Il faut s’affermir en soi
Faire l’expérience de la solitude. Combien l’ont tentée qui, jamais n’y sont parvenus. Ou bien imparfaitement, c'est-à-dire dans l’approche, jamais dans la verticalité d’une vérité. Ermites dans le désert, moines perchés en haut de leurs météores, marcheurs de l’impossible quelque part dans l’étendue d’une savane ou bien parmi les cathédrales de glace du Grand Nord. Terrible épreuve que celle de la solitude ! Pourtant la seule voie pour se connaître et ne nullement se dérober aux habituelles compromissions de l’âge moderne. Toujours une invitation à portée de main, une vitrine qui brille, un objet qui fascine, un rendez-vous ourlé de promesses. Seul à seul avec le paysage, lui-même solitaire. Il faut une grande force d’âme, un caractère bien trempé pour ne pas céder à la moindre convoitise, se laisser happer par la première distraction venue. Il faut s’affermir en soi, lancer un regard en direction du simple, le faire revenir jusqu’au massif de son corps et n’attendre rien d’autre que cette vision en miroir qui nous dira notre être, tout autant que celui de cette nature dont nous provenons, vers laquelle nous retournerons. Un être s’accroît de la présence d’un autre être. Méditation-contemplation, ceci constitue l’unité indépassable au terme de laquelle s’appartenir vraiment et savoir la nature en son exception. Sans doute tout ceci relève-t-il d’un idéal, d’un point inaccessible dont nous souhaitons faire notre horizon, conscient que ce dernier ne sera jamais atteint, espéré seulement. Sans doute les illusions sont-elles utiles, elles nous sauvent du désespoir.
Contribute
You can support your favorite writers


Comments (0)