Orbite terminale
Premier mouvement d’une trilogie à venir, Orbite terminale est une nouvelle sur un défi littéraire avec Ève Corriveau. C’est ma première réponse à sa propre nouvelle “Apesanteur” que je vous invite à découvrir, chaudement. J’aime beaucoup la plume d’Ève et sa façon d’explorer la sensualité des esprits, des corps et du sexe.
Avertissement : malgré son caractère léger, ce texte reste une nouvelle érotique à destination d’un public averti.

Orbite terminale
Ancrée sur la ligne du crépuscule, la station orbitale Cydippe-4 faisait tourner son ventre métallique afin de maintenir la gravité dans son cœur. L’orbite respectait scrupuleusement sa course en rotation synchrone dans la zone de dualité radicale. D’un côté de Proxima Centaure b, le jour éternel enveloppé de nuages rouges masquant avec peine les roches incandescentes. De l’autre, le domaine du silence de glace, immense condensé de glaciers en plaques bleutées dans la solitude de la nuit.
À l’intérieur, Julie vérifiait les flux de données qui défilaient sur ses moniteurs. Ses longs doigts agiles glissaient sur les écrans tactiles avec une précision mécanique et rassemblaient sur l’ordinateur principal, les différentes fenêtres qu’il fallait soumettre à Kéros, l’agent IA chargé des analyses scientifiques. Elle soupira avant de murmurer dans son enregistreur :
— Cycle cinq, jour onze, heure quatre. Libration maximale atteinte. Stabilité atmosphérique 98%. Données soumises à Kéros pour compilation comparative.
Elle patienta quelques instants en regardant cette planète verrouillée qui ne respirait que par ce balancement de la zone crépusculaire sur 11,2 jours terrestres. La voix de Kéros la fit sortir de sa léthargie contemplative.
— Aucune anomalie détectée sur les cycles. Le site A sur Proxima b reste habitable.
Julie laissa échapper un bâillement mêlé de fatigue et d’ennui. Cinq cycles. Cinquante-six jours terrestres à scruter la même frontière pour mesurer le balancement infime de la lumière sur les glaces. Elle jeta un œil sur sa montre, mais le sifflement du sas lui confirma l’heure avant d’avoir vu son cadran. Axel venait d’entrer en flottant, accompagné de cette odeur d’ozone, de métal chaud et de quelque chose de plus humain. Un trouble plus animal qu’elle ne parvenait pas à définir. Ou était-ce simplement le parfum de la solitude partagée ?
— Tout est stable ? demanda-t-il en terminant de zipper le haut de sa combinaison.
— Oui, libration dans les normes. Kéros vient de valider les cycles.
— Parfait, je prends le relais.
Pour les deux scientifiques, les mots n’étaient que des outils et leurs échanges en étaient aussi monotones que le défilement du paysage sur Proxima b. Pourtant, lorsqu’en cédant sa place, Julie croisa le regard d’Axel, elle vit ce que son cerveau avait été formé à voir. Le petit détail qui allait à l’encontre de la normalité. Elle vit la dilatation pupillaire de son collègue quand leurs yeux se parlaient en silence. Elle déboucla les sangles pour se libérer d
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Comment (1)
Jackie H 2 hours ago
Euh... n'y aurait-il pas eu en la matière confusion avec l'épisode 11 de Bathyan ?...
Gabriel Dax 1 hour ago
Tout à fait ! Merci pour ton retour rapide. La correction est faite. Bonne découverte en apesanteur.