Glückwunsch! Deine Unterstützung wurde an den Autor gesendet
avatar
Eldria II : 32 · La cheffe sous le sable
Fiction
Erotica
calendar Veröffentlicht am 17, Juni, 2026
calendar Aktualisiert am 17, Juni, 2026
time 22 min
18+

Eldria II : 32 · La cheffe sous le sable

On frappa. Sans attendre qu’on l’y invite, le garde pénétra dans la chambre et s’inclina d’une révérence aux allures militaires.

– Élégance, fit-il solennellement en se campant devant l’embrasure, sa longue lance ornée à la main. Il est temps de vous conduire à la cérémonie.

Salini, nerveuse, lui fit face, Méré, Miya et Mako docilement alignées dans son dos. Ses servantes l’avaient lavée, épilée, coiffée, puis parée d’un fastueux ceinturon serré à la taille, duquel retombait un délicat voile de soie légère et transparente, ne dissimulant presque rien de ses cuisses ni de ses hanches. Les trois femmes affectées à ses soins, quant à elles, avaient reçu pour instruction de l’accompagner dans leur simple appareil – absence d’apparat qui convenait culturellement à leur rang.

– Allons-y, dit-elle avec toute la détermination dont elle se sentait encore capable, les poings serrés.

Une semaine s’était écoulée depuis son escapade clandestine auprès de Lélia, l’une des nombreuses filles du Shruïn. Depuis le commencement de son séjour contraint sur ces terres, Salini avait eu l’occasion de croiser certaines des sœurs de cette dernière : si toutes ressemblaient vaguement à sa nouvelle alliée de circonstance, aucune, pourtant, n’avait fait montre d’une telle force de caractère. Certaines – ses aînées – étaient déjà mères, tandis que d’autres, plus jeunes, semblaient se complaire davantage entre les murs du palais plutôt qu’à courir les étendues verdoyantes, lointaines, du Val-de-Lune. Quant à leurs frères – appelés Ishaliun, les nombreux fils du souverain de l’Adaï –, ils paradaient, invincibles et intouchables, dans les galeries de l’édifice de nacre, s’arrogeant selon leur bon vouloir des prérogatives sur les corps de quiconque avait le malheur de faire leur rencontre.

Sans un mot, le garde les conduisit jusqu’à la grande salle de réception où Salini avait déjà eu, à quelques reprises, le loisir d’assister à des orgies à peine imaginables. En d’autres circonstances, de tels débordements de luxure auraient pu s’avérer de nature à la stimuler, elle qui s’était découvert, à la puberté, un appétit affirmé pour toute la gamme des plaisirs qu’elle pouvait à la fois offrir et recevoir. Il n’en était pourtant rien : les pratiques de ce peuple aux mœurs patriarcales, insensible au désir véritable des femmes, la répugnaient au plus haut point. Ici, on la traitait comme une reine, on se prosternait sur son passage, on célébrait son corps affranchi de toute norme sociale, offert à la vue de toutes et de tous... et pourtant, jamais elle ne s’était sentie si profondément prisonnière.

Lorsqu’ils atteignirent un petit balconnet surplombant l’immense cour intérieure, tous les regards se levèrent vers elle. Le murmure des conversations s’éteignit, faisant peser un lourd silence sur l’audience disparate qui s’était rassemblée. Nulle démonstration de débauche aujourd’hui : la plupart des nobles s’étaient parés, comme Salini, de leurs plus délicates étoffes, comble du raffinement et de la pudeur sous ces latitudes. Tentant de dissimuler son trouble, Salini s’assit sur le tabouret de satin disposé pour elle, tandis que ses trois servantes prenaient place dans son dos, yeux baissés, mains croisées sur le ventre.

Sur l’estrade dominant la salle, face à Salini, le Shruïn trônait sur son siège démesuré, nonchalamment accoudé, nu comme Salini l’avait toujours vu. À l’entrée pourtant remarquée de sa jeune promise, il ne s’était même pas tourné. À ses côtés, debout – bien que toujours plus petit que son souverain –, le maître de cérémonie s’avança alors. C’était un vieil homme chauve, à la démarche chancelante et au dos voûté. C’était aussi, pour le plus grand bonheur de Salini, l’un des rares convives présents à s’être entièrement couvert d’une épaisse toge intégrale.

– Nous sommes ici réunis pour la cérémonie d’accouplement de l’Ishalia Savinah-Yulinn’Lélia, qui, ayant largement atteint l’âge de procréer, se doit d’accomplir son devoir envers le noble peuple de Solanntor, ainsi qu’envers Son Souverain, L’Éminent Shruïn. Faites entrer la princesse.

Dans un fracas sourd, la massive porte de la grande salle s’ouvrit en grand. Lélia, les poignets liés dans le dos, escortée de deux gardes casqués, avança avec dignité jusqu’au trône, sous les yeux attentifs de toute l’assemblée. Comme la dernière fois que Salini l’avait vue, ses hanches étaient encore engoncées dans leur improbable et humiliante cage de fer – seule obstacle à sa nudité.

Après une longue marche silencieuse parmi les convives, elle se présenta devant son père – qui l’examinait d’un regard sombre – et devant le maître de cérémonie.

– Savinah-Yulinn’Lélia, appela ce dernier de sa voix chevrotante. En tant qu’Ishalia de l’Adaï, tu as failli à ton devoir de fournir un héritier ou une héritière à ton royaume. Conformément à nos lois, tu as été condamnée à endurer le supplice de la grègue d’acier. Nous sommes ainsi réunis, en ce jour, car tu as émis le souhait de te repentir et de désigner, au sein de la capitale, un partenaire apte à te féconder. Je rappelle, selon nos lois, qu’il n’est point admis pour l’homme ainsi désigné de se refuser à une Ishalia qui exercerait ce droit. Savinah-Yulinn’Lélia, tu peux maintenant t’exprimer.

Un frisson parcourut l’audience, et Salini se griffa nerveusement le haut des genoux. Lélia releva la tête et lui lança un regard furtif, l’esquisse d’un sourire plissant la commissure de ses lèvres. Puis, cérémonieusement, elle s’agenouilla et prononça, d’une voix forte et solennelle :

– Je suis prête à annoncer mon choix.

– Et nous sommes prêts à l’entendre, répondit le vieil homme en s’effaçant.

Lentement, elle releva le menton et transperça l’occupant du trône de ses yeux d’obsidienne, déclamant avec ardeur :

– Pour me féconder, je désigne Arengryar II, chef suprême de tous les clans de l’Adaï, Shruïn des Dunes, Protecteur de Solanntor. Mon père.



***



– Yaesia va te recevoir, annonça Guyl en déverrouillant une trappe discrète, dissimulée derrière le comptoir.

Ces derniers jours, Jarim les avait passés confiné sur une paillasse isolée, aménagée dans les combles ardents et minuscules de cet estaminet, apparemment aussi clandestin que lui. En plus de la chaleur insupportable qui y régnait de jour comme de nuit – et contribuait à le maintenir éveillé –, il avait dû composer avec des nuisances sonores pratiquement incessantes, d’un genre particulier, dont la nature ne faisait guère mystère : des hommes comme des femmes, nombreuses et nombreux, se réunissaient dans cet établissement à toute heure, avec pour projet manifeste de prendre leur plaisir sans complexe, directement sous le plancher mangé aux mites de l’abri de fortune sombre et encaissé de Jarim. Et bien sûr, tandis que le temps filait à toute allure, comme pour le tourmenter davantage, il n’avait cessé de penser à Eldria, retenue captive peut-être non loin d’ici, seule, perdue, sans espoir. En tout et pour tout, il n’avait peut-être réussi à arracher à son insoutenable confinement qu’une dizaine d’heures de sommeil.

– Enfin, maugréa Jarim. Cela fait presque une semaine que j’attends.

– Estime-toi heureux. Certains doivent parfois patienter plusieurs mois avant d’être reçus. Elle te fait une fleur, mais ne t’y trompe pas : c’est avant tout par loyauté envers Lélia.

Gonflé d’impatience, Jarim dévala un petit escalier en bois brut, menant à une galerie assez semblable à celle qu’il avait longée quelques jours plus tôt, et qui l’avait conduit à la ville. Au-dessus de lui, Guyl rabattit la trappe sans un mot, comme pour la soustraire à d’éventuels regards indiscrets. En face, la lueur vacillante de quelques chandelles l’attira naturellement. Il pénétra dans une pièce de bonne taille, aux murs biscornus, creusée sous le sol à même la roche ocre. Il y faisait si frais – en comparaison de la surface – que Jarim, torse nu, la peau moite de sueur, se surprit à frissonner. Pour accentuer ce contraste, il goûta le calme absolu que lui offraient ces épaisseurs argileuses, loin des tumultes incessants de la capitale bourdonnante qui s’étendait au-dessus.

Outre la résonance sourde de ses propres pas, seul l’écho proche d’un doux clapotis capta son attention. Il avança à pas feutrés, dépassant un paravent disposé là. Derrière, il découvrit une grande bassine cerclée de bougies, dont l’eau tiède faisait naître des volutes de vapeur claire. Confortablement installée dans le bassin, la dénommée Yaesia, dans une posture décontractée, l’observait approcher, nullement effarouchée d’être ainsi surprise en pleine ablution. Bien au contraire : elle lui adressa un sourire malicieux, l’invitant du doigt à s’avancer alors qu’il hésitait, stupéfié.

– N’aie crainte, dit-elle avec douceur. Si nous avions voulu t’attirer dans une sorte de piège, nous n’aurions pas procédé ainsi.

– Je... merci de me... heu... recevoir, balbutia gauchement Jarim, qui s’était longuement préparé à cette entrevue avec la cheffe de cette curieuse bande, mais qui ne s’était pas attendu à la retrouver dans de telles dispositions.

– Je vois que la blessure que je t’ai causée est en bonne voie de guérison, ajouta-t-elle en désignant l’avant-bras de Jarim d’un mouvement du menton.

Jarim effleura machinalement le bandage immaculé qui cerclait son bras, et que Dario avait changé le matin même, en venant lui porter de quoi manger.

– Oh, ça ? souffla-t-il, pressé. Ce n’est rien, j’ai connu pire.

Il n’avait guère de temps à gaspiller en verbiages futiles. Il se ressaisit donc, ignorant les courbes immergées qu’il devinait malgré lui sous l’eau trouble.

– Dans sa lettre, Lélia disait que vous seriez en mesure de m’aider.

– C’est exact.

Sur ces laconiques paroles, sans se soucier de la présence nouvelle de Jarim, Yaesia se redressa, sa pleine nudité émergeant avec grâce du bassin tiède. La pointe de ses généreux seins – que Jarim avait déjà aperçus de près quelques jours plus tôt – se raffermit aussitôt au contact de l’air doux qui régnait au creux de ces cavités secrètes. Des gouttelettes encore fumantes glissèrent le long de son corps svelte, certaines humectant bientôt le sol argileux, d’autres s’insinuant entre ses cuisses athlétiques, imprégnant la toison sombre de son entrejambe.

– Mes yeux et mes oreilles au palais m’ont fait parvenir un rapport de la situation, expliqua-t-elle avec un naturel désarmant, s’emparant d’un linge propre avec lequel elle entreprit de se sécher – sans toutefois chercher particulièrement à se couvrir. La princesse a été enfermée par son père, qui attend désormais d’elle qu’elle produise un héritier. Quant à votre amie, l’étrangère, elle est retenue captive dans les geôles sécurisées du fort, là où il est délicat de pénétrer.

– La... la princesse ? bafouilla Jarim, peinant à contenir un trouble grandissant. De quelle... princesse parle-t-on ?

Yaesia haussa d’abord un sourcil interrogateur, puis leva subitement les yeux au ciel.

– Oh ! Elle a encore fait le coup, n’est-ce pas ? Par la Déesse ! Lélia adore omettre ses origines nobles. Tu apprendras donc, mon charmant invité, que tu as voyagé en compagnie d’une Ishalia – une Princesse des Sables, comme vous dites chez vous –, l’une des filles légitimes du Shruïn.

– Qu-quoi ?

Ayant terminé de s’essuyer, elle saisit avec décontraction une pomme juteuse dans une corbeille de fruits et y mordit vigoureusement, avant de s’étendre de tout son long sur une banquette rembourrée de coussins épais, creusée à même la roche. Pour la plus grande détresse de Jarim, elle n’avait toujours pas pris la peine de se vêtir, exposant ainsi, jambes écartées et sans gêne aucune, l’entièreté de ses charmes.

– Che comprends ta churprise, prononça-t-elle la bouche pleine, avant de déglutir. Moi-même, je n’ai appris sa véritable identité que plusieurs mois après qu’elle nous a rejoints dans nos activités clandestines. Heureusement qu’elle est douée pour la contrebande et qu’elle déteste son paternel au moins autant que nous tous, car ce jour-là, j’étais à deux doigts de la faire égorger pour duplicité. Mais trêve de bavardages, mon temps est précieux. Concernant votre amie commune : Eldria. Qui est-ce ? Ta fiancée, je suppose ?

– Hein ? Non, c’est juste mon amie.

– Et tu es prêt à risquer ta vie – et la sienne – pour exfiltrer une simple amie de l’une des cités les plus surveillées au monde ? Si tu te fais prendre, tu seras torturé, puis battu à mort sur la place publique en guise d’exemple. Et si, avant qu’on ne te l’arrache, tu ne tiens pas ta langue, il existe un risque non négligeable que tu conduises les autorités directement jusqu’à moi.

– Je... Oui, je ferais tout pour la...

– T’es-tu uni à elle ?

– Heu... comment ça, uni ?

– Vous êtes-vous accouplés, sous la bénédiction de la Déesse ?

– Ah. Eh bien... Oui, nous... nous avons partagé un...

– C’est ce que je voulais savoir. Baisse ton pantalon.

Jarim écarquilla de grands yeux médusés, incertain d’avoir bien saisi.

– Heu... Quoi ?

– Oh, c’est vrai, soupira Yaesi, l’air las. Avec ta couleur de peau, j’oublierais presque que tu n’es pas l’un des nôtres. Vous êtes tellement pudiques, au Nord...

Elle se rassit et adopta l’air patient.

– Pour franchir les portes du palais, je vais devoir te faire passer pour un esclave dont le seul rôle sera de divertir les bourgeoises et les bourgeois de la cour. N’aie crainte, ajouta-t-elle en voyant une grimace d’effroi étirer les traits de Jarim, mes associées sur place te conduiront à ton amie avant que tu n’aies à participer à leurs petits jeux dévoyés. Bien sûr, ce genre de dépravation est strictement interdit... c’est pourquoi toute la cour s’arrache mes services.

– Alors c’est ça, votre activité ? siffla Jarim avec une pointe d’irritation. Satisfaire aux inclinations inavouables du palais et envoyer de pauvres esclaves faire... je ne sais quoi ?

– Entre autres, sourit Yaesia, sans prendre ombrage de la réticence visible de son invité. Crois-moi, la plupart sont consentants. Certains, même, ont traversé la moitié du monde pour satisfaire leur propre soif de plaisir immédiat, ayant eu vent de la réputation de Solanntor en la matière. Et comme, officiellement, les hommes étrangers n’ont pas leur place au sein de la cité... c’est vers moi qu’ils se tournent.

Sur ces mots, elle se leva avec lenteur et approcha de Jarim. Pour la première fois, son regard assuré parcourut ses pectoraux luisants avec un mélange d’expertise et d’appréciation.

– La Déesse t’a gâté, murmura-t-elle avec amusement en le contournant pour le jauger sous tous les angles. Je ne rencontrerai aucune difficulté à te faire entrer dans le palais sans éveiller les soupçons.

Son regard glissa avec plus d’insistance jusqu’à ses cuisses.

– Il me reste seulement à juger de ta vigueur. De quoi aurai-je l’air, si je proposais un piètre amant à ma fortunée clientèle ? Cela entacherait ma réputation. Ne sois pas timide, Jarim. J’ai vu probablement plus de corps nus que n’importe qui dans cette cité.

Jarim déglutit. La dernière fois qu’il s’était retrouvé seul avec une femme désireuse de le voir se dévêtir, il n’avait pas su réprimer ses inclinations et la situation avait alors rapidement dégénéré. C’était pire encore ici : Yaesia, ses charmes fièrement exhibés, avait déjà provoqué chez lui différents effets... d’ordre naturel.

– Hem, hésita-t-il, conscient qu’il arrivait à court d’options. Il se trouve que... je suis un peu...

– Tu es dur ? coupa-t-elle candidement. Je l’ai bien senti quand j’étais sur toi la dernière fois, oui. Ne t’en fais pas, je fais cet effet à beaucoup d’hommes.

Un peu penaud, mais d’un geste hardi afin que s’achève au plus vite ce moment embarrassant, Jarim baissa son pantalon jusqu’aux mollets. Son sexe édifié opposa une éphémère résistance, avant de courageusement bondir de sous l’étoffe, se balançant un instant de bas en haut. Après tout, il n’était pas si différent des milliers d’hommes qui déambulaient librement, les fesses à l’air, au-dessus de leurs têtes.

Il ne restait plus désormais qu’à espérer qu’elle tiendrait sa promesse.


***


Une clameur s’éleva dans l’immensité de la salle d’audience. Le maître de cérémonie, les yeux écarquillés, affublé soudain d’un air de silure effarée, s’élança sur l’estrade et tenta d’imposer sa voix chevrotante au milieu du tumulte.

– Silence, silence ! s’égosilla-t-il. Non, c’est... c’est impossible ! On ne peut pas... Tu ne peux pas choisir le... C’est contraire à...

Pendant ce temps, comme étrangers à toute cette agitation, Lélia et le Shruïn continuaient de se défier d’un regard noir, intense, au point qu’on aurait presque pu sentir l’air s’échauffer entre eux.

Enfin, sans un mot, le Shruïn se leva avec lourdeur, faisant craquer les armatures pourtant massives de son gigantesque trône. Aussitôt, l’assistance turbulente se tut. Le maître de cérémonie sembla, l’espace d’un instant, se féliciter de sa propre autorité, avant de comprendre que son souverain s’avançait lentement dans son dos, et que tous les regards s’étaient tournés vers lui. Il s’effaça aussitôt.

Arengryar II se posta devant sa fille, toujours agenouillée. Elle paraissait si petite, si frêle face à lui, qu’elle dépassait à peine la hauteur de ses monstrueux genoux.

– Ma fille, déclama-t-il de sa voix rocailleuse. Une fois de plus, tu me déçois.

Salini, qui observait la scène avec attention depuis les hauteurs de son balconnet, broya davantage ses propres cuisses entre ses doigts nerveux, ses ongles parfaitement manucurés traçant des marques blanchâtres sur sa peau mise à vif.

– Toutefois, nos lois ancestrales sont ainsi faites, ajouta-t-il enfin après un silence insoutenable. Si tel est ton désir, soit. Je te donnerai un enfant.


Kommentar (0)

Du musst dich einloggen, um kommentieren zu können. Einloggen
Die Reise durch dieses Themengebiet verlängern Erotica

donate Du kannst deine Lieblingsautoren unterstützen

promo

Download the Panodyssey mobile app