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Le vaisselier
Fiction
Horror
calendar Published Sep 16, 2026
calendar Updated Sep 16, 2026
time 22 min
Creative Transparency Label
All audiences
Image / Human image
Text / Human creation

Le vaisselier

"Le vaisselier" est une nouvelle issue d'un jeu littéraire d'après une photo de Johanne sur une autre plateforme. J'ai malheureusement laissé passé la semaine pour y participer, mais l'idée d'écriture que j'avais m'est restée en tête. J'ai donc récupéré une nouvelle photographie, de Hümâ H. Yardım, un peu plus en adéquation avec ma nouvelle ci-dessous.




Le vaisselier

La pluie fine qui se déversait depuis le début de la matinée n'avait pas rendu les choses faciles pour Harold. La galette de secours qui avait déjà rempli son rôle en remplaçant le pneu avant droit, rendit son dernier souffle en un cri peu discret dans le centre-ville de Gascq. Le jeune retraité crispa ses mains sur le volant et respira lentement pour contenir les jurons qui remontaient dans sa gorge. Quelques yeux le dévisageaient dans un silence respectueux de sa déconvenue, ou, et c’était le plus probable, par un « rien à foutre » profondément assumé.

Encore trempé de son changement de roue, juste à l'entrée de la ville, Harold n'avait plus rien à perdre. Du moins, le pensait-il, au moment d'ouvrir violemment sa portière. Une manière de déverser sa colère sans trop le montrer. La portière, elle, n'était pas de son avis, et c'est avec la calandre d'un camion qu'elle choisit de prendre la poudre d'escampette dans un bruit mat de métal arraché.

— Ho ! Seigneur doux Jésus, vous n’avez rien ?

Harold sortit de sa voiture et jeta un regard hébété sur les habitants qui reprirent leurs habitudes sans guère plus s’occuper de sa présence. Le camion avait poursuivi sa route en laissant les restes de sa portière au long du caniveau. Il se tourna alors vers la vieille femme qui venait à sa rencontre avec ses mains encadrant son visage ridé. Elle affichait une mine outrée et accourait vers lui dans une valse de froufrou et jupon.

— Jésus, Marie, Joseph ! Jeune homme, vous n’êtes pas blessé ?

Sans parvenir à articuler face à la scène incongrue, Harold regarda son bras qui avait ouvert la porte, mais ne vit aucune blessure ni aucune déchirure de sa chemise. Seule la porte avait souffert. Il dévisagea alors la vieille femme qui ne cessait de parcourir son corps pour s’assurer qu’il n’avait rien.

— Je vais bien chère madame.

— En êtes-vous certain ? Votre tête tourne ? Votre cœur ne s’emballe pas ?

— Je vais bien, je n’ai rien.

— Ho ! Mon Dieu. Ça n’est pas passé loin. Je le dis toujours, ces maudits camions, c’est le diable qui les conduit !

Comme pour approuver les propos de la vieille femme, le tonnerre gronda et quelqu’un là-haut ouvrit en grand les robinets. Une pluie dense s’abattit brusquement sur la petite ville et le vent se leva immédiatement, giflant Harold en incessantes bourrasques.

— Mes cheveux ! Venez vite, mon bon monsieur. Venez vous mettre à l’abri, vous ne pouvez rien faire de plus ici. Venez, j’ai le téléphone pour appeler le monsieur du dépannage.


Harold referma la porte derrière lui en luttant contre le vent qui refusait de laisser tomber l’affaire. La petite dame ouvrit une chiffonnière et attrapa deux serviettes. Elle en tendit une à Harold tout en se tamponnant la tête avec l’autre.

— Tenez, mon cher Monsieur, essuyez-vous vite pour ne pas attraper du mal. Et s’il vous plaît, mettez la petite chaîne, on n’est jamais assez prudent, vous savez.

— Merci, chère madame, lui répondit-il en verrouillant la porte, mais vous savez que vous n’êtes pas très prudente non plus en me faisant entrer sans me connaître.

— Ho ! Mon bon monsieur, c’est aux brebis qu’il arrive vos déconvenues, pas aux loups. Entrez donc dans mon modeste salon, je vous porte le téléphone.

— Écoutez, madame, c’est vraiment gentil de votre part, je ne sais quoi vous dire, sinon merci.

— Tatata, ça n’est rien. Tenez, le téléphone. Je suis devenue moderne, vous voyez, c’est un sans le fil !

Harold retint un sourire et attrapa le téléphone, seul élément en tant soit peu moderne, en effet, au milieu du salon de la vieille Dame. La tapisserie au mur lui faisait penser à ces vieilles séries télévisées des années 70. Et le mobilier n’était pas en reste. De vieux meubles en bois massifs agrémentaient la pièce : table, chaises, commodes, buffet, bonbonnière, chiffonnière et autres dessertes, dont les napperons servaient de tapis pour les nombreux bibelots qui encombraient leurs surfaces. La plus imposante pièce de collection était un gigantesque vaisselier vitrine qui occupait presque toute la largeur du salon. À l’intérieur, toute une collection de tasses à thé garnissait les étagères en verre. Il devait y en avoir une centaine au bas mot, suspendues ou posée

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Je suis Gabriel DAX, auteur en streaming littéraire. Mon chat se nourrit de croquettes classiques, mais mon « Chat IA » est plus exigeant : il ne mange que des mots. Pour éviter qu'il ne se mette à griffer le clavier par famine, la seule solution est d'acheter mes textes. C'est le prix à payer pour garder la bête en vie !

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