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À l’Ombre des Mots
Fiction
Aventure
calendar Publié le 20 août 2026
calendar Mis à jour le 20 août 2026
time 23 min
Label de transparence créative
Tous publics
Image / Image humaine
Texte / Création humaine

À l’Ombre des Mots

Chroniques décousues d'une jeune fille déconfite



Chapitre 1


Je suis assise sur mon lit, le dos calé contre mon oreiller et je tiens un roman que je referme en glissant mon index entre les pages du livre. J'ai encore en tête la description d'un superbe manoir construit au bord d'une falaise surplombant la mer. Je me promène à l'intérieur de ce petit château. Dorénavant, je vis ici, avec le ténébreux et séduisant héros imaginaire du roman (qui m'aime passionnément, évidemment).


Je m’abandonne agréablement aux divagations de mon esprit. Je me perds souvent dans mes rêves, au point d’éprouver de grandes difficultés à soutenir durablement mon attention. Je mesure toute l’étendue du problème lorsque j’essaie d’écouter les cours au collège. Pour autant, je crois que cette imagination féconde, que j’ai un peu de mal à canaliser pour le moment, est un atout pour mon futur métier car je serai écrivain, plus tard ; les livres m’ont toujours vivement intéressée, un signe qui ne trompe pas selon moi. En outre, depuis le primaire, à l’opposé de la plupart de mes camarades de classe, j’ai toujours rédigé avec facilité et plaisir les rédactions que nous imposaient les institutrices. J’obtiens toujours de bonnes notes sans fournir le moindre effort. J’en suis tout naturellement arrivée à la conclusion qu’un certain talent, voire un talent certain, m’a été octroyé.


Je me détourne de mon roman en le laissant provisoirement sur mon lit, et je m’installe à mon bureau où je m’empare de mon journal intime. Quand j’ai commencé à tenir mon journal, j’étais fermement décidée à écrire quotidiennement dans mon cahier parce que j’étais persuadée qu’il était important que j’établisse un suivi rigoureux de mes réflexions afin de pouvoir démêler les méandres de mon esprit. Je croyais parvenir, de cette façon, à saisir certaines choses qui m’échappent parfois dans mon comportement, et donc dans ma manière de raisonner. J’étais également motivée par l’idée qu’en écrivant avec régularité, j’améliorerai ma composition. Mais j’ai rapidement oublié mes bonnes résolutions. De temps à autre, elles me reviennent brusquement à l’esprit et je reprends, pour un temps, ma rédaction en me morigénant pour ma négligence.


J’ouvre mon cahier et, le stylo à la main, je réfléchis pour ordonner au mieux mes pensées. Aujourd’hui, c’est le jour de la sainte Apolline. Le jour de ma fête puisque je m’appelle Apolline. Ma mère m’a raconté que pour choisir mon prénom, elle, mon père et mon frère aîné ont tiré au sort. J’aurais pu m’appeler Gwenaëlle ou Anne. Anne, c’était une idée de mon frère Bernard. Je déteste ce prénom. Je frémis d’horreur en pensant que j’ai failli en être affublée toute ma vie ! Ces deux syllabes sont tellement fades qu’elles en deviennent écœurantes, sans parler de l’animal auquel ce mot renvoie. Gwenaëlle, un prénom proposé par ma mère qui le croyait original. Heureusement pour moi, c’est mon père qui l’a remporté.


Apolline, ce prénom me plaît. Il évoque la douceur et le romantisme. Des mots qui ne me correspondent pas réellement, mais j’aime ce qu’ils représentent. Après tout, je n’ai que douze ans, ma personnalité n’est pas encore totalement définie.


Je suis du signe du scorpion (j’accordais un intérêt crédule à l’astrologie, procédé fallacieux déjà envahissant à cette époque-là). Si j’étais née un jour plus tôt, j’aurais hérité du signe de la balance. Je connais mal les signes du zodiaque, excepté le mien, mais je sais que la balance pèse toujours le pour et le contre, qu’elle peine à prendre des décisions et que les conflits la perturbent. Un signe faible… alors que pour le scorpion, il en va autrement ! Le fier scorpion a bien plus de panache que cette pauvre balance instable, susceptible d’osciller longuement d’un côté, puis de l’autre. Le symbole du scorpion révèle une personnalité puissante, inquiétante, envoûtante. En toute honnêteté, je pense que ce signe convient à ma personnalité. Je suis indéniablement dotée d’un caractère fort. Quant au côté envoutant, mon pouvoir d’attraction n’est pas encore très développé à cause de mon jeune âge, mais je ne doute pas qu’avec les années, je deviendrai irrésistible.


En réalité, ces "convictions" vis-à-vis de mes qualités, découlent de rêves qui me réconfortent face à un moral défaillant. Je tente de me rassurer en me disant que j’ai tout de même la chance d’être considérée comme une fille plutôt jolie. Ma chevelure incroyablement blonde (malheureusement également incroyablement raide) tombe jusqu’au bas de mon dos, suscitant une certaine jalousie de la part des autres filles. Tout le monde s’accorde pour qualifier mes yeux de "beaux" et mon sourire de "charmant". Le seul souci concerne mon poids. Je suis affligée de quatre kilos excédentaires qui se sont concentrés sur mes hanches. J’ai constaté le désastre lorsque j’ai dû lutter pour fermer le bouton de mon pantalon noir. Et moi qui m’étais imaginée que je ne connaitrais jamais de problème de poids car jusque-là, j’avais toujours mangé tout ce que je voulais sans me préoccuper de grossir. Afin de corriger ce manque d’harmonie dans mon apparence, j’ai entamé un régime composé principalement de légumes, d’œufs et d’un peu de viande. Comme nous ne possédons pas de pèse-personne à la maison, je dirais, à la façon dont je commence à me sentir à l’aise dans mes vêtements, que j’ai perdu environ deux kilos. Plus que deux ou trois à perdre, et je pourrais rivaliser avec les sylphides que je croise au collège.


J’entreprends régulièrement des régimes auxquels je renonce généralement au bout de deux ou trois jours, vaincue par la faim, mais cette fois je suis déterminée à atteindre mon but.


En attendant de parader, puisque je me trouve vraiment disgracieuse avec ce surplus de graisse, je tente de passer inaperçue en gommant certains aspects de ma féminité. J’enfile invariablement des baskets et je tente de dissimuler mes formes sous des pulls ou des chemises longues et amples, aux couleurs sobres. Je ne possède pas beaucoup de vêtements, alors j’en emprunte à mon père et à Bernard, mon grand frère. Mon père ne proteste pas, en revanche, Bernard a clairement manifesté son mécontentement. Je vais donc arrêter de me servir dans sa réserve de pulls avant qu’il ne s’énerve pour de bon. Dommage, les pulls de Bernard sont ceux que je préfère, même s’ils ont un peu souffert, de même que l’ensemble du linge de la maisonnée, en raison de lavage à trop forte température. Mes hauts pendent mollement autour de mon corps, en cachant mes imperfections juste comme il faut.


J’aimerais tellement m’habiller comme certaines filles que je côtoie ! Comme j’apprécierais de pouvoir me pavaner dans un jean, épousant étroitement les formes (parfaites) de mon corps, et un joli maillot, et me chausser de délicates petites ballerines. Mais je ne peux pas me le permettre. Je me console en me disant que contrairement à ces filles, je possède la capacité de manier adroitement les mots, en tous cas sur le papier.


Je ressens fréquemment le désir d’écrire, de créer un monde qui serait mon monde. L’envie de saisir un stylo, d’ouvrir un cahier et d’en noircir les pages… L’envie d’affirmer (secrètement) ma différence avec les autres adolescents. Je fais partie des privilégiés possédant des dispositions pour un art difficile et solitaire. Mais jusqu’à présent, je me suis surtout contentée de rêver qu’un jour je serais écrivain, sans réussir à rassembler suffisamment de courage et de ténacité pour concrétiser mon rêve. Excepté une fois, en dernière année de primaire, avec mon amie Anne-Laure. Nous avions inventé une histoire de monstre combattu par deux enfants. Nous écrivions un chapitre, chacune notre tour. Nous ne suivions aucun plan, nous nous laissions guider par notre inspiration.


J’ai remarqué immédiatement qu’Anne-Laure écrivait comme un pied. Mais je me suis abstenue de lui révéler le fond de ma pensée car elle m’aurait certainement plantée là avec mon livre et, privée de l’aspect ludique de notre collaboration, je n’aurais pas persévéré. De plus, la niaiserie des pages qu’elle remplissait mettait en valeur, par contraste, la qualité des miennes. Notre petite entreprise a cependant fini par nous lasser. L’une de nous deux a oublié de s’acquitter de son devoir de scribouillarde et l’autre s’est gardée d’y faire allusion. Donc, à part cette piètre tentative littéraire, les rédactions à l’école et les confidences que je livre parfois dans mon journal, je n’ai jamais rien écrit. Mais je demeure persuadée qu’un jour je parviendrai à mener à bien ma visée. Rien ne presse. Je dois d’abord apprendre à me concentrer. Je dois empêcher des pensées importunes de me balader n’importe où. Le problème étant qu’elles surgissent subitement et que je ne les contrôle pas. Elles me distraient, m’accaparent, pour finalement m’abêtir.


Je gâche une bonne partie de ma vie à rêvasser au lieu de m’intéresser à ce qui m’entoure, avec pour résultat qu’il me manque des petits bouts d’existence qui, joints les uns aux autres, forment peu à peu un grand vide. Souvent, pendant les cours, je m’assieds dans la salle de classe en me répétant :


« À partir de maintenant, tu écoutes attentivement le cours du début à la fin, sans le moindre temps mort. »


Aussi, lorsque le professeur attaque son monologue, je m’attache à fixer mon attention sur chacune des paroles qu’il prononce mais, invariablement, mes pensées m’entraînent ailleurs. Je m’égare dans un tourbillon d’images et de son. Mon esprit fébrile élabore des scénarios grisants dans lesquels j’évolue avec légèreté. Il invente des scènes où je me pose en héroïne et en rejoue d’autres qu’il modifie à mon avantage. Il sait parfaitement adapter mon comportement à toutes les situations. Il me transforme en une personne sûre d’elle, courageuse et entreprenante. Il chasse fermement la timidité, les maladresses, les appréhensions… Tout le monde m’admire !


Mon frère Romuald me tire de mes réflexions en m’appelant pour dîner. Je referme mon journal et le replace dans son tiroir.


Mes parents louent une maison comprenant quatre chambres. J’ai la chance qu’ils m’en aient attribué une pour moi seule, située au rez-de-chaussée. Attenante à ma chambre, il y a celle de Romuald et Alain, qui dorment dans des lits superposés, avec aussi le lit de Bernard qui occupe une bonne partie de l’espace restant. Blandine et Gilles, le benjamin, partagent l’une des chambres du premier, celle qui conduit au grenier. Quant aux parents, ils occupent la chambre au bout du couloir, près de la salle de séjour.


Je pousse la porte entrebâillée de ladite salle. Le couvert est dressé sur la grande table ronde en bois sombre et tout le monde trempe en silence sa cuillère dans une assiette creuse pleine de soupe aux vermicelles. Je saisis le dossier de ma chaise, pour la tirer vers moi, en regardant, abattue, le contenu de mon assiette.


J’avale chaque cuillérée de soupe aux vermicelles en bloquant ma respiration dans l’espoir de refouler la nausée qui menace de s’installer. Presque tous les soirs nous avons droit à cette soupe infâme dont ma mère raffole. Je crains trop la réaction de mes parents pour me rebeller. J’ingurgite stoïquement la mixture, les yeux vrillés, comme les autres, sur la vieille télé en noir et blanc qui trône dans un coin du salon.


À l’écran, Alain Delon s’applique crânement à incarner son personnage. Ma mère apprécie beaucoup cet acteur, pas moi. Sa beauté m’indiffère. Il me semble qu’il se prend un peu trop au sérieux. De plus, il joue souvent dans des films que je trouve déprimants. Mais je ne me permets aucune plainte au sujet du programme de télévision à cause de la peur que m’inspire mon père, et parce qu’il y a encore quelques mois à peine, j’étais forcée d’aller dormir à vingt heure trente. J’ai convaincu ma mère que mon nouveau statut d’adolescente m’autorisait à veiller plus tard le soir. Mes frères et ma sœur ont alors pinaillé pour regarder, eux aussi, la télé plus longtemps et ma mère, soi-disant pour des raisons d’équité, leur a aussi donné la permission de rester avec nous alors qu’ils sont tous plus jeunes que moi ! Moi, j’ai dû patienter jusqu’à mes douze ans pour obtenir ce privilège.


Nous avons achevé la soupe. Ma mère apporte un plat de saucisses accompagnées de pâtes collantes. Elle cuit toujours trop les pâtes. En fait, elle ne sait pas cuisiner. Elle dit que préparer le repas prend du temps et que c’est décourageant parce que les plats sont mangés en cinq minutes.


Pendant que ma mère débarrasse la table, nous nous asseyons sur le canapé défraichi ou sur le confortable fauteuil, placé à proximité. Sauf mon père. Bizarrement (et heureusement), il ne quitte jamais sa chaise et suit le film depuis la table à manger.


Ma mère a fini la vaisselle et nous rejoint sur le canapé. Aucun d’entre nous ne l’aide pour les tâches ménagères, en dehors de mon père qui cuisine parfois. Elle a bien essayé de m’enrôler pour la corvée de vaisselle quand j’ai atteint une dizaine d’années, mais lorsque j’ai remarqué que mon frère Romuald en était dispensé sous le prétexte que le ménage serait réservé aux filles, je me suis révoltée. Depuis, je ne m’en préoccupe plus.


Avec mon amie Rachel, nous nous sommes amusées, en citant divers exemples, à renchérir pour désigner celle de nous deux qui s’impliquait le moins à la maison pour le ménage et j’ai songé, avec une pointe de culpabilité, que je me suis empressée d’écarter, que nous étions bien paresseuses et ingrates.


Je ne me donne même pas la peine de ranger ma propre chambre, bien que le capharnaüm régnant me rende un peu honteuse, avec mon oreiller piteusement déformé par le renfoncement imprimé par ma tête au cours de la nuit, les draps et les couvertures entremêlés, avachis sur le lit, les papiers froissés, les livres éparpillés sur le sol et le léger voile de poussière qui les recouvre. Sans parler de la fenêtre, aux carreaux douteux, que je n’ai jamais nettoyée. Il n’en reste pas moins que la vue d’une fenêtre aux carreaux malpropres ne me dérange pas vraiment. Qui plus est, les rideaux dissimulent la saleté. Je suis habituée à cet état de chose, mais j’apprécierais pourtant grandement que ma chambre soit impeccablement tenue.


Ma mère m’a épatée, il y a quelques mois ; un après-midi, alors que je revenais du collège, elle m’a annoncé, la mine enjouée, qu’une surprise m’attendait dans ma chambre. Intriguée, je me suis précipitée et je n’ai pas été déçue : elle m’avait acheté un lit neuf, une charmante petite table de nuit avec un tiroir à la poignée arrondie (c’était la première fois que je possédais une table de nuit !) et, le plus génial, un beau bureau pour moi toute seule ! Le meuble est composé d’une table de travail comportant des tiroirs aux poignées rondes, assorties à la table de nuit, et cette table est surmontée d’une étagère fermée par deux petites portes aux poignées également arrondies (ce détail me ravit). J’ai remercié ma mère avec effusion. Je ne me lasse pas d’admirer ces jolis meubles que ma mère m’a offerts. Elle a également offert des lits neufs à mes frères et à ma sœur, mais je suis la seule à pouvoir profiter d’une table de nuit et d’un grand bureau. Le cadeau que ma mère m’a fait compte beaucoup pour moi parce que je sais que mes parents sont contrariés par des problèmes d’argent récurrents.


Remplie d’allégresse, je me promets que, dorénavant, ma chambre sera toujours parfaitement rangée. Une promesse que je n’ai pas tenue. À la simple idée de me baisser pour ramasser le fouillis qui traîne par terre, je suis terrassée par le découragement. Une lassitude pernicieuse m’empêche d’agir comme je le voudrais et me réduit souvent à végéter devant la télévision ou à me réfugier passivement dans mes livres. La même apathie empreinte de malaise m’engourdit dès que je pense à l’obligation de faire mes devoirs pour les cours du lendemain. Ce soir, je vais les expédier. Comme tous les soirs, en fait. Je les terminerais peut-être demain matin, avant de partir au collège.


Peu de temps après l’acquisition des meubles, ma mère s’est procurée une encyclopédie composée d’un grand nombre de volumes pour que mes frères, ma sœur et moi puissions étudier. J’ai l’intention de me servir très souvent de ces livres, qui regorgent d’informations. J’aime apprendre, mais pas au collège car les cours m’ennuient profondément. J’ai placé les livres, bien en vue, sur l’étagère de mon secrétaire.


Le générique défile sur l’écran. Mes parents, mes frères et ma sœur se lèvent pour aller se coucher et il ne reste que mon grand frère Bernard et moi. J’avais pourtant prévu de regagner ma chambre en même temps qu’eux… Je n’arrête pas de bailler, mais je repousse encore un peu l’instant exécrable où je devrai me soucier de mes livres et de mes cahiers de collégienne.


Bernard s’approche du poste de télévision pour appuyer sur le bouton de la troisième chaine. Je décide de prolonger mon répit et tant pis pour le manque de sommeil. Tous les dimanches soir, vers vingt-trois heures, la trois diffuse de vieux films au charme suranné. Il s’agit souvent de films étrangers avec des sous-titres. Au début, j’essayais de les lire le plus vite possible afin de ne pas perdre le fil de l’histoire, mais depuis je me suis accoutumée à suivre le déroulement du film sans que la traduction ne me gêne et je prends même plaisir à écouter la voix des acteurs modulée par des accents dépaysants.


J’étouffe un nouveau bâillement en luttant pour soulever mes paupières qui s’abaissent, alourdies par la fatigue, mais je sais que d’ici une vingtaine de minutes, j’aurai gagné, momentanément, la bataille contre le sommeil et profiterai de mon film, agréablement immergée dans un charmant récit.


Propriété intellectuelle et crédits
© Image de Couverture Gros plan de roses roses par Pete Onthetoilet
© Texte principal Marie-Louise Pisteuo
La clause du chat
Marie-Louise Pisteuo verified
Bonjour les chatons numériques. 😸 Si tu lis mes publications Panodyssey, sache
qu’elles sont protégées par de vraies griffes d’auteur. Tu peux ronronner dessus et
te faire plaisir en me lisant, mais attention : pas question de les utiliser sans mon
accord !

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