Mardi 24 février 2026
Mardi 24 février 2026
Le matin est venu sous un soleil éblouissant, comme une promesse de printemps. C’était trop de lumière pour mes yeux fatigués et j’ai baissé les volets, un peu, avant de m’installer devant mon ordinateur. L’écran était demeuré vide depuis des jours, obstinément blanc, réduit au silence par l’agitation qui m’avait tenue éloignée de moi-même. J’avais craint que les mots ne se dérobent et voilà qu’ils se bousculaient, visiblement pressés de trouver où se poser. A les voir jaillir ainsi, il m’a semblé qu’ils s’étaient accumulés quelque part derrière mon front, jour après jour, s’entassant les uns sur les autres pour attendre le moment où ils pourraient enfin éclore. Ma tête était plus légère, après ça, plus légère et plus claire, et je me suis émerveillée à nouveau de constater à quel point je m’entends mieux, lorsque j’écris. Du bruit de fond qui gronde sans cesse à l’intérieur de moi, je parviens à extraire un ressenti, une émotion ou une idée. Je me cramponne au fil que j’ai attrapé et je m’efforce de le démêler, une phrase à la fois. Et puis soudain quelque chose lâche et se dénoue, c’est un soulagement physique, une douleur ou une tension qui ne se révèle pleinement que lorsqu’elle disparaît, avalée par les mots. Chaque chose trouve enfin sa place et tout est bien rangé, ce que je ressens ne m’est plus étranger.
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