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Fernand zig et zag.
Fiction
Conte
calendar Publié le 29 oct. 2026
calendar Mis à jour le 29 oct. 2026
time 4 min
Tous publics

Fernand zig et zag.

C’est une journée d’octobre qui se lève au même moment que Fernand. Il met donc de coté la petite feuille qui le recouvre, s’assoit quelques instants, le temps qu’il faut à son esprit pour retrouver le chemin de la réalité.


Une fois ses sens retrouvés, il prépare cérémonieusement, comme chaque matin, son petit thé en y ajoutant un petit gâteau offert par Sébastien le petit cochon, ce qui est un fort beau cadeau de la part d’un petit cochon se dit-il car les petits cochons n’aiment pas vraiment se séparer des leurs gâteaux.


Une fois les feuilles bien immergées, l’eau bien teintée, Fernand sentit ses sens se réchauffer à un à un, tranquillement, alors qu’il versait le thé dans sa petite tasse en forme de cochon.


Puis lorsque le thé fut versé, Fernand contempla avec un sentiment singulier le thé et les ondes qui petit à petit se calmaient pour qu’enfin cette eau dorée devienne un miroir teinté. En regardant son reflet dans ce thé fumant, dans le silence léger d’une belle journée d’automne, les pensées de Fernand s’arrêtèrent pour se fondre dans l’atmosphère de l’esprit.


Fernand se tenait au dessus de sa tasse et la contemplait, sans angoisse, sans distraction, simplement le regard plongé dans cet humide reflet doré.


Il se plongea dans le regard de celui qui était immergé dans ce thé, au départ il lui semblait familier, paisible, tranquille et réconfortant. Petit à petit il se plonge dans le regard de celui qui lui semble être un double plutôt qu’un reflet. Il ne pouvait s’empêcher d’observer celui qui imitait ses mouvements inversés et plongait dans ce regard à la fois tourmenté et paisible.


Puis, sans crier gare, ce visage immergé se mit à devenir anxieux, le regard devint sombre, l’eau se troubla dans des ondes rendant ce visage méconnaissable, puis le thé, comme déchaîné, s’approcha avec péril du bord de la tasse. Ce phénomène perturba Fernand qui ne sut vraiment que faire.


Il finit alors par boire ce thé en une seule fois, comme pour conjurer cette perturbante vision. Encore un peu anxieux, il mangea son petit gâteau et s’apprêta à sortir comme chaque jour.


Une fois sorti de sa petite fissure, marchant sur le trottoir, Fernand eut une sensation étrange comme si il était accompagné d’une présence, une présence pleine d’anxiété qui marchait à ses côtés, il pouvait ainsi sentir cette énergie tourmentée. Au fil des pas, il sentit que cette présence se rapprochait de lui, sentit ainsi son anxiété monter, puis lorsqu’il arriva au carrefour, cette présence fusionna complètement avec lui, l’anxiété de ce personnage obscure se fixa dans son esprit et lui bloqua tous les membres. Il resta bloqué sur ce coin de pavé, comme saisit par une peur insurmontable. Une seconde plus tard, sur sa trajectoire un engin à deux roues fit un grand zigzague à tout allure, filant à tout allure à quelques millimètres de Fernand. Si il n’avait pas été bloqué par cette présence terrifiante, notre Fernand ne serait plus.


Anatole le petit chien Russe, assista à la scène et s’approcha du petit Fernand.


« Priviet cher lézard, dites-moi vous l’avez échappé belle, un peu plus et nous avions des pirojkis de lézard »


« Mon bon chien, vous avez raison, bien que cela ne soit pas que le fruit du hasard, vraisemblablement. »


« Que voulez-vous dire ? »


« Oubliez cela, il y a des choses qui doivent rester discrètement installées dans le mystère. »


Nos deux amis poursuivirent ainsi leur chemin en ayant toujours à l’esprit la précarité de l’existence, précarité stimulée par les absurdités mécaniques humaines. Vroom !





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