Le bleu...
Le bleu...
Le bleu commence toujours en silence,
à la lisière d’un souvenir qui tremble.
C’est une encre calme qui coule sans prévenir,
un souffle posé dans la paume d’une pensée.
Il s’invite dans les marges du monde comme un rêve qui ne sait pas s’il veut naître
ou simplement flotter.
Il y a le bleu des salles obscures,
celui qui précède les histoires,
qui glisse sur les joues quand la lumière s’éteint
et que les visages deviennent des constellations humaines.
On y entend battre le cœur des films,
cette pulsation discrète qui nous promet qu’on ne sera pas seuls
dans la nuit qui vient.
Il y a le bleu de la mer,
toujours un peu sauvage,
insolent parfois,
mais tendre quand il décide de l’être.
Un bleu qui te renverse,
qui te nettoie les pensées,
qui te fait croire que tu peux recommencer
aussi souvent que les vagues le souhaitent.
Il porte des secrets anciens, l’odeur du sel,
le goût d’un été que l’on n’a jamais fini de vivre.
Et puis le bleu du ciel,
immense, indécis,
entre l’envol et la chute.
Un bleu qui élargit la cage thoracique,
qui desserre les pensées serrées,
qui te prend par la main sans rien dire
pour te rappeler que la hauteur existe.
Un bleu qui s’étire comme une promesse,
comme un premier matin après une longue nuit.
Mais il y a surtout le bleu intérieur,
celui que personne ne voit.
Un bleu qui dort derrière les paupières,
qui s’éveille au moindre souffle de musique
ou à la caresse d’un souvenir.
Il a la douceur des mots qu’on ne dit jamais,
la fragilité d’une vérité qu’on garde pour soi.
Il pulse dans les veines, comme un phare discret,
comme une respiration qui traverse les années.
Ce bleu-là, intime et sans nom,
est fait de tout ce qu’on a perdu
et de tout ce qu’on a aimé trop fort.
Il se glisse dans nos pas,
dans les lettres que l’on n’envoie pas,
dans les histoires que l’on réinvente.
C’est un bleu qui console, qui écoute,
qui relie les mondes.
Un bleu universel,
posé juste au bord du cœur,
où commence la lumière.
Contribuer
Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur

