LI : LA FORGE DU PEUPLE ET LE FEU DU CLAN
Le siècle a sa magie, sombre et pleine de bruit,
Où la foule s'enivre aux tambours de la nuit.
La guerre n'est pas née du fracas de l'acier,
Elle germe dans l'esprit qui s'oublie tout entier.
Quand la peur se fait loi, quand l'Axe s'abandonne,
C'est la transe du clan, c'est la rage qui sonne !
Et l'homme, en abdiquant, applaudit sa prison,
Pour peu qu'on donne un nom à sa déraison.
L'Usurpateur se rit de ce troupeau captif,
Il lui jette un drapeau, un ennemi fictif.
Par des mots non définis et des récits d'argile,
Il transforme l'angoisse en une arme docile.
Ce n'est plus par le fer qu'on enchaîne les rois,
C'est par l'indignation qui confisque la voix.
La mécanique tourne et dévore le Sens,
Baptisant "vérité" l'odeur du sang immense.
Mais l'Irréductible tranche et sépare le grain :
La Foule est un torrent, le Peuple est souverain.
La masse réagit, aveugle, hystérique,
Matière consumée par un jeu politique.
Le Peuple véritable est un corps de clarté,
Uni par la vigie de la lucidité.
Il ne se forge pas dans le cri qui ressemble,
Il est la dignité de ceux qui voient ensemble.
Frères d'Héliopolis, refusez le troupeau !
Arrachez vos esprits à la nuit des bourreaux.
La réflexion n'est pas un vain bavardage,
C'est l'ascèse du Sens, l'arrêt de l'engrenage.
Il faut suspendre l'acte et définir les mots,
Pour chasser l'animal et démasquer les faux.
Coupez les mots-idoles et la jouissance amère,
D'exister par la haine et de plaire à la guerre.
La paix n'est pas un pacte écrit par des vainqueurs,
Elle est le pur accord au centre de nos cœurs.
Celui qui se gouverne et maîtrise sa flamme,
Ne sera jamais l'arme au service d'un drame.
Sortez de l'hypnose, quittez l'absurdité :
L'Axe intérieur est l'unique Liberté !
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