Pas né cuillère dorée...
Pas né cuillère dorée…
Il n’est pas né sous l’or des lustres.
Sa cuillère est de fer, ternie de rouille
Pas d’héritage, que des voix brusques
Dans l’ombre d’un père qu’on verrouille
Son berceau n’a pas vu Neuilly.
Mais une chambre aux murs qui pleurent
Où l’on apprend très tôt l’oubli
Le parfum du pain, le goût du beurre
Monoprix, sa seule balade
Là où l’on grignote à l’arraché
Où chaque geste devient bravade
Quand l’estomac vient réclamer
Il ne connaît pas Saint-Paul-de-Vence
Ni l’insouciance estivale, là-bas
Seulement les murs en silence
Et les jurons qui claquent parfois
L’école est une mer hostile
Où il surnage comme il peut
Entre brimades trop faciles
Et des bulletins désastreux
Ses frères, pris dans la spirale
Ont disparu derrière les grilles
Mais lui, debout sous les rafales
Espère briser ces murs d’argile
Il marche droit, sans artifice
Refusant l’or gagné par triche
Il ne quémande aucun service
Ne parle pas la langue des riches
De ses mains, jusqu’à ses veines
Dans chaque geste, face aux regards
Son cœur immense méprise la haine
Et tient la nuit loin du hasard
Il ne veut pas s’en sortir par le vice
Ni par les promesses complices
Mais par la force de ses silences
Et ses espoirs profonds en l’existence
Il croit en la vie, sans rancune
Même si la vie lui donne peu
En sa volonté de rebattre le jeu
C’est le plus beau des dons reçus
Pour lui vivre, malgré la douleur
C’est déjà crier sa victoire
Dans ce cadeau, ce feu, cette lueur
Unique don de ses parents, à recevoir
S’il a su ainsi, avancer sans armure
C’est qu’il a fait la paix, sans bruit
Pas avec le monde, trop de blessures
Mais avec son ciel, là, juste… en lui
Il ne crie plus pour qu’on l’écoute
Il sait que la vie suivra le chemin
Et même perdu parmi les doutes
Il se projette intact vers son destin
Il rêve debout, les yeux ouverts
Non pour fuir, mais pour semer
Une graine au milieu du désert
Pour un mot d’amour à récolter
Il deviendra ce qu’il décide
Pas l’étiquette ni la cité
Il est plus vaste que ce vide
Plus vrai que tous leurs papiers
On ne le verra pas dans les faits divers
Ni même à la une pour en parler, trop fier
Peut-être laissera-t-il un simple livre témoin
Pour dire que rien n’est écrit sur ce que l’on aura à vivre demain.
PascalN ©
« Scènes de vie »
Note d’auteur : Pascal Nicod, alias « PascalN », est l’auteur et seul propriétaire de ce texte « humanuscrit » et de tous les droits qui en résultent il n’en autorise pas l’utilisation sous quelque forme que ce soit, sans accord préalablement écrit et signé par lui-même, ou via la notice de transparence Panodyssey qui accompagne ce texte. Les IA du logiciel Antidote et de ChatGPT ont été utilisées à seules fins de corrections orthographiques, grammaticales et typologiques. Photo de Umur Batur Kocaksur Unsplash
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Moralité : sans le grisbi, pas touche à mes écrits !
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Comments (3)
Ecirtap 58 minutes ago
Bonsoir , les souvenirs sont nos menottes bien que le chemin derrière nous à disparu. Reste la répétition indéfinie de l'écriture ... Merci pour le partage.
Line Marsan 3 hours ago
Tu lui rends un bel hommage... 💞
Planktone 5 hours ago
Notre avenir viens de nous au final c'est ce qui es magique 😌
Pascaln 5 hours ago
Je le pense egalement. Même s'il faut reconnaître que certains milieux ou bases d'origine sont sûrement plus propices que d'autres...
Planktone 5 hours ago
C'est bien vrai je le vois tout les jours