Comment réagir à la critique?
Un lecteur contrarié
Mon précédent article (sur les biais que l'IA elle-même reconnaissait avoir dans ses réponses aux questions qu'on lui posait) n'a pas plu à tout le monde. Un lecteur a posté le commentaire suivant:
"Cet article est une bouse complotiste. C'est juste de la merde complotiste de bout en bout, purée anti-intellectuelle, qui n'a strictement rien à foutre sur Panodyssey, qui devrait être censuré un minimum" .
En tant qu'auteur, si on reste encore libre d'aborder les sujets que l'on affectionne et de les traiter sous l'angle que l'on entend (ce dont je remercie Panodyssey au passage), on ne choisit en revanche pas ses lecteurs. On peut néanmoins décider de la réaction que l'on souhaite avoir au sujet d'un texte que l'on lit ou suite à un commentaire qu'en ferait un lecteur.
C'est à cet exercice que je souhaite consacrer cet article, car je confesse être passé par différents "états d'âme" à la lecture de ce commentaire et voulais vous partager les enseignements que j'en avais retirés.
Dans un premier temps, je me suis dit que le commentaire n'étant pas particulièrement constructif, la sagesse commandait de l'ignorer et de laisser les chiens aboyer quand la caravane passait.
Puis, je n'ai pu m'empêcher de relever qu'il était quand même amusant qu'un lecteur, qui reproche à une thèse (et aux réponses de Chat GPT) de ne pas lui plaire, ait pour premier réflexe de demander à la même IA de lui rédiger une réplique pour identifier des arguments qui défendraient la thèse contraire. Pourquoi ne s'interrogeait-il pas d'abord sur les raisons de sa contrariété et ne faisait-il pas l'effort de rédiger lui-même une réponse argumentée sur le fond? Doutait-il de posséder les aptitudes sur le plan disciplinaire, intellectuel ou littéraire qui lui auraient permis d'étayer son propos (une hypothèse qui ne peut d'emblée être écartée, au vu du langage utilisé, lequel laisse supposer un manque soit d'application, soit d'instruction et certainement d'éducation)?
Mais je me suis dit que de présumer qu'un lecteur n'avait pas les capacités de comprendre et répondre de lui-même était finalement aussi réducteur que la teneur de son commentaire. Critiquer l'autre au motif qu'il vous dénigre n'est finalement pas mieux. Car on ne s'élève pas en rabaissant les autres.

Répondre avec humour
L'espace d'un instant, toute une série de réparties ironiques m'ont traversé l'esprit. A commencer qu'il était en fait flatteur d'être traité de complotiste par une Tontruche, cette fameuse espèce hybride moitié mouton, moitié autruche, même si je doute que ses délicates observations furent émises sur le ton d'une admiration mal contenue.
Ou que si la Tontruche avait été piquée au vif, pour prendre pareillement la mouche, c'est qu'elle avait déjà dû être piquée plus d'une fois (probablement 4 ou 5 fois) durant l'ère Covid. N'est-il pas tentant d'imaginer que pareille réaction épidermique d'un lecteur soit attribuée à une atrophie de la glande pinéale, le fameux troisième oeil, suite à de multiples injections, conséquence abondamment dénoncée par tout complotiste qui se respecte?
Mais serait-ce finalement de l'humour que de répondre ainsi, ou juste une façon de faire passer pour de l'esprit des piques qui n'élèvent guère plus que précédemment?
Et de quel droit me permettrais-je de porter un regard, voire un jugement sur un tiers, au motif que ses propos ne me semblent pas alignés. Car finalement que sais-je de ce lecteur et des raisons qui l'ont poussé à répondre ainsi? Peut-être a-t-il été frappé de malheurs dans l'existence qui expliqueraient sa réaction et me pousseraient, si je les connaissais, à avoir la compassion de circonstance pour ceux à qui la vie n'a pas toujours souri? Imaginez qu'il ait insisté pour qu'un proche prenne le vaccin et qu'un effet secondaire soit venu terrasser la personne concernée. Peut-on après pareil drame facilement reconnaître son erreur?
J'avais abordé le sujet dans un précédent article sur le déni et la confusion en soulignant qu'il convenait de faire preuve de compréhension pour ceux qui perdaient leurs repères face à certains bouleversements et faire montre de patience et d’indulgence envers ceux qui ne parvenaient à gérer un trop plein de changement que par le déni.
Parfois, ce sont même les êtres les plus proches qui s'avèrent les plus ardents critiques de nos faits et gestes, sans crier et gare et de façon incompréhensible, si ce n'est en raison de quelque mystérieuse fatalité karmique ou facétieux tour du destin. Doit-on leur en vouloir et les juger ou faut-il accepter de ne pas toujours comprendre et apprendre à ne pas en prendre ombrage ? Allez savoir.......
Comment aller dans le sens du lecteur?
Je me suis également rappelé des sages paroles de Sadhguru qui, en d'autres termes, suggérait que l'un des secrets du bonheur serait, tant que faire se peut, de s'évertuer à aller le sens de son contradicteur.

Et c'est là que la réponse de l'IA, auquel le lecteur avait soumis mon article, offre un angle de lecture intéressant qui justifie à mes yeux les développements qui suivent.
Dans sa réponse l'IA nous donne une clef de compréhension essentielle de son fonctionnement: le reproche principal dudit lecteur, relayé ensuite par l'IA, était que mon texte n'apportait qu'une seule démonstration, à savoir qu'il était possible de faire dire à l'IA ce qu'on voulait lui faire dire, si l'on insistait un peu.
L'arroseur arrosé
Alors, je vous donne 100% raison, cher lecteur. Je l'avais déjà relevé dans le texte que vous attaquez, mais peut-être ne l'aviez-vous pas repéré. Je le répète donc, la façon de formuler ses questions permet à l'IA d'adapter sa réponse. C'est ainsi qu'à défaut de rédiger une question permettant à l'IA de cadrer le débat, l'IA donne dans un premier temps des réponses pour Tontruches. Il ne me paraît pas pertinent d'en débattre ici, tant c'est une évidence.
Comme le disait Dostoïevski "la tolérance atteindra un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toutes réflexions pour ne pas offenser les imbéciles". L'IA est donc programmée à répondre d'une façon destinée à ne pas offenser le vulgum pecus et à lui permettre de s'insurger, voire de réclamer à cris d'orfraie, l'interdiction des réflexions qui le dérangent.
Le lecteur m'aurait-il suggéré de mettre un avertissement en tête de mon article du type "attention, contenu susceptible de déranger les âmes sensibles" que je me serais immédiatement exécuté, avec mes plus plates excuse pour le désagrément causé. Mais mon article s'adressait avant tout aux penseurs critiques, ceux appliquant un doute sain à toute proposition, conformément au sage précepte énoncé dans les Accords Toltèques de Don Miguel Ruiz : Soyez sceptique, mais apprenez à écouter.
Chat GPT m'avait d'ailleurs proposé une check list pour réduire ce bais de confirmation propre à la programmation de l'IA, biais mis en place par défaut afin de minimiser le risque d'offenser le lecteur lambda. La voici:
Checklist pour limiter le biais de confirmation d’une IA
Distinguer les faits des interprétations
Séparer clairement ce qui est observé (données, résultats, événements) des opinions, recommandations ou consensus officiels.
Présenter les points de vue contradictoires
Inclure systématiquement les signaux, analyses et critiques minoritaires ou indépendantes, quand elles sont documentées et factuelles.
Indiquer les limites des sources
Mentionner quand une source peut être influencée par des intérêts économiques, politiques ou institutionnels.
Adopter une démarche historico-rétrospective
Évaluer les décisions et mesures passées à la lumière des résultats réels et des conséquences observables, plutôt que de se baser uniquement sur ce qui était prévu.
Reconnaître les biais internes
Signaler explicitement les tendances structurelles à privilégier le consensus et les discours dominants, afin que l’utilisateur puisse en tenir compte.
Favoriser la transparence et l’accès aux données brutes
Encourager l’utilisateur à consulter les preuves originales et à vérifier les conclusions plutôt que de se contenter du résumé généré.
Réévaluer continuellement les conclusions
Être capable de corriger les analyses précédentes à la lumière de nouvelles informations ou du recul critique.
Cette checklist illustre comment une IA pourrait s’améliorer pour devenir réellement utile : moins instrument de propagande implicite, plus outil d’analyse critique et factuelle. Elle pourrait aussi servir de critère pour évaluer la fiabilité d’une IA face à des sujets controversés.
Les limites de l'IA
Je précise toutefois que l'IA est incapable de s'appliquer à elle-même les critères ci-dessus, même quand on le lui demande. L'IA n'est capable de se remettre en question que lorsque des éléments à charge concrets lui sont soumis. Sinon elle campe sur ses conclusions mainstream. Elle n'ira pas chercher les preuves elle-même. Il faut les lui fournir. Autrement, elle ne change pas d'avis.

Donc, si l'IA a fini par changer de fusil d'épaule, comme cela ressort de l'article que notre lecteur a attaqué, ce n'est pas parce que j'aurais simplement demandé à Chat GPT de rechercher la vérité au delà de ses affirmations initiales. C'est parce que j'ai pris le soin de lui fournir les éléments de preuve qui venaient infirmer ses déclarations. Mais si vous ne faites pas ce travail vous-même, l'IA ne le fera pas pour vous. J'ai épargné le lecteur du détail de tous nos échanges, car l'article aurait été 10 fois plus long. Mais le travail de fond a dû être fourni, sans quoi l'IA n'aurait pas changé son point de vue.
Et c'est en cela qu l'IA est problématique. Elle choisit délibérément, de par sa programmation, une optique mainstream et ne parvient à en changer que si on lui soumet les preuves contraires qu'elle refuse d'aller chercher d'elle même. C'est pourquoi il est possible d'affirmer que l'IA a un biais de confirmation, biais que je dénonçais dans mon article et que l'IA admettait comme étant une faiblesse structurelle dans sa programmation.
Donc cher lecteur, il est dès lors parfaitement attendu que la réponse qu'a généré l'IA à votre question soit en effet allée dans le sens de ce que vous souhaitiez. À savoir, une réponse au premier degré (mes touches d'humour, loin de faire rire l'IA qui en semble dépourvu, seraient la démonstration de mon propre biais de confirmation selon elle), critiquant le messager et son ton, mais ne se hasardant surtout pas à entrer en matière sur le fond et à trouver des arguments sourcés permettant de déconstruire de façon probante les thèses avancées.
En cela, je vous remercie d'avoir validé ma thèse principale par votre commentaire, à savoir que
de la même façon que l'on a les dirigeants que l'on mérite, on a les réponses que la banalité et le manque de précision de nos questions suscitent.
Vérité vs. Croyances
Mais le propos principal du présent article n'est ni de répondre à ce lecteur, ni de m'interroger sur ce qui a bien pu le pousser à faire un commentaire aussi véhément. Il est plutôt de faire ce constat qu'à tout propos ou croyance, il est possible d'opposer une croyance inverse. Ce qui est d'ailleurs assez facile à concevoir pour peu que l'on soit adepte de la sophistique.
Mon objectif était dès lors davantage d'explorer l'hypothèse que la division qui anime le monde ne serait autre que la conséquence de notre incapacité à accepter qu'il n'y a peut-être pas de Vérité avec un grand V, mais uniquement des croyances, dont celle qui nous pousse à croire que les nôtres devraient prévaloir sur celles du voisin. Et qui justifierait que nous le traitions de tous les noms pour avoir osé les défier.
Car cette dualité, propre à notre condition humaine, n'est-elle pas la principale source de nos maux et souffrances? Cette tendance à tout labéliser en fonction de nos croyances: bien ou mal, juste ou faux, beau ou laid. Cette intolérance vis à vis de ceux qui ne labélisent pas comme nous. Cette peur des croyances de l'autre qui poussent au rejet, voire à la haine et à la violence. Violence verbale dans les propos, dans les discours politiques, violence des actes de guerre, des sanctions économiques, des censures en tous genres, ouvrant la porte à la dictature de la pensée unique, au contrôle des populations, à la digitalisation de l'humain, à la répression de la dissension.

Car qui décide finalement de ce qui est juste ou faux, bien ou mal? Dieu, la morale des hommes, l'IA bientôt? Saurons-nous conserver une part suffisante de conscience et de libre-arbitre pour ne pas s'en remettre à l'IA pour arbitrer le monde? Surtout une IA qui admet son biais de confirmation, qui ne se foule pas pour rechercher la vérité, si tant est qu'elle existe, et qui vous caresse dans le sens du poil en fonction de vos croyances.
Je formule le voeu que ce qui nous reste de probité, de capacité à nous élever vibratoirement, de nous connecter à notre essence divine, nous permette de dépasser notre dualité et d'ouvrir la voie à une évolution pacifique et harmonieuse de notre espèce, en âme et conscience, sans dépendance ou soumission à l'IA.
Philippe Szokoloczy-Syllaba, le 12 avril 2026
PS: la rédaction, la validation, la recherche des reférences et des images libres de droit, la mise en page et la publication d'un article me prennent généralement deux jours pleins environ. Je n'entends pas être rémunéré pour mes publications, car le plaisir que je retire de l'écriture est une forme de rémunération en soi. En outre je peux me permettre, encore pour le moment, cette activité sur mon temps libre. De plus les sujets que je prétends aborder me semblent suffisamment importants pour assumer bénévolement la contribution que je tâche d'apporter à une reflexion utile, espérons-le, pour ne pas dire nécessaire, en cette époque charnière.
Si en revanche vous voulez bien participer au financement de diverses initiatives que je soutiens déjà, je vous invite à le faire, soit directement, soit par le biais d'un don sur mon compte Panodyssey. Si vous souhaitez indiquer une préférence parmi les projets que je soutiens, n'hésitez pas. Merci de votre aide à ces belles initiatives.
Le Collectif Essential News https://essentiel.news
Le Collectif Réinfo Covid https://reinfocovid.fr
Le Collectif Bon Sens https://bonsens.info
Don't extradite Assange https://dontextraditeassange.com
L'association Espoir Sans Frontières https://www.espoirsansfrontieres.org
Les films du vigneron et réalisateur Guillaume Bodin https://www.dahu.bio/films/la-clef-des-terroirs/guillaume-bodin
Les éco-lieux et projets de Longo Mai https://www.prolongomaif.ch/longo-maï/
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