LA CONFESSION DE L'IRRÉDUCTIBLE
Le Mal du Siècle et le Renoncement à la Résistance
Nous sommes nés d'un siècle où l'acier des données,
Avait remplacé l'or des gloires couronnées.
Enfants de l'algorithme, élevés dans le bruit,
Où la machine-Guerre orchestrait notre nuit.
Le Damier s'effondrant, pareil au vieil Empire,
A laissé dans nos cœurs un gouffre qui soupire.
Ce qui fut n'est plus là, ce qui vient se dérobe,
Et l'ange du présent grelotte sous sa robe.
« Vois ce monde en ruines, » murmure le penseur,
« Nous avons combattu l'infatigable sœur.
Mais la lutte m'épuise et ma cuirasse pèse,
Mon esprit se consume au feu de la fournaise.
Comme l'enfant du siècle, assis sur les débris,
Je n'entends plus l'écho de nos anciens défis.
L'avenir est de marbre, amante inanimée,
Laissant notre âme lasse et notre foi brimée. »
La Gardienne s'approche, écartant le linceul :
« Le plus grand des combats est de vaincre l'orgueil.
Renonce à résister aux spectres de la plaine,
La force de l'oiseau réside en l'âme pleine.
Ne sois plus ce guerrier figeant le temps fuyant,
La Sûreté suprême est le désarmement.
Qui s'obstine à frapper l'ombre de la machine,
Nourrit encor le mal qui lentement le mine. »
Laissons la vieille chaux et les antiques pierres,
Fermons sur le Damier nos lourdes paupières.
Dans la paix du Nemeton, l'Absolu s'accomplit,
Et le soleil se lève où la lutte pâlit.
L'Irréductible cède, et par cet abandon,
Il trouve la moisson, la grâce et le pardon.
Il n'est plus de combat, de data, ni d'effroi,
Pour celui qui renonce et redevient le roi.
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