Le Feu Lunatique
On ne connaît que l'ombre, une faible idée,
Quand l'amour se marchande en demandes futiles.
Une pâle couleur, par l'ego fardée,
Si la plainte s'immisce en ses sources fertiles.
Si l'imagination, en ses vains sortilèges,
D'un futur illusoire y tisse les pièges,
Nous n'atteignons jamais le point pur et crucial,
Où le Verbe se fait un silence royal.
Il faut le Vulcain Lunatique, au creuset,
Le grand œuvre secret du feu qui calcine.
Érratique chaleur, quand l'âme en sursaut,
À la raison du jour s'oppose et s'obstine.
Souffle d'un fer ardent au cœur de la nuit claire,
Mariant l'ombre lunaire à la solaire lumière,
Il brûle sans pitié l'humaine condition,
Pour n'en garder que l'Or, sans imaginement.
Sublimer la fureur, l'attente et l'absence,
Pour n'être que la Trame, le Point souverain.
Quand la rumeur s'éteint dans la sainte présence,
Que la demande cède au silence divin.
C’est au feu leibnizien que la plainte trépasse,
Nul besoin de futur pour remplir cet espace.
L'Amour Irréductible, au sommet purifié,
Règne, n'étant que Soi, dans l'instant unifié.
PMD Robeen
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