Samedi 17 janvier 2026
Samedi 17 janvier 2026
Cela fait déjà plusieurs jours que j’aurais dû retourner les appels manqués, pourtant je ne l’ai pas fait. J’ai vérifié et la tendresse est toujours là, pile au même endroit, mais j’anticipe certaines des questions qui ne manqueront sans doute pas de surgir au cours de la discussion, et cela me décourage. Ces interrogations sont légitimes, bien sûr, et je suis plutôt convaincue qu’elles prennent racine dans une forme de bienveillance, simplement je n’arrive pas à me défaire de l’impression de devoir rendre des comptes. Le chemin que j’emprunte leur paraît trop long, trop lent, trop plein de détours inutiles, et je ne sais plus comment expliquer que je ne sois pas encore parvenue à destination. Il faudrait que je puisse dire que la destination, précisément, prend corps petit à petit, tandis que j’avance, et qu’elle se nourrit de tout ce que j’apprends, observe et ressens en cours de route. Je pourrais sans doute y aller en courant, c’est vrai, mais je me connais assez désormais pour savoir qu’alors j’y parviendrais épuisée et vide, occupant un espace qui n’aurait pas été pensé pour moi. Très vite, comme mille fois auparavant, je me sentirais à l’étroit et n'en finirais plus de me cogner contre les murs, je trouverais qu’on manque d’air malgré les fenêtres ouvertes, tous mes sens seraient en alerte. Je tiendrais un temps et puis à bout de souffle et couvertes de bleus, je partirais encore, cherchant désespérément un endroit qui me ressemble. Alors voilà, je ne rappelle pas et j’ai peut-être tort, mais je ne suis pas encore parvenue à bon port.
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