Lorsque le doute s’installe

Aujourd’hui, je viens de finir un chapitre de Giulia et Solène, mais le récit est loin d’être terminé. L’écriture ne fonctionne pas comme un mécanisme qu’on active avec une simple clé.
Je suis là devant Giulia et Solène. Vibre en moi cette envie d’écrire qui me brûle de l’intérieur, un besoin vital d’avancer et de finaliser un chapitre. L’idée est bien ancrée dans mon esprit, mais les mots ne viennent pas. Ou, ils viennent mais pas comme je le souhaite, pas comme je voudrais honorer Giulia et Solène, leur vie, leur relation. Une scène peut me demander beaucoup de temps parce que je cherche le bon geste, le bon regard, la bonne émotion à faire ressentir.
Je n’écris pas juste pour faire avancer leur histoire. Non, j’écris pour rendre Giulia et Solène vivantes.
Il n’est pas possible de forcer la naissance de leur relation. Ça ne fonctionne pas ainsi. L’imagination ne se contrôle pas. Elle surgit à l’écoute d’une musique, ou d’une promenade en pleine nature. Je ne la maîtrise pas.
Je connais Giulia et Solène, la direction que je désire leur donner, ce que je veux leur faire ressentir. Mais entre mon idée et la scène qui prend réellement forme, il y a un énorme fossé. Et là, le doute s’installe. D’innombrables questions hantent mon esprit. Vais-je arriver à aller jusqu’au bout de leur récit ? Oui parce que je le leur dois. Parce qu’elles le méritent. J’écris pour elles et elles seules.
Alors, je laisse Giulia et Solène vivre d’elles-mêmes. Je les laisse me guider dans leur récit de vie. Je les laisse prendre le contrôle de mes mots.
Parce que c’est ça le parcours d’une autrice. Tout n’est pas toujours facile.
Shania K.
Autrice FF de dark fantasy
Plume d'Or
Ma plume est un fil qui relie les cœurs et les âmes.
https://lagazettedecoco.jimdofree.com/fragments-d-une-autrice/
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Commento (1)
Jackie H 20 giorni fa
"L'écriture ne fonctionne pas comme un mécanisme qu'on active avec une simple clé."
"Je n'écris pas juste pour faire avancer leur histoire. Non, j'écris pour [les] rendre vivantes."
Je me reconnais tellement dans ces phrases. C'est pour cela aussi que mes projets de fiction s'étirent en longueur (les autres aussi d'ailleurs).
L'important, ce n'est pas juste que les personnages aillent du point de vue de l'intrigue d'un point A à un point B. L'important, c'est aussi (et même surtout) le chemin qu'ils prennent pour y arriver... et qui les fait évoluer au fil des épreuves qu'il recèle. Le voyage est aussi important que la destination.
En non-fiction aussi, pour moi, démonter et mettre à nu le mécanisme d'un phénomène (ses origines, son fonctionnement) est tout aussi important que les mentionner et parler de leurs suites.
(à suivre)
Jackie H 20 giorni fa
(suite)
Évidemment, ça bouffe plus de ressources. Plus de temps. Plus d'énergie. Pas très populaire pour le vingt-et-unième siècle. Pas assez efficace, ou pas assez efficient, pour l'époque.
Trop profond aussi peut-être pour une époque qui adore la superficialité.
Trop d'exposition au doute, aussi, pour une époque fragile et incertaine qui cherche à se raccrocher à quelques certitudes.
Oui, moi aussi, je me demande parfois si j'arriverai jamais au bout d'un seul de mes projets. Je connais ce doute 🤝
Corinne Écrivaine 16 giorni fa
Oui par moment c'est compliqué. Et puis il y a aussi le temps qui passe, qu'on ne peut arrêter quelques secondes, minutes voire heures... Mais je me dois d'aller jusqu'au bout pour mes guerrières. Je me dis qu'à la fin de mon voyage, j'aurais des regrets c'est certain mais celui-ci n'en fera pas partie. Et même si aucune ME n'accepte de publier mes récits. Aujourd'hui, il existe d'autres moyens de les faire vivre.
Corinne Écrivaine 16 giorni fa
Je veux rester fidèle à ma plume, à mes guerrières. Rester dans l'authenticité. Même si le chemin est plus long et fastidieux parce que de nos jours les ME privilégient la fast-reading, des copier coller des récits qui se ressemblent tous aussi vite lus aussi vite oubliés. Non je reste sur mon parcours d'authenticité, d'émotions comme l'ont fait Anne Rice et Stephen King.