Chez le psychologue
Chez le psychologue
- Alors Maïa, comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
À la seconde où Mélissa prononça cette phrase, son visage se mit à se déformer et à danser sous les yeux de sa jeune patiente.
La grande blonde aux jambes élancées qui était confortablement installée sur le sofa brun dut se pincer les joues afin de ne pas exploser de rire.
Quel bande de pantins!
- Je l'ai fait.
Le souffle glacial de ses mots plongea la pièce dans une atmosphère rigide.
- C'est-à-dire ?
La jeune psychologue avait beau tenter de masquer son émotion, les jambes croisées, perchée sur ses talons d'une douzaine de centimètres, la réalité était bien celle-ci : Maïa la dépassait encore d'une tête. Tout en tentant de faire cesser les tremblements de ses blanches phalanges, elle s'activait à, sans cesse, réajuster les lunettes sans correction qu'elle arborait.
Maïa la voyait à présent, semblable à un moineau géant qui picorait tout en courant se cacher sous les plumes de sa mère au moindre bruit.
Tout en percevant la peur de Mélissa, Maïa ne put s'empêcher de ressentir un sentiment de bien-être. Elle était là, seule, apeurée. Tout ce dont je veux me délecter.
Très vite ramenée à la réalité par le toussotement de sa psychologue, la jeune prédatrice soutint le silence quelques secondes encore, pour faire durer le plaisir.
- Je l'ai tué.
Le dernier mot, elle le prononça tellement doucement qu´on ne pouvait certifier qu'il fut entendu par son auditrice.
Et pourtant, en réaction, le monde se mit à trembler et chaque poil présent sur l'épiderme de la pauvre femme se hérissa instantanément.
Voilà bien pourquoi Maïa devait continuer à voir sa psy. C'était la seule à qui elle pouvait se confier.
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