Dix-sept heures quarante-deux
Dix-sept heures quarante-deux
Dix-sept heures quarante-deux
Le silence n'est pas une absence de bruit. C’est un hurlement que l'on finit par ne plus entendre, une note stridente et continue qui s'est installée dans les replis de mon cortex le jour où j'ai compris que je n’arriverais plus jamais à tricher avec la lumière du jour. Le monde est devenu trop fort, trop brillant, trop plein.
Dix-sept heures quarante-deux.
Le ciel a la couleur d'une carrosserie griffée, un gris métallique sale qui semble peser sur les toits.
Je suis sur le bord.
Le zinc de la corniche est une lame de rasoir sous mes pieds nus. Le froid est la seule chose qui me rappelle encore que j'ai une peau.
Derrière mes tempes, la pression est insoutenable. C'est une dilatation de l’espace où chaque seconde s’étire comme un élastique sur le point de claquer — un élastique qui retient toute la mélasse accumulée depuis des mois : les déceptions en cascade, les silences de plomb et ce sentiment d’être un étranger qui squatte son propre corps sans payer le loyer.
Maintenant.
Le pied quitte le dur.
Le centre de gravité se déplace. C’est traître. C
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de
Mathilde Rosati
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