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Dayrizoar : Ch. 3

Dayrizoar : Ch. 3

Publié le 19 oct. 2023 Mis à jour le 19 oct. 2023 Culture Culture
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Dayrizoar : Ch. 3

Le jour se lève, c'est l'heure de l'exécution du plan, mûrement réfléchi la veille.

Premièrement, arriver en avance ! Une heure d'avance, c'est peut-être trop mais il a démarré dix minutes avant les autres grâce à cela. Et voilà six bidons qu'on ne lui volera pas ! Il en faut encore six autres, avant de révéler son potentiel et sa maîtrise.

Deuxième partie du plan, il prend un bidon, commence le trajet puis le jette au milieu et s'en va. Les autres, qui attendaient qu'il s'approche de la zone de dépôt pour se défouler sur lui, en sont très contrariés. Et ils le regardent continuer à rapprocher d'autres bidons et à les laisser au milieu. Certains s'approchent pour finir le trajet entamé en se regardant avec méfiance. Si le désactivé ne sert plus de gibier, ils vont devoir se battre entre eux. Ravi de la scène, Dayrizoar se cache à un endroit stratégique, mais dangereux. Il ne peut pas faire autrement, ses capacités réduites ne lui permettent pas de récupérer les bidons auprès des autres.

Plus personne ne fait attention à lui. La guerre est déclarée entre les augmentés. Un bidon est déposé, puis deux, trois, quatre. Un cinquième après une lutte acharnée. L'un d'entre eux se débrouille particulièrement bien et en a déjà quatre à son actif. Il jette un œil sur le compteur, pour savourer sa supériorité, et voit qu'il est toujours à zéro ! Il hurle d'arrêter et montre tous les compteurs à zéro. Tous, sauf un qui est à onze, celui de Dayrizoar. Ils se tournent alors vers la zone de dépôt pour le voir déposer le douzième, celui qu'il lui manquait et qu'il a pu récupérer pendant qu'ils regardaient ailleurs. Il le pose, réclame sa paie immédiatement, signifie qu'il souhaite réactiver son augmentation et, alors que les autres se jettent sur lui pour lui faire payer sa traître ruse, les règles changent et les prédateurs deviennent les proies.

Comment fonctionne l'augmentation ? Son nom pourrait être quelque peu trompeur. C'est en réalité un multiplicateur de capacités. Plus la personne a des muscles développés, à l'origine, plus l'augmentation sera efficace sur la musculature, de même pour les capacités intellectuelles, la rapidité, l'agilité, etc. L'autre partie importante, et souvent négligée, est la bonne tolérance du corps pour cette cohabitation technologique. Plus c'est toléré par l'organisme, plus les effets sont accrus. On peut même arriver à un stade de synergie parfaite, ce qui est extrêmement rare et n'est pas le cas de Dayrizoar. En revanche, il a très bien toléré les modifications !

Après un échange vigoureux entre collègues, on le laisse finalement prendre ses bidons et faire ce qu'il veut. Les autres se battent de nouveau entre eux et il n'a qu'à faire des allées et venues, sans être inquiété. Il est vraiment ravi de s'être caché derrière la zone de dépôt. Ainsi, il était le dernier à toucher le bidon et validait les points pour son propre compteur, au détriment de celui qui l'avait posé. Il s'attendait à ce que cela ne dure pas longtemps car ils allaient forcément finir par voir les compteurs et le chercher afin que cela s'arrête. Il termine donc la journée avec 234 bidons enregistrés et reprend ses droits dans sa maison. Il réactive son contacteur et appelle immédiatement son gestionnaire de compte pour changer mots de passe et identifiants, extraire son compte de la cellule actuelle pour le mettre dans une autre, plus chère mais plus sécurisée, ainsi que d'autres démarches utiles.

Enfin tranquillisé sur ce point. Il réfléchit. Il se retrouve donc viré de chez BossBot pour sa recherche de profil féminin compatible avec ses besoins. C'est la blague du siècle ! S'il n'en était pas la victime, il en aurait probablement ri jusqu'à s'étouffer. Mais non, c'est bien vrai, sa recherche de contacts intimes et d'amour, tout ce qu'il y a de plus humain, vient de ruiner sa vie !

Ses pensées l'emmènent auprès de Cordialise. Il décide d'aller lui donner des nouvelles. Il part donc et se rend au poste. On lui explique qu'elle a été mutée vers une destination qu'elle demandait depuis des lustres et qu'elle n'avait pas pris le temps de le dire à tout le monde car elle n'avait qu'une heure pour boucler toutes ses affaires et l'administratif.

"Une heure pour les affaires ET l'administratif ?!"

"Comme je vous le dis ! Et, en plus, elle a réussi à le faire ! C'est la partie relationnelle qu'elle a été obligée de laisser tomber, par contre."

Un autre employé arrive alors.

"Vous êtes Dayrizoar, j'imagine ?"

"Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous ?"

"Elle a laissé un message pour vous."

"Oh ! Merci de me l'avoir transmis !"

"Je vous en prie !"

Dayrizoar ouvre le message qui lui dit simplement qu'elle a pu voir que son augmentation est à nouveau active et qu'elle en est ravie pour lui. Elle dit également où elle a été mutée et qu'il vaut mieux qu'il ne vienne pas la voir là-bas.

"Il vaut mieux que je ne vienne pas la voir là-bas ?"

"C'est ce qui est écrit ?"

"Excusez-moi, j'ai lu tout haut ! Mais oui, c'est bien écrit."

"Vous êtes une menace pour chacun et chacune d'entre nous à cause des mots-clés, monsieur Dayrizoar. Comprenez-le vite. Si vous voulez protéger cette femme, fuyez-la désormais !"

"À ce point ? Vous êtes sérieux ?"

"Absolument. C'est le protocole."

"Mince alors ! Avez-vous conscience que je ne le savais pas ? Pourquoi faudrait-il punir avant même de mettre des solutions en place et d'informer les gens ?"

Dayrizoar comprend rapidement qu'il est allé trop loin. Il remercie et prend immédiatement la fuite, bientôt suivi par une partie de l'équipe du poste. Être un danger pour quelqu'un, c'est une chose, être recherché pour remettre en cause les décisions du haut conseil en est une autre.

Les agents du poste H2PA prennent la direction de leurs véhicules, sauf un qui lui court après, afin de ne pas le perdre de vue.

Il faut absolument le semer, avant que les autres n'arrivent, puis désactiver son augmentation et son contacteur, pour ne plus être localisé. Son poursuivant n'est pas aussi bon mais clairement bien tolérant envers son amplification. Il va sûrement falloir le ralentir avec un effet de surprise.

Les rues défilent, la fatigue n'existe plus, le rythme, frénétique. Leurs pas s'impriment à certains endroits, sur le sol dégradé, ramolli par la chaleur et écrasé par la puissance de l'impact. Les véhicules sont partis. Il l'a entendu dans l'oreillette de l'agent.

La surprise apparaît enfin, de la manière la plus drôle qui soit, un vrai clin d'œil à sa situation actuelle. Un bidon vide, là, accessible, le long du parcours qu'ils suivent. Il l'attrape, dans sa course, tourne sur lui-même et l'agent vient s'écraser dedans jusqu'à en perforer la paroi, pourtant solide, avec son armature métallique.

Dayrizoar continue sa fuite, l'agent devrait s'en sortir, après quelques jours de repos. Il veille à ses traces de pas, il désactive, comme prévu, tout ce qui permettrait de le tracer, puis continue à courir, malgré la douleur.

Les vaisseaux passent tout près, les données physiques sont précises, il ne peut pas se permettre d'entrer dans le champ de vision des agents. Une porte non verrouillée, il la pousse et entre.

À l'intérieur, tout est très ancien. On dirait presque un musée des humains d'autrefois. Il y a presque uniquement du mobilier en bois, pas très optimisé, sans aucune fonctionnalité pour simplifier ou accélérer leur utilisation. Dayrizoar découvre tout cela avec grand intérêt, c'est incroyable de se dire que des personnes vivent avec ces vieilleries de nos jours, sans que personne ne le sache, et ne leur enlève, afin de les envoyer dans les réserves du patrimoine historique. Sachant que ce sera utilisé pour tester de nouvelles technologies, comme la téléportation, par exemple.

Il patiente. Personne ne semble vivre ici. Il a lu quelques livres d'histoire, dans lesquels on parle de zones publiques de repos temporaire, pour les nomades. Peut-être que quelqu'un a eu la volonté d'en installer une ici. L'ambiance y est agréable quoiqu'il en soit. Soudain, quelqu'un entre. Dayrizoar n'a pas le temps de se cacher, il prend le premier papier qui traîne et l'ouvre en grand pour cacher son visage. Ça aussi, la lecture du journal, barrière publique préférée des grandes villes, à l'époque.

"Bonjour Monsieur, je ne vous connais pas, vous n'êtes pas du quartier n'est-ce pas ?"

"Hmm, hmm."

"Je vous ennuie peut-être ? Si vous voulez je peux vous aider à être moins ennuyé et aller chercher ces agents qui sont probablement aux trousses de quelqu'un qui n'est pas du quartier."

Dayrizoar baisse le document et regarde son interlocuteur. C'est un jeune homme, aux cheveux sales et gras, c'est la première chose qui lui saute aux yeux. Il ne semble ni sortir de chez lui souvent, ni avoir de quelconques compétences dans le relationnel.

"Que me voulez-vous exactement ?"

"Savoir ce que vous faites ici."

"Vous le savez déjà, puisque vous avez dit que j'ai échappé à deux agents véhiculés."

"Certes ! Mais il y a une raison et c'est cette raison que je veux connaître."

"Doutes exprimés sur les décisions du haut conseil devant ces mêmes agents."

"Ah ! Ça me plaît comme motif ! Et les doutes exprimés portaient sur quel sujet ?"

"Avoir une compagne mais pas en mode sans contact, pour changer."

"Je vois. C'est frustrant, pas vrai ?"

"Ce n'est pas ça le souci, c'est le fait de ne pas pouvoir ne serait-ce qu'en exprimer le souhait !"

"Bien, je comprends pourquoi vous êtes déclaré comme dangereux, à présent. Vous êtes même du genre convaincant."

"Merci du compliment, vous êtes aussi un agent, c'est ça ?"

"Exact, vous pouvez vous rendre immédiatement ou bien essayer de fuir et rendre la tâche plus amusante."

"Pourquoi essayer, lorsqu'on peut tout simplement le faire ? Belle fin de journée à vous, Monsieur, au plaisir de ne pas vous revoir !"

Il active alors son augmentation et sort tranquillement du bâtiment, l'agent ne prend même pas la peine de le suivre, sachant ce qui l'attend dehors. Deux véhicules, une douzaine d'unités au sol, Dayrizoar n'en revient pas.

"Tout ça, pour moi ? J'en suis flatté !"

"Vous êtes en état d'arrestation ! Rendez-vous immédiatement !"

"Il y a une seconde option que vous omettez !"

Il part alors comme une fusée, bousculant deux agents, plus frêles que les autres et pris par l'effet de surprise. Les véhicules et le reste des mobilisés se lancent à sa poursuite, le sourire aux lèvres, enfin un peu d'action !

Un coup de pied latéral et un agent part s'enfoncer dans le bâtiment d'à-côté. Un deuxième est en approche, Dayrizoar essaie, principalement, de ne pas être submergé.

Arrêt brutal, bras gauche plié pour l'accueillir avec le coude, le deuxième fait quelques tours avant de s'affaler par terre, un vieux coup en traître toujours aussi efficace.

Les deux vaisseaux arrivent. C'est une zone civile, ils ne peuvent pas le mitrailler, il faut absolument tirer avantage de cette situation. Au détour d'une voie, il prend appui sur le mur et saute, laissant un cratère sur celui-ci, et atteint un premier agent, pied en avant, l'éjectant du navigateur. Afin d'éviter le crash de l'appareil, Dayrizoar lance le pilotage automatique... avant de réaliser son erreur ! En effet, l'appareil est actuellement verrouillé sur sa propre personne, pour la mission. En pilote automatique, il essaie donc d'atteindre la cible qui est actuellement assise sur le siège conducteur. Il part alors dans une folle rotation aérienne. Le second agent descend un peu en altitude, afin de tirer vers le ciel, ce qu'il fait, sans scrupules. Dayrizoar est désorienté par le tourniquet imprévu et a du mal à se concentrer dans ces conditions. Il appuie à nouveau sur le pilotage automatique pour le désactiver et les premiers tirs atteignent son vaisseau.

Il oblige alors son véhicule à descendre, le positionne à l'envers, prend appui au sol et l'envoie en plein dans le second. Les deux s'écrasent l'un contre l'autre avant de répéter l'opération, à terre. Il reste dix agents aptes à le suivre.

Désactivation de l'augmentation.

Dayrizoar profite d'être seul un instant pour chercher de quoi se cacher efficacement. Son cerveau souffre beaucoup des activations et désactivations répétées, ainsi que ses muscles, raidis et douloureux. Il toque à une porte, on lui ouvre, il entre.

"Que voulez-vous ? Nous avons bien vu que vous êtes poursuivi par les agents !"

"Ce que je voulais, c'était un peu d'amour. Et j'ai tout perdu à cause de cela. Si vous voulez bien me donner quelque chose à manger et à boire, ce n'est pas de refus. Sinon je vous laisse, je ne veux pas vous causer d'ennuis."

"D'accord, tenez, un Fuzzy Boost et une barre Proteïanique, allez-vous-en maintenant, cela vaut mieux pour tout le monde."

"Merci du fond du cœur, puis-je juste sortir par l'étage, s'il vous plaît ?"

"Très bien, mais vite, je vous en prie !"

"Merci de votre gentillesse et de votre compréhension, ça me manquait beaucoup ces derniers jours."

Il monte rapidement et sort par un hublot, donnant sur le côté opposé de la place qu'il vient de quitter. Il entend les agents chercher partout, ils vont bientôt sauter sur les toits pour prendre de la hauteur, il vaut mieux se dépêcher ! Il passe sur le toit de la maison d'à-côté, sans difficulté, puisque les deux sont collées. Il se laisse glisser, le long du toit, puis descend dans la ruelle, s'éloignant toujours de la place.

Dayrizoar progresse dans les rues, serpente, puis se souvient, subitement, qu'il y a des caméras partout. Lorsqu'on n'en a rien à craindre et pas besoin, on oublie qu'elles sont là, elles font partie du quotidien, du décor, où qu'on aille, ou presque. Ce n'est donc pas étonnant qu'on l'ait trouvé tout à l'heure.

Il réactive ses capacités et se dirige immédiatement vers la zone hors contrôle, celle de toutes les démarches frauduleuses, dirigée par les mercenaires, abritant crapules, voleurs, tous les oubliés de la société et les "sauvages".

"Sérieusement ! Après toutes ces années comme citoyen modèle, avec mon augmentation bien tolérée, partir là-bas, quelle ridicule déchéance, quelles perspectives réduites pour mon avenir et ma survie. Tout ça pour si peu ? Ils sont complètement fous !"

Les agents BossBot se sont multipliés, rejoints par les forces de l'ordre du haut conseil. La distance qui le sépare de la zone hors contrôle lui semble impossible à parcourir indemne. Les effets secondaires des alternances avec ou sans augmentation se font ressentir fortement.

"Le plus étrange dans tout cela, c'est qu'on me laisse utiliser mon augmentation, tout en étant à ma poursuite ! Si c'est parce que le client est roi, aujourd'hui, ça me convient plutôt bien !"

Les premiers impacts des armes se rapprochent, il entre bientôt dans le champ de tir des agents.

L'agent, lisant le journal, après que Dayrizoar soit sorti.

 

Histoire originale de mon invention, images obtenues par intelligence artificielle sur Nightcafé Studio, tous droits réservés, Alban Vivicorsi

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