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Chapitre 9 – La douleur
Fiction
Erotica
calendar Veröffentlicht am 18, Juni, 2026
calendar Aktualisiert am 18, Juni, 2026
time 22 min
18+

Chapitre 9 – La douleur

Lilith n’avait pas vu passer la dernière journée. À la suite de ce qui s’était passé avec Voryn, elle n’était pas sortie de chez elle. Arête s’était mis contre elle et, entre deux sanglots, elle s’était endormie. Elle ne comprenait toujours pas ce qui avait pu se passer chez Voryn, comment lui, l’homme qu’elle aimait, avait pu se comporter ainsi. Avait-il pris du plaisir dans cet acte ? Elle redoutait la réponse à cette question. Qu’est-ce que cela signifiait pour eux ? Elle savait qu’elle était encore amoureuse, mais qu’en était-il de lui ? Il fallait qu’elle puisse le voir. Il fallait qu’elle sache. Elle avait travaillé toute la journée à faire ses courses comme d’ordinaire. Elle en avait cependant pris plus pour s’éviter de penser. Elle avait fini plus tard et la soirée commençait déjà quand elle rentra. Elle ne savait pas qu’elle avait manqué Voryn de peu en arrivant chez elle. Elle avait décidé d’aller le voir ce soir au Carrousel pour parler avec lui, tant pis si elle le dérangeait dans son travail. Elle se regarda dans le petit miroir oxydé qu’elle avait récupéré dans sa chambre et elle se fit presque peur. Les larmes, la fatigue de la journée lui avaient donné un air hagard, défait. Elle se rinça le visage avec de l’eau qu’elle avait dans un broc, se coiffa et ressembla déjà moins à l’incarnation de la tristesse.

Elle sortit de chez elle et se mêla aux effluves et aux bruits de la ville qui commençait à s’animer pour la soirée. Les terrasses se remplissaient, les lampions étaient allumés dans les rues. Les enfants rentraient chez leurs parents, les chiens furetaient pour dénicher les dernières ordures délicieuses de la journée. Elle marchait d’un bon pas, avec cependant une boule au ventre qui grossissait à mesure qu’elle s’approchait du Carrousel. La façade du bâtiment était très lumineuse. Un tapis rouge guidait les pas des clients jusqu’au perron. Elle avait l’impression de pénétrer dans un endroit interdit, impropre à sa condition. Qu’allait-elle dire à Voryn ? Elle avait répété un peu dans sa tête aujourd’hui mais elle n’était plus tout à fait sûre de la manière d’aborder le sujet. Elle voulait surtout partager avec Voryn ses émotions, ses sentiments, ses sensations sur ce qui s’était passé. Elle voulait l’entendre dire qu’il était désolé, qu’il regrettait, qu’il ne s’était pas rendu compte. Elle espérait vraiment qu’il aurait une réaction de ce type car elle l’aimait, elle voulait lui pardonner. C’était bien ça le problème. Son amour pour lui était tel qu’elle aurait presque pu lui pardonner n’importe quoi.


***


Elle était arrivée devant la porte richement sculptée de la maison et avant qu’elle n’ait pu saisir la poignée, celle-ci s’ouvrit. Une belle jeune femme vêtue d’une robe élégante avait ouvert et la regardait avec incrédulité.


— Bonsoir, puis-je faire quelque chose pour vous ? demanda-t-elle, surprise.

Il est vrai qu’elle ne devait pas ressembler à la clientèle habituelle, habillée en pantalon grossier, avec ses chaussures défoncées et son gros pull à col roulé.

— Je… Heu… Je suis la petite amie de Voryn, j’aurais aimé le voir, c’est urgent, bredouilla-t-elle.

Sa timide assurance s’était évaporée à la vue de cette jolie femme qui la regardait avec étonnement. Voryn travaillait avec elle ? Comment ne pouvait-il pas être tenté ? Elle ne ressemblait à rien de tout cela. Il ne lui parlait que rarement de son travail mais elle n’avait pas imaginé que ce monde-là était si différent. Que pouvait-il lui trouver alors qu’il fréquentait tout ce beau monde, rempli de femmes plus belles les unes que les autres ? Un vif sentiment de jalousie éclot en elle, qui la fit rougir. La jeune femme lui répondit avec un air désolé.

— Voryn ne travaille plus ici. Il ne vous l’a pas dit ?

Lilith était atterrée. Qui était donc cet homme qui ne lui avait rien dit ?

— Depuis quand ? Où est-il ?

— C’est récent, il a pris son nouveau poste hier. Il travaille désormais pour la famille Klam, plus spécifiquement pour la fille, Sylvara.

La jeune femme ne savait que répondre. C’était une nouvelle trahison de la part de son amant. Il était parti avec une autre, jolie à ce qu’elle en savait. Pourquoi ne lui avait-il rien dit ? Avait-il quelque chose à se reprocher ?

— Je… Merci, dit Lilith en faisant demi-tour.

— Attendez ! Quand vous irez le voir, rendez-lui ce chapeau qu’il a oublié.

— D’accord… Je n’y manquerai pas. Vous êtes ?

— Ariath, dit la jeune femme en lui remettant un chapeau rond simple mais de belle fabrication.

Lilith prit cette relique et repartit dans la rue. Il sentait bon l’odeur de Voryn. Elle ne savait que faire. Aller le trouver chez Eryndor Klam à cette heure tardive n’était peut-être pas une bonne idée. Mais en même temps, elle avait terriblement envie de le voir. Elle se mit en route et commença à monter vers les hauteurs de la ville. Elle n’avait pas encore décidé de ce qu’elle allait faire une fois sur place. Sonner ? Elle verrait bien. La soirée était encore douce, la ville était calme dans ces quartiers un peu excentrés du port. Elle ne croisa que quelques passants qui ne remarquèrent même pas sa présence. Bien qu’elle soit lasse, elle évoluait dans son monde avec grâce et discrétion, comme une chatte sauvage. Elle arriva sur les hauteurs de Fierval. Elle n’avait pas l’esprit à cela mais la vue sur la ville en contrebas, illuminée de ses feux et lanternes la stoppa un instant. Une certaine beauté se dégageait de tout cela. Une sorte d’ordre né finalement du chaos. Elle était arrivée à la grille de la grande bâtisse des Klam, qui évidemment était fermée. Mais qu’est-ce que Voryn pouvait bien faire là-bas ? Elle chercha une cloche ou une sonnette mais n’en trouva pas. Les propriétaires la retiraient peut-être le soir pour ne pas être dérangés.

L’intérieur était sombre et elle ne voyait pas d’activité particulière à l’intérieur. Elle n’avait pas fait ce chemin pour rien et elle voulait voir Voryn. Quand est-ce qu’elle pourrait lui parler ? Elle avait tant de choses sur le cœur qu’il fallait qu’elle se décharge sur quelqu’un. Cela ne pouvait plus attendre. La rue était calme, il n’y avait personne alentour. La jeune femme escalada la grille de la propriété. Elle était habituée à courir et grimper partout, ce n’était pas difficile. Elle fit attention quand elle passa ses jambes de l’autre côté, à ne pas se piquer sur les pointes qui coiffaient la construction. Elle avait déjà entendu parler de voleurs qui s’étaient embrochés de cette façon et elle n’avait vraiment pas envie que sa soirée se termine ainsi. Elle sauta et atterrit avec douceur sur le gazon du jardin, coupé très ras. Elle s’immobilisa quelques instants et tendit l’oreille. Aucun bruit, aucun changement. Son entrée n’avait pas été repérée. Elle n’y pensa que maintenant mais à l’évidence il n’y avait pas de chien ici. Tant mieux. Quelle erreur elle venait de faire ! Se faire poursuivre par un chien de garde aurait vraiment été la dernière chose qu’elle voulait !

Lilith se rapprocha à pas de loups de la maison et commença à la contourner pour trouver peut-être une trace de son amoureux. Peu de pièces étaient éclairées. Même dans les grandes propriétés, on évitait d’illuminer toute la maison sans raison particulière. Les bougies étaient chères et brûlaient trop vite. Quand une grande maison était toute illuminée, on pouvait se douter assez facilement que les propriétaires recevaient. En continuant sa progression, la jeune femme vit une faible lueur à une fenêtre. Elle s’approcha et remarqua que c’était une chambre, de femme a priori, vu les décorations. Son ventre se serra.


***


Voryn était dans la pièce, assis sur le lit. Il était encore vêtu, à la façon des capitaines de navires. Elle ne l’avait jamais vu affublé de la sorte, mais cela lui allait bien. Cette mise lui donnait un air d’aventurier, peut-être plus sûr de lui. Il semblait las de sa journée et se frottait les yeux. Lilith se releva et s’apprêta à frapper au carreau de la fenêtre. Qu’avait-elle à perdre ? De toute manière, elle n’était pas venue ici juste pour regarder. Il fallait qu’elle lui parle, qu’elle comprenne son comportement. Au moment même où ses doigts repliés allaient toucher le verre, la porte de la chambre s’ouvrit rapidement et une belle jeune femme entra, habillée pratiquement comme Voryn. Lilith avait déjà vu Sylvara sur les quais et la reconnut tout de suite. Elle ne lui avait jamais parlé, mais instinctivement elle n’aimait pas cette personne, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs. Elle était belle et riche, c’était peut-être quelques-unes des raisons, se dit-elle. Le vitrage de la fenêtre était fin et Lilith put entendre quand Sylvara apostropha son homme.

— Ah, tu es là ! Moi qui pensais que tu m’aurais attendu dans le petit salon ou au pire dans les cuisines !

Bien que sa voix soit un peu étouffée à travers le vitrage, elle semblait furieuse, fatiguée, de mauvaise humeur.

— Désolé, maîtresse, je vous attendais ici, je me disais que vous auriez besoin de moi, s’excusa gauchement Voryn.

“maîtresse” ? Lilith n’était pas sûre d’avoir bien compris. Pourquoi Voryn appellerait son employeuse de cette façon ?

— Effectivement j’ai besoin de toi ! Cette histoire avec la Seiche Dorée m’a toute retournée. Viens m’enlever mes vêtements !

— Oui maîtresse, tout de suite.

Lilith avait l’impression de ne pas reconnaître Voryn. Il n’avait jamais été très conquérant, ni très sûr de lui, mais là, c’était une totale soumission. Appeler son employeuse maîtresse en plus. Voilà qui était assez étrange. La jeune femme commença à comprendre avec horreur quel était le travail de son bien-aimé. Son ventre se serra quand elle le vit s’approcher de Sylvara qui le toisait avec autorité. Il commença par retirer la redingote de la jeune femme et la posa sur le sol. Elle avait en dessous une simple chemise qui était légèrement bouffante. Il entreprit de défaire les boutons. Déjà, l’attitude de Sylvara commençait à changer. Son visage devenait plus calme, son attitude un peu moins exigeante. Voryn ouvrit la chemise et la retira. Sylvara était seins nus en dessous. Ils étaient beaux, pleins et fermes. Elle avait les épaules fines mais musclées, un cou gracile. Pour ne rien gâcher, un ventre plat et ferme venait souligner sa beauté.

Lilith était jalouse de cette femme qui apparemment avait tout pour elle. Elle avait toujours eu des complexes avec son corps. Ses seins plats, son ventre sec et musclé où apparaissaient ses côtes et les arêtes de ses hanches n’avaient rien d’enviable. Elle pensait qu’il n’était pas très plaisant à caresser, n’avait pas de belles courbes gracieuses. Elle se consolait en se disant que son corps était efficace et fonctionnel. Une forte poitrine l’aurait handicapée par rapport à son activité. Mais quand même, elle aurait pu en avoir un peu plus…

Voryn venait de se mettre à genoux et était en train de retirer le pantalon de la jeune femme. Elle portait une culotte fine qui mettait en valeur le galbe de ses fesses. Il la retira et se retrouva face à son sexe d’où pointait une toison entretenue. Le cœur de Lilith battait à tout rompre.

Ce spectacle était atroce.

Voir l’homme de sa vie, ainsi à genoux devant cette belle femme était révoltant. Elle ne posait jamais de question concernant le travail de Voryn. Le Carrousel était un établissement certes de plaisir, mais aussi très réputé et Voryn avait une bonne place. Il ne travaillait pas pour les plaisirs des clients, du moins c’est ce qu’il lui avait dit quand ils s’étaient rencontrés. Le voir ainsi devant cette femme vint troubler Lilith. Et s’il lui avait menti ? Et s’il couchait avec les clients ? Ce qu’elle pensait savoir de l’homme qu’elle aimait commençait à s’effriter en elle. Elle voulait partir, arrêter de regarder la scène qui se jouait devant elle mais n’y arrivait pas. Elle était totalement hypnotisée par ce spectacle grotesque. L’attitude de Sylvara venait de changer. Elle avait passé une main rassurante dans les cheveux de Voryn et lui murmura :

— Je suis fatiguée, je veux que tu me lèches, que tu glisses ta langue en moi.

Elle avait une voix un peu rauque, déjà empreinte de désir. Le jeune homme s’exécuta. Il poussa sa bouche contre le sexe de la jeune femme qui immédiatement eut un petit soupir de satisfaction.

Lilith était estomaquée. Non seulement il s’exécutait à la perfection sur cette tâche qu’il dédaignait avec elle, mais en plus il semblait y prendre plaisir.

Sa respiration s’accélérait à mesure qu’il léchait Sylvara. Il commençait à pousser de petits gémissements en même temps que la jeune femme. La position debout était inconfortable et sa maîtresse alla s’allonger sur le lit. Voryn continua à la manger de sa langue a priori experte.

Cela ne fit aucun doute à Lilith, son amant lui mentait depuis toujours. Il travaillait au Carrousel en tant que pute et n’avait même pas eu la délicatesse de lui montrer ce qu’il savait faire ! Sa tristesse commençait à faire place à une nouvelle émotion, la haine. Elle voulait voir jusqu’au bout cette scène, se charger de cette colère, enivrante, exaltante. Qu’allait-elle faire ensuite ? Elle ne savait pas encore mais le temps viendrait où Voryn devrait régler des comptes avec elle. Oh oui, il allait regretter son comportement !

Sylvara gémissait de plus en plus fort sous les coups de langue de son amant, qui visiblement se débrouillait très bien, le petit salaud ! La jeune femme jouit bruyamment et serra les cuisses autour de la tête de Voryn. Elle s’écarta vivement de lui et lui cria :

— Viens prendre mon cul, maintenant ! J’ai tellement adoré l’autre jour !

Elle avait l’air d’une vraie petite salope aux yeux de Lilith, tout dans sa façon de parler et de bouger puait le sexe. Voryn retira en hâte ses vêtements, Sylvara était déjà à quatre pattes, le cul tendu, luisant de salive et de son nectar de vie. Quand elle vit Voryn nu, Lilith eut un pincement au cœur. Il était beau, et elle venait de le perdre. Le choc était terrible mais la colère lui permettait de tenir pour le moment.

Le côté soumis et docile de l’employé de Sylvara avait disparu, remplacé par un œil vif et scrutateur, chargé de désir et d’envie. Son regard flamboyait en regardant ce qu’il avait d’offert devant lui.

— Dépêche-toi ! Viens me prendre, dit Sylvara qui ondulait le bassin tout en se caressant le clitoris.

— J’arrive maîtresse !

Le jeune homme approcha son gland gonflé. Sylvara posa une main sur la cuisse de Voryn et l’invita à entrer en elle. Elle était tellement excitée et préparée qu’il s’enfonça en elle délicatement, sans effort. Il glissa entièrement en elle et la jeune femme poussa un petit cri.

Lilith remarqua qu’il se comportait presque comme avec elle l’autre jour. Il faisait de grands allers-retours en elle, vigoureux. Sauf que celle-ci semblait prendre un plaisir indicible face à ce traitement brutal. Elle ne gémissait plus désormais, elle hurlait et ponctuait ses hurlements de petites injonctions.

— Plus fort ! Encore ! Plus vite !

Cette fille est une vraie salope, se dit Lilith, les yeux embrasés de colère. Elle sentait malgré tout monter en elle une certaine excitation. Sa haine avait occulté ses sentiments profonds et elle glissa sa main dans son pantalon pour se masturber elle aussi. Elle se caressait délicatement, elle ne voulait pas fermer les yeux pour ne rien perdre de ce qu’elle voyait.

Rapidement, le jeune homme ne put contrôler son orgasme. La jeune femme le sentit et voulut calmer le jeu mais il était trop tard.

— Non, ne jouis pas ! Encore un peu !

— Désolééee !

Voryn se dégagea de Sylvara et balança toute sa semence sur le dos de la jeune femme qui tremblait encore des traitements prodigués par son amant.

— Je t’avais dit de ne pas jouir ! articula-t-elle dans un soupir.

— Je suis désolé maîtresse, répondit Voryn, contrit.

— Viens finir ce que tu as commencé. Lèche-moi, utilise tes doigts, fais-moi jouir !

Le ton était sans appel. Le jeune homme glissa sa langue dans le con offert de Sylvara. Lilith continuait à se masturber, plus vivement cette fois. Elle prenait plaisir mais ne sentait pas son orgasme arriver, ce qui était frustrant. Sylvara ne devait pas être loin de jouir, car à peine quelques instants plus tard, elle s’affalait dans un râle. Elle était dévastée par ce qu’il venait de se passer et complètement épuisée. Elle parvint à remercier Voryn malgré tout, ce qui semblait sincère et le renvoya dans sa chambre. Il partit et ferma la porte.

Lilith aurait bien voulu l’attraper mais la pièce où il était n’avait pas de fenêtre. Elle ne voulait absolument pas tomber sur Sylvara et conclut que la situation était délicate. Elle continua quelques minutes à se masturber, en vain. De rage et de désespoir elle abandonna et sortit de la propriété. Elle n’avait pas obtenu ce qu’elle voulait aujourd’hui mais la tristesse avait laissé place à la haine et la colère. Il lui fallait maintenant échafauder un plan pour se venger. Lilith retourna en direction de sa chambre, l’esprit malgré tout plus léger, presque joyeux à l’idée de ce qu’elle allait faire. Les idées fourmillaient dans son esprit. Elle avait encore dans sa main le chapeau de Voryn. Après un regard de dégoût, elle le jeta par terre avant de le piétiner.

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