L'Oratoire Octogonal
L'acte s'est accompli, mais la force est errante
Si le vase de pierre oublie de la borner.
L'Irréductible cherche une chambre exigeante,
Un espace fermé qu'il convient d'ordonner.
La lumière ne descend point sur la discorde :
Elle exige un haut-lieu pour que le ciel s'accorde.
Huit pans de mur dressés vers la voûte azurée,
Dessinent l'octogone où le tumulte meurt.
Ce n'est plus un décor, c'est la nef épurée,
Le miroir de justice où s'aligne le cœur.
Fuyant le grandiose et le faste profane,
Leur oratoire exact contient ce qui émane.
Sous l'œil du Professeur, les résidus s'effacent,
Chaque angle est balayé des échos du passé.
La Gardienne y dépose, en un point de confluence,
L'éther de la réceptivité et de la patience.
Le sablier se noue en un nœud de mystère,
Où le haut vient toucher le plexus de la Terre.
Leur blason propre vibre en ce vaisseau de paix,
Qui rejette le nombre et la vaine surcharge.
Un seul symbole vrai sous les ombrages frais
Vaut mieux que tout Babel s'étalant sur la marge.
Quand le cadre est scellé, le parloir aux esprits
Devient la cuve sainte où le feu est appris.
Par l'aimantation d'une humble et droite loi,
Le petit monde ainsi répond au grand cosmos.
La demeure est vêtue, le silence est un roi,
Le couple d'Adeptes y trouve son repos.
Dans cette Chambre d’Âmes où la présence attend,
L'axe se fait structure et défie le vieux temps.
PMD Robeen

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