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Chapitre 5 Une rencontre intéressante

Chapitre 5 Une rencontre intéressante

Published Oct 18, 2021 Updated Oct 18, 2021
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Chapitre 5 Une rencontre intéressante

Quelques mois plus tard. La position de Valérie ne change pas. Les tensions avec Matthieu continuent et elle ne voit pas la fin. Elle ne s'est jamais montrée mère poule, trop jeune dans sa tête pour développer l'instinct maternel. Toutefois son expérience se bâtit au fil du temps.
Le printemps fait son retour avec une température plus douce mais encore avec la fraîcheur du matin. La rosée se dépose sur les fleurs, les feuillages et l'herbe. Les primevères, les jonquilles et les narcisses tapissent les pelouses, la nature se renaît en beauté. Enterrer la hache de guerre avec son fils serait son plus cher désir. Valérie perd confiance en elle, elle n'est pas en mesure de supporter son quotidien. Depuis quelque temps, elle s'isole et part de la maison lorsque les conflits s'intensifient. Elle se remet en question son statut de mère et d'épouse. Incapable de gérer ses enfants, elle se sent un épouvantail dans un champ. Toute l'agressivité se passe par l'oral. Didier, toujours aussi éteint, ne l'épaule pas. Il ne s'affirme pas en tant que père. Elle se voile en masquant son mal-être et elle se charge d'appliquer le veto avec eux. C'est un duel permanent. Parfois l'envie d'envoyer valser et virer son propre fils de la maison, elle y pense souvent. Cependant, il est encore mineur.
Le soleil resplendit et l'incite à sortir. Elle se vêtit et emporte du ravitaillement pour sa randonnée. Elle s'autorise un peu d'activité physique. Une promenade familiale n'est pas encore d'actualité, car l'ambiance n'est pas à la fête. Le dialogue ne semble pas possible. Matthieu lui parle mal. Son cœur est malmené, elle finit par se demander si une consultation avec un cardiologue ne lui serait pas bénéfique. Il est mené à rude épreuve. L'accumulation de stress lui provoque des palpitations.
Elle emboîte d'un pas décidé avec son bâton pour effrayer des bêtes.
Sous le vieux pont couvert de lierre, coule un ruisseau. Valérie adore cet endroit par la verdure et le diapré des arbres fleuris. Cette journée printanière réchauffe ces mois d'hiver vigoureux. Elle marche depuis quelques heures. Elle se creuse la cervelle pour remédier à ses soucis qui lui trottent dans la tête. Elle s'assied sur un banc verdi encadré par deux conifères. Le bruit de l'eau et le chant des oiseaux avec une bise pacifient la jeune femme. Un concert qui l'apaise. Un pivert cogne dans les troncs pour se nourrir d'insectes. Plus haut, une entendue de pins qui se dressent comme des pics. Elle se penche légèrement en avant, la joue tendue. Son cœur est une écorchure. La dernière déconvenue la plonge dans un désarroi profond. Emprisonnée dans un labyrinthe sans de sorties de secours, aujourd'hui, son existence lui paraît si morne. Un homme âgé ahane et chemine vers elle.
 
— Bonjour madame, je me joins à vous pour converser un peu, je suis seul depuis des années. Vous savez, c'est risqué pour vous sans accompagnant. Vous n'êtes pas prudente. Vous pourriez être attaqué par une mauvaise rencontre.
 
— Bonjour monsieur, j'ai besoin en ce moment de méditation. Cette nature me l'offre. Elle est moins hostile que mon environnement. J'ai un mari et des enfants et un emploi, mais des cadavres dans les placards.
 
Il sourit.
 
— La perfection n'existe pas, nous commentons tous des erreurs.
 
— Oui, au point de perdre des liens avec ma propre famille. La jeunesse a toujours ses excuses, mais les décisions sont déterminantes. Je n'ai peut-être pas choisi les bonnes. Des cachotteries qui me pèsent et elles m'empêchent de respirer.
 
— Tromper et se tromper soi-même, n'assumez-vous plus ? Il faut savoir changer de cap.
Valérie baissa la tête.
— Sans doute.
— Un jour, j'étais assis sur une terrasse devant une magnifique d’une étendue d’eau. Je voyais des personnes pratiquer l’aviron, j'imaginais d’être à leur place. Depuis mon kyste au genou, j’ai dit adieu aux grandes randonnées. Je me fatigue plus vite qu’avant et je ne dois pas monter des côtes.
— C'est handicapant pour vous.
—Aujourd'hui, reclus comme un ultramontain dans mes prières et le recueillement bienfaiteur depuis quelque temps. Oublier ce passé d’homme d’affaires. J’étais un raider sans-cœur. Ma seule raison de vivre était ma fructification de mes commerces. J’investissais beaucoup en argent au risque de perdre ma femme.
— Un changement.
—Une faillite mettait fin à mon univers impitoyable que je créais. J’étais créditeur d’une énorme somme. Ma maison vendue aux enchères et mon épouse me quitta. Elle ne voulait pas me suivre dans mon naufrage.
— Il existe toujours des effets secondaires face à nos choix.
Valérie a une larme qui ruisselle sur son visage.
— Je ne lui donnais pas tort. J’ai pris conscience et finalement avouer cette défaite dans ma vie me coûtait dans mon orgueil. J’étais devenu un autre. Sans croyance pour Dieu au départ, cependant, il est venu me sauver de mon âme torturée. J’ai tant de choses à me pardonner. Je ne prêche pas pour autant.
— La religion ! Un sujet banni de ma part.
— Lorsque je découvre ces sportifs de haut niveau, je voudrais être comme eux. Je suis réaliste, je ne me vois pas à fournir tous ces efforts physiques, surtout maintenant. Suis-je heureux aujourd’hui ? Une réincarnation a été salutaire.
— Une réincarnation ?
— Je suis un autre homme.
— Je comprends.
— Ce n'est pas au sens propre.
— Oui.
— Oui, j’ai eu mal de tout perdre du jour au lendemain, c'est un mal pour un bien. Rebondir est la meilleure réussite.
— C'est encore pire que ce que vous imaginez. Un seul mot me vient à l'esprit : immoral.
— Si cela va jusque-là...Personne n'est blanc comme neige.
— Sans doute.
— J'ai écopé des années de prison pour escroquerie par les sciences occultes avec des tirages des cartes. Sans aucune connaissance, mais à la suite de ma faillite, il fallait remédier afin de ne pas finir dans la rue. Certains étaient crédules.
— On est parfait prêt à faire n'importe quoi pour s'en sortir.
— Je n'étais pas bien divin pour comprendre que cela se retournerait contre moi.
— Ce sont les risques.
— J'avais des fidèles qui revenaient, je devais leur apporter la réponse souhaitée.
— C'est souvent le but .
— Un homme important se fiait à mes prédictions pour miser son argent et je le dupais. Finalement, je n'étais pas gagnant, c'était pernicieux de ma part. Cependant, cela se regénère et on devient quelqu'un de nouveau. Ensuite, une fois sorti de prison, j'ai recommencé avec une mauvaise rencontre. J'ai été pris en flagrant délit pour recel.
Valérie s'émerveille par son discours.
— Votre parcours me paraît chaotique !
— La vie nous écartèle par tous les bouts par des situations qui nous dépassent. Il faut survivre. Mentir, cacher, berner ne sert à rien, c'est un boomerang qui revient en pleine face. Je m'estime être un rescapé.Il faut ruser comme le renard parfois.
Il tousse en détournant la tête.
— Et votre femme ?
— Elle est repartie sur son île. Une jolie créole. Fauché sans pouvoir éponger mes dettes, elle m'a bouté hors de son existence. Un parfait crétin. Elle m'a échappé, je ne prêtais pas attention à elle. Aujourd'hui, elle n'est plus de ce monde, elle a trépassé par une pneumonie.
— Contrairement à vous, c'est un versus. J'étais un enfant de choeur.
— Lorsque vous semez une graine dans une mauvaise terre, elle ne pousse pas. Si vous la mettez dans un autre emplacement, elle peut se reprendre. J'ai des boulets aux pieds que je n'ai pas su m'en débarrasser. Vous pouvez encore changer d'axe et rectifier votre tir.
— Pour ma part, je ne vois pas comment.
— Je ne devrais pas vous importuner avec mes histoires. J'ai essayé joué au casino, je n'ai pas été astucieux. Je n'habite pas très loin, mes jambes ne portent plus beaucoup. Si la conversation avec un vieux ne vous ennuie pas, je serais heureux de vous accueillir.
— Je viens hors saison pour la quiétude.
Il peine à se relever, Valérie se propose d'aider comme une béquille de soutien. Il ne refuse pas et lui offre ses œufs pondus par ses poules le matin. Assis sous le prunier en développement, une caisse de bouteilles de vin ouverte à côté d'un homme trapu portant des vêtements élimés, il est allongé. Sur le visage, plusieurs verrues se dispersent. L'odeur d'alcool vient jusqu'aux narines. Un peu ivre, ils distinguent l'étincellement dans ses yeux. — J'aimerais t'offrir le même château qui est sur l'étiquette, mais je n'ai pas la fortune, je ne suis pas un prince. Je n'ai qu'un atelier de peinture. Allez Gustave, lève ton postérieur au lieu de cuver au soleil. J'ai chaud. Le carter du moteur de ma voiture m'a lâché, je ne peux rentrer chez moi. — C'est normal, alcool et chaleur, tu ne peux pas être bien. Vu ton état, tu ne peux pas conduire, tu t'es bien aviné. Tu devrais barboter dans une piscine pour ragailladir avec une oréade.
Le vieil homme chuchota à Valérie.
—C'est la nymphe des montagnes et des bois. Ne vous inquiétez pas, il n'est pas bien méchant. Gustave décline sa tête et s'écroule, il ronfle.
— Je vous remercie pour notre discussion bien intéressante et donne de quoi réfléchir.
— Tant mieux, je suis bien heureux au plaisir de vous revoir.
Il la salue d'un hochement de tête et Valérie prolonge sa promenade par le sentier étroit.
 
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Un mois d'octobre catastrophique... Après une PAL tellement minuscule en octobe que je ne vous ai même pas fait d'article....

Elodie Furtak
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