L'arc d'UN Piano
Vices, géniaux, l'esprit leste et vantards,
Perdus, la boussole en fuyant le regard à longue vue.
Croyant la délaisser sur l'échiquier de l'ombre,
C'est son propre reflet qu'il a plongé dans l'ombre.
En trahissant la Grâce, et le Pilier si droit,
Il s’est trahi lui-même, exilé de son Roi.
Elle, sereine et digne, au cœur du temple vide,
Contemple son départ sur le chemin fétide.
Car elle a su l'aimer, l'aimer d'un trait entier,
Dans toutes ses dimensions, jusqu'au fond du métier.
L'aimant pour ses fulgurances et ses lâchetés blêmes,
Assez pour le laisser chercher ses stratagèmes
Elle voulu le vivre pour l'éternité, osa être présente
Car par nature elle sait le temps de la patience.
Pourtant, qu'il se souvienne, au temps de leur partage,
Du festin qu'elle offrit pour conjurer l'orage !
Elle l'avait niché dans l'arc d'un grand piano,
Pour que l'âme du bois frémisse dans ses os.
Au centre des accords, sous la table élégante,
Il sentait dans son ventre une musique ardente.
Et parfumé d'Orient, le bouquet de Lilas,
Ce mythe de Syringa, murmurait de tout bas :
En langue des oiseaux, le Lilas dit : "Lis-là",
L'origine de tout, "L'Île-A", le premier pas !
La nymphe, fuyant Pan, devint flûte enchantée,
En To Pan, la musique était ressuscitée.
Elle lui servit la mer, ses joyaux, ses mystères,
Des huîtres et des bulots, pour ancrer cette terre.
Dans l'huître, entendons l'Huit-Être, le huit de l'infini,
La nacre où vit la perle, et l'esprit réuni.
Et le bulot tapi, humble Bulle-en-Haut,
Qui dresse sa spirale et s'élève des eaux.
Elle voulait, par ce sel et ce son qui l'enivre,
Que l'homme, dans sa chair, se sente enfin revivre
Et qu'il puisse partager avec qui bon lui semble.
C’était un jour sacré, l’anniversaire doux,
D'un fils qu'on célèbre, pour s'élever de Nous.
Car être parent prend tout son sens sur terre,
Au nom de "Nos Pairs", ces pères de lumière.
Elle usait de l'humour, d'un clin d'œil insolent,
Reliant les cieux d'en haut à notre sol tremblant
La tectonique des plaques théoriques en un bal rassurant
De mosaïques de tendresse autour du platane
Elle lui permit d'aimer être à l'âme reliés.
Souriant, elle disait, balayant la poussière :
"Pour devenir un Père, il faut que l'on per-sévère !"
C'était là tout son but, son unique tourment :
Faire rire le géant, amuser cet amant,
Le combler d'unité pour s'être senti aimé.
Le voir vivant, heureux, affranchi de l'armure,
Conjuguant pour de bon le rire et la droiture.
Libre de toute chaîne, et souveraine encor,
Elle lui a tout donné, pour qu'il trouve son Or,
Elle en est épuisée, vidée, trahie et seule, décidément,
Encore.
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Pmd Robeen hace 20 días
Ma faible gratitude trahit mon ignorance de la grâce divine. Puis, j'ai contemplé une fleur de lilas qui s'apprêtait à éclore. Et elle m'a enseigné : « Considérez les lilas, comment ils croissent : ils ne travaillent ni ne filent ; pourtant je vous le dis, Salomon même, dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux » (Luc 12, 27)