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Le prologue -Animæ turbatae Animæ feræ
Fiction
Drame
calendar Publié le 31 juil. 2025
calendar Mis à jour le 31 juil. 2025
time 3 min

Le prologue -Animæ turbatae Animæ feræ



Elle ne m’a pas suppliée. Elle n’a pas pleuré. Elle s’est juste allongée. En silence. Comme si elle savait déjà que personne ne l’écouterait. Moi non plus. J’ai regardé ailleurs. J’ai dit les mots qu’on dit dans ces cas-là. J’ai fait ce qu’on attendait de moi. Et depuis, chaque nuit, je revois son visage. Je me dis que j’aurais pu dire non. Que j’aurais dû. Mais c’est trop tard. On m’appelle docteure. Mais je ne guéris rien.

...

Je l’ai fait pour une cause. Pour ceux qu’on n’écoute jamais. J’ai cru que c’était juste. Que ça annulait le reste. Mais la vérité, c’est qu’il sait. Il sait ce que j’ai signé. Il sait ce que j’ai couvert. Et maintenant, il me tient. Il n’a pas besoin de menacer. Il me regarde, c’est tout. Et moi, je me tais. Par loyauté, ou par peur. Peut-être les deux.

...

Il n’a pas changé tout de suite. Non. C’est ça, le pire. C’était progressif, presque doux. Comme un courant lent qui t’éloigne du rivage sans que tu t’en rendes compte. Il riait encore. Il disait “ça va”. Et moi, je ne voulais pas voir. J’ai préféré croire que ça passerait. Que c’était juste une mauvaise passe. Jusqu’à ce que je comprenne qu’il était déjà parti. Son corps encore là, mais son cœur ailleurs.

...

Il y a des gestes qu’on ne peut pas reprendre. Des gestes qui arrivent sans cri, sans préméditation. On dit que c’est le moment qui décide, pas nous. Pourtant, je me souviens très bien. Ce n’était pas un accident. C’était une envie mal placée, un vertige, une façon de fuir autre chose. Il a posé sa main, j’ai laissé faire. Et maintenant, je porte ça. Sans bruit. Avec le sourire, comme si de rien n’était.

...

Parfois, l’inspiration ressemble à un écho. Elle arrive sans prévenir, comme si elle avait toujours été là, posée quelque part en nous. J’ai juste assemblé ce que j’avais sous les yeux. Ce n’était pas un emprunt. Une forme d'hommage. C’était... une évidence. Comme si les choses cherchaient à exister à travers moi. Et quand les mots ont commencé à circuler les félicitations, les regards je n’ai rien dit, et lui n'a pas pu. Peut-être que ça valait mieux.

...

Nous savons attendre. Nous savons sourire. Nous savons tendre la main sans jamais trembler.

On nous prend pour des gens ordinaires, mais personne ne voit ce qui se cache derrière nos regards.

Quand nous choisissons, il est déjà trop tard. On ne s’enfuit pas de nous. Jamais.

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