la bouche d'une chanteuse canadienne

Céline Dion a raison : on ne change pas.

Je suis et je resterais une personne compétitive.

Mais je peux le transformer en quelque chose de beau !

Au fond, le problème n'est pas la compétitivité, mais ce qu'on en fait.

Cet état d'esprit a des inconvénients, il m'a poussée à des excès et à des exigences folles envers les autres.

En réalité, je me suis fais avant tout souffrir moi-même. 

Mais c'est aussi grâce à lui que j'ai vécu mes plus belles expériences comme cette épopée pour assister à un lever du soleil sur la chaîne himalayenne

La compétition me pousse à toujours chercher l'excellence et à vouloir sans cesse dépasser mes frontières.

Pourquoi jeter le bébé avec l'eau du bain ?

Il faut juste savoir fixer des limites et choisir les bons indicateurs.

Quels indicateurs choisir ? 

Je suis en compétition contre deux de mes héros :

  • Victor Hugo,
  • Salvador Dali.

Se comparer à des personnalités mortes nous enlève toute pression.

Nous connaissons déjà la fin de leur histoire, nous n'avons pas besoin de traquer toutes leurs accomplissements.

L'histoire a aussi permis de révéler leurs faiblesses, on cesse de les idéaliser. 

Et puis ils ont mis la barre tellement haute qu'on ne peut espérer que les approcher. 

Quant aux indicateurs de réussite, ils dépendent bien sûr de nos valeurs.

Pour ma part, j'ai décidé de faire simple :

  • Est-ce que j'atteint mon revenu minimum indexé sur mes besoins ?
  • Est-ce que mon activité me permet de rencontrer des personnes qui m'aident à révéler cette part de moi-même encore inconnue ?
  • Est-ce que je contribue à ouvrir les horizons d'au moins une personne ? 

Embrasser la compétition ne fait pas de nous une mauvaise personne.

Il faut juste être clair avec qui nous sommes et ce que l'on veut vraiment.

C'est là toute la difficulté n'est-ce pas ?

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