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Chapitre 1 – Le grand jour

Chapitre 1 – Le grand jour

Veröffentlicht am 15, Feb., 2026 Aktualisiert am 15, Feb., 2026 Adventure
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Chapitre 1 – Le grand jour

Liana se réveilla ce matin d’automne, comme tous les matins, enfin presque. Cela faisait des semaines qu’elle attendait ce jour apparemment si important et inoubliable selon certaines. Aujourd’hui elle devenait femme, telle que son peuple, sa communauté, sa famille l’avait défini. Qu’est-ce que cela signifiait au juste, devenir femme ? N’était-on pas femme dès sa création, dans le ventre de sa mère ? Ou a minima, une femme en devenir ? Le fait de devenir femme devait-il être acquis aux yeux des autres pour pouvoir se sentir réellement comme telle ? Si l’on devait prouver aux autres quelque chose pour atteindre un statut selon elle inné, pouvait-on aussi de la même façon le perdre un jour ? Et dans ce cas, que devenait-on alors ? Liana réfléchissait tant qu’elle pensait entendre sa voix dans sa petite chambre, sorte de hutte aménagée simplement, proche de celle de sa mère. Elle repensa au rêve qu’elle avait fait cette nuit mais qui s’enfuyait déjà de son esprit. Elle se souvint cependant de grandes embarcations qui arrivaient sur la côte. Deux grands navires tels qu’elle n’en avait encore jamais vu, tellement grands qu’un village entier aurait pu tenir dedans. L’un d’eux était rouge vif et l’autre sombre, presque noir. Dans son rêve, il grouillait d’hommes et de femmes avec des vêtements fort différents de ceux de son peuple. Elle remarqua un jeune homme qui en descendait. Il avait dû lui faire forte impression, car elle se rendit compte qu’elle avait l’entrejambe humide. La suite s’échappait de son esprit. Plus elle essayait de s’en souvenir et plus elle avait du mal à rassembler les souvenirs. Elle aurait bien pris un peu de temps pour elle, pour se caresser. Elle était déjà plutôt excitée par ses songes, mais elle n’avait pas vraiment le temps ce matin-là.


Elle s’habilla néanmoins sans hâte, sachant qu’aujourd’hui était sa journée, elle voulait en profiter pleinement. Plusieurs de ses amies lui avaient raconté comment ce jour s’était passé et hormis Gertia, qui était peut-être la jeune femme la moins drôle qu’elle connaissait, toutes étaient d’accord pour dire que cette journée était plutôt inoubliable. Les journées commençaient à rafraîchir et elle mit une jupe en peau de chèvre qui lui descendait quasiment jusqu’aux genoux et une veste doublée, assez cintrée, qui soulignait bien ses formes. Liana n’avait pas conscience de sa beauté et avait quelque chose d’un peu timide, de réservé dans sa mise et sa tenue. Cela ne la rendait que plus belle pour qui savait regarder, non pas avec ses yeux mais avec son âme. Elle tressa ses longs cheveux pour ne pas être gênée et elle sortit dehors. Elle fut immédiatement inondée des sensations familières du matin : l’odeur des feux dans le village, le bruit des femmes qui bavardaient et travaillaient devant chez elles, les poules qui picoraient çà et là. Elle voyait des femmes qui revenaient des champs où poussait le Gingelys qu’elles cultivaient depuis des générations. C’était une épice qui attisait les convoitises des peuples voisins et c’est pourquoi le peuple de Liana était un peuple guerrier, prêt à défendre ses cultures. Le Gingelys avait de nombreuses vertus, notamment celle d’apporter beauté et longévité à qui en prenait régulièrement. Aussi, c’était un puissant stimulant sexuel qui augmentait considérablement l’envie et la passion.


La journée promettait d’être belle et avant que ses yeux n’aient eu le temps de s’habituer totalement au soleil rassurant des dernières belles journées de l’année, quelqu’un plaça dans sa main une tasse en terre cuite d’où montait une bonne odeur de lait de chèvre chaud aromatisé au miel et au romarin. Liana décela une touche de l’épice dont son village était si fier. On pouvait en boire ou en consommer tous les jours si on était assez fort pour supporter ses élans de chaleur et les envies qu’il procurait. Habitués depuis leur plus jeune âge, les Molwins dont faisait partie Liana étaient accoutumés et ne ressentaient que des effets légers. Il ne fallait pas en abuser pour autant. Ce n’était pas le cas de tout le monde… Liana en prenait peut-être un peu trop, elle le savait, mais elle essayait de le cacher à son entourage. Ce n’était pas un très gros péché. Cependant si elle n’avait pas sa petite dose quotidienne, elle se sentait étrange, son cœur palpitait, son esprit se brouillait un peu, elle pouvait devenir un peu irritable. Rares étaient celles qui prenaient du Gingelys autrement qu’en tisanes ou directement dans les plats cuisinés. Liana prenait parfois un peu de poudre directement en l’inspirant fort dans une narine. L’effet était plus fort, cela lui faisait monter les larmes aux yeux. Personne ne le savait au village, elle était discrète à ce sujet et en ressentait une vague honte.

Sa mère mit une main sur son épaule et lui fit un grand sourire.


— Comme tu es belle ma chérie ! Tu as bien dormi ? Je suis si excitée moi aussi par cette journée !


C’était sa maman, joviale et prévenante, comme à l’accoutumée. Comment savait-elle qu’elle était excitée d’ailleurs ? On dit que les mères ont toujours une sorte de sixième sens. Liana l’aimait de tout son cœur et elle n’avait pas souvenir d’une vraie querelle avec sa mère. Elle était fille unique et leur lien était très fort. Cette femme était encore jeune, elle avait eu Liana tôt dans sa vie et possédait une beauté dans le mouvement. On ne pouvait pas vraiment lui trouver de charme quand elle ne bougeait pas ou dormait. Cependant, dès qu’elle commençait à se déplacer, à parler, à sourire, on remarquait tout de suite qu’elle avait quelque chose de gracieux, d’animé, de solaire.


Aujourd’hui, pareillement à toutes les jeunes femmes qui passaient à l’âge adulte, Liana allait découvrir les hommes et les plaisirs de la chair. Elle vivait dans une communauté exclusivement constituée de femmes où les hommes n’étaient pas les bienvenus. Au contraire même, ceux qui n’étaient pas au courant des règles ou qui voulaient braver les femmes étaient le plus souvent mis à mort, après avoir été utilisés par celles du village qui avaient envie d’eux. Cela n’arrivait cependant pas souvent. De son souvenir, Liana n’avait dû entendre parler de ce genre d’histoire qu’une ou deux fois dans sa vie. Les hommes étant bannis, les femmes les utilisaient quand cela était nécessaire. Pour leur plaisir et pour se reproduire évidemment. Si elles accouchaient d’une fille, elles la gardaient. Si c’était un garçon, il était remis aux hommes après son sevrage pour être élevé parmi eux. Liana n’avait donc jamais vu d’homme, si ce n’est de loin et aujourd’hui serait une grande découverte. Que ressent-on quand on voit l’autre sexe de près pour la première fois ? Les femmes avec qui elle avait parlé de tout cela n’étaient pas toutes d’accord sur la façon de décrire un homme. Pour certaines, elles passaient beaucoup de temps à parler de leur pilosité, d’autres parlaient plutôt de leurs manières simples et rudes, d’autres encore parlaient de leur sexe, mais personne n’était d’accord sur la forme ou la longueur de celui-ci. Liana ne savait que penser et avait rapidement mis le sujet de côté en se disant qu’elle verrait bien cela en temps utile. Sa mère la sortit de ses pensées :


— Dépêche-toi de finir ton lait, la doyenne du village va te recevoir !


Liana termina sa tasse, l’essuya rapidement et la rangea dans sa hutte avant de se diriger vers le centre du village. C’était elle qui l’avait fabriquée, à base de terre argileuse. Elle adorait les activités manuelles et la poterie était probablement ce qu’elle préférait. Comme tous les jours du Tirmawa, le jour où les femmes deviennent femmes, le village était en effervescence et ses membres se dirigeaient d’un pas guilleret vers la hutte de la doyenne, qui faisait figure d’autorité dans ce domaine. La vieille dame attendait, assise en tailleur devant son logement. Les années et la vie au grand air avaient buriné ses traits mais Liana voyait bien que cette femme avait été belle autrefois. Les autres femmes du village s’étaient rassemblées et formaient désormais un cercle. La vieille dame leva alors une main tranquille et les bavardages cessèrent.


— Que les Pawadis approchent, dit-elle d’un ton solennel.


La maman de Liana donna un petit coup de coude à sa fille, tant pour lui enjoindre d’aller au-devant de la doyenne que pour l’encourager et lui dire simplement “je suis là”.

Liana s’avança et vit une autre fille s’avancer elle aussi. C’était Mirthe, une amie d’enfance avec qui elle passait beaucoup de temps lors de leurs entraînements pour devenir protectrices du village. Sans être hiérarchisée à proprement parler, sa communauté attribuait des rôles à chacune en fonction de leurs appétences et capacités propres. Chacune d’elles pouvait évoluer et changer au cours de sa vie, ce n’était pas un problème, tant que c’était cohérent. Depuis toute petite Liana avait montré son agilité, beaucoup de détermination ainsi qu’un grand calme. Toutes ces qualités allaient faire d’elle une guerrière qui saurait protéger son peuple. Mirthe à l’inverse était plus affirmée, avait du tempérament et cognait fort quand elles luttaient ensemble. C’était une adversaire farouche mais Liana compensait amplement par sa dextérité et sa vitesse.

Les deux jeunes femmes se postèrent devant la doyenne et soutinrent son regard. Ayant déjà assisté à plusieurs cérémonies du Tirmawa, Liana savait ce que la vieille dame allait dire.


— Aujourd’hui est un grand jour, mes enfants. C’est le jour où deux de nos jeunes femmes deviennent femmes devant le monde et la nature. C’est le jour où deux de nos jeunes femmes découvrent leur corps et la complémentarité avec celui des hommes. C’est le jour où deux de nos jeunes femmes expérimentent les plaisirs du corps, pilotées par leurs instincts et leurs envies. N’oubliez pas que les hommes sont là pour nous servir, que vous dirigez votre monde et vos appétits. Ce droit est inaltérable et ne saurait être remis en question. Nous, Molwins, avons trop lutté pour l’acquérir et le conserver.


Liana rougit légèrement en pensant aux plaisirs du corps. Elle n’était pas tout à fait novice dans la découverte du sien et se masturbait souvent depuis son plus jeune âge. La masturbation n’avait pas toujours revêtu une dimension de plaisir. Parfois elle l’utilisait pour s’apaiser avant de s’endormir, voire pour dissiper un mal de tête. Le plus souvent cependant elle l’utilisait pour son propre plaisir et espérait que sa mère ne l’avait pas trop entendue gémir à travers les murs fins. Elle se demanda pourquoi elle se sentait légèrement gênée à cette idée, car c’était tout à fait naturel et personne ne pouvait la juger. Elle vivait dans un monde de bienveillance et de respect quant à l’écoute de son corps et de ses instincts. Elle avait toujours pu parler ouvertement et sans jugement avec sa mère ou d’autres femmes du village des questions du plaisir. Aussi, elle avait déjà eu une expérience avec une autre fille. Il n’était pas rare de voir des unions temporaires voire plus longues s’établir entre deux femmes. Certaines évoluaient au fil de leur vie, changeaient d’orientation. Tout était permis et rien n’était jugé. Les femmes vivant ainsi pouvaient avoir des relations avec les hommes pour engendrer des enfants, mais elles étaient libres aussi de choisir de ne pas avoir d’enfant si elles ne le souhaitaient pas.


Malgré tout cela et ses expérimentations, Liana n’avait jamais été réellement intéressée par le corps féminin. Celui-ci ne l’avait jamais fasciné outre mesure. Un souvenir récent refit surface, d’une soirée où elle avait invité Mirthe dans sa chambre pour jouer et discuter. Il faisait froid ce soir-là et les deux jeunes femmes s’étaient blotties sous la grande peau de bête de Liana. Après quelques parties d’un jeu avec des pièces en os, les sens de Liana avaient commencé à s’aiguiser quand Mirthe avait posé sa main sur sa cuisse nue. Elle était chaude, un peu calleuse, du fait des entraînements physiques et lui apportait une sensation d’engourdissement dans le bas ventre. Liana ne voulait pas casser l’instant et arrêta de respirer pendant un petit moment. Mirthe ne se laissa pas décontenancer et commença à la caresser tout en la dévorant des yeux. La lumière de la lampe à huile et la promiscuité de l’endroit ajoutaient encore plus de sensualité à ce moment.


Liana commença à respirer plus fort sous l’effet de ces caresses et posa sa main sur la joue de son amie avant de l’embrasser. Un baiser un peu timide au début mais comme Mirthe entrouvrait légèrement les lèvres, Liana glissa sa langue dans sa bouche. Elle avait un goût un peu épicé, sans doute à cause de la tisane qu’elle avait prise avant de venir la voir. La respiration de Mirthe s’accéléra tandis que ses caresses se firent plus pressantes. Sa main commença à remonter le long de la cuisse de Liana pour trouver son sous-vêtement, un simple pagne dans un tissu doux et léger. Mirthe monta encore un peu et glissa sa main dessous. Elle atteignit le haut de sa cuisse et sentit la douce toison de son amie sous ses doigts. Liana stoppa son baiser pour laisser échapper un petit râle de plaisir avant de commencer à embrasser Mirthe dans la nuque, derrière l’oreille. Ses cheveux sentaient bon la nature, le sous-bois. Elle continua ses baisers et écarta le décolleté de son amie, un cache-cœur tendu sur sa poitrine ferme et généreuse. Liana était un peu jalouse des seins de Mirthe, pleins et rebondis mais se rassurait en se disant que sa poitrine, modeste mais joliment dessinée, était plus pratique pour le tir à l’arc ! D’une main, elle écarta le tissu et commença à embrasser le sein qui en sortit. Le téton était dur et gonflé. Était-ce le froid ou l’excitation ? Mirthe commença à gémir alors qu’elle suçait son téton et le mordillait…


***


— Liana ? Tu es là ma petite ?


C’était la doyenne du village qui la sortait de ses pensées.


— Cela fait plusieurs fois que je t’appelle, es-tu contrariée ?

— Non doyenne, veuillez m’excuser, mon esprit était ailleurs…


Liana, honteuse d’avoir manqué une partie du discours de la vieille dame, se mit à rougir. Heureusement que personne ne savait à quoi son esprit vagabondait. Ce souvenir lui avait réchauffé le bas ventre et elle sentait même qu’elle était un peu humide entre ses cuisses, juste un peu. Pour autant, cela n’était arrivé qu’une seule fois. C’était peut-être d’une manière inconsciente une simple expérience, une façon de se laisser aller à ses envies, simplement. La doyenne ne sembla pas s’offusquer du comportement de la jeune femme et poursuivit :


— Vous allez maintenant partir dans la forêt pour trouver l’homme champignon qui vous plaira. N’oubliez pas qu’il n’y a pas de règles particulières, sinon que les hommes sont à votre service et ne doivent en aucun cas prendre des initiatives sans y avoir été invités. Prenez le temps qu’il faudra pour découvrir votre corps et celui des hommes, mais rentrez pour la nuit tombée. Je vous souhaite bonne chance et beaucoup de plaisir.


Sur ces dernières paroles, les femmes du village lancèrent un cri qui aurait pu ressembler à un “hourra !” et s’éparpillèrent pour reprendre les tâches qu’elles avaient laissées avant la cérémonie.

Liana se tourna vers Mirthe :


— On y va ? J’ai hâte de voir ce qui nous attend !


Son amie sourit et elles partirent. Liana ne voulut pas lui dire que son esprit était déjà échauffé et qu’elle ressentait le désir d’assouvir un besoin des plus naturels.


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