Je ne leur ai pas donné la vie. Elles m’ont empêchée de disparaître.

Depuis longtemps, je pensais que j’étais celle qui leur avait tout donné. Un nom. Un visage. Une histoire. Une arme entre leurs mains.
Je croyais être celle qui décidait de leurs combats, de leurs espoirs, de leurs blessures, de leurs victoires.
J’étais l’autrice. Elles étaient mes guerrières. C’était aussi simple que cela.
Les jours, les mois, les années ont passé. Et mes guerrières ont cessé de m’appartenir.
Shania fut la première. Elle est arrivée en 2012 avec ses blessures, sa force, son histoire. J’ignorais à cet instant précis, le jour où je lui ai donné la vie, qu’elle allait traverser autant d’épreuves à mes côtés durant une grande partie de mon existence. J’ignorais qu’elle deviendrait la première d’une grande lignée de guerrières.
Puis, Kana est apparue. Nia, Ilaria, Hestia, Ydriss, Ismérie, Kaïla, Liviunni. Freya. Une à une, histoire après histoire. Elles sont venues agrandir mon univers. Certaines portent la colère, la vengeance, d’autres la sagesse, l’amour. Certaines sont farouches, indomptables, d’autres sont douceur. Certaines protectrices, d’autres combatives. Celles qui s’aiment en secret. Celles, brisées, qui choisissent de se relever et continuer le combat. Et sans que je ne le fasse volontairement, chacune d’entre elles portait une part de moi.
Une part de force, de colère, de courage, de vulnérabilité, d’espérance. Des fragments de ce que la vie m’a enseigné, de ce qui m’a blessée ou émerveillée. Peut-être est-ce cela finalement créer un personnage.
Mes guerrières ont commencé à exister à travers les pages, les lignes, les mots, ma voix. Lorsque le monde devenait trop lourd, je pouvais me réfugier à leurs côtés. Ouvrir une page, me plonger dans l’univers d’Alyndor, de Galimède. Entendre le fracas d’une lame, traverser Sylvaris, la forêt des elfes noirs. Et pendant ces instants, je n’étais plus celle qui écrivait. J’étais celle qui marchait auprès d’elles, combattait avec elles. C’est alors que je réalisais. Je pensais leur avoir donné la vie, mais elles me donnèrent elles aussi quelque chose en retour. Un endroit où déposer ce que je ne savais dire autrement. Un endroit où la colère devenait un ennemi à combattre. Un endroit où je pouvais devenir cette guerrière courageuse. Elles m’ont appris que je pouvais tomber sans être vaincue. Que je pouvais avoir peur sans être faible. Que je pouvais aimer librement. Et surtout que je pouvais avancer.
Mes guerrières ont grandi avec moi. Elles ont été les témoins de mes silences, de mes doutes, de mes nuits d’écriture, de mon isolement pour me retrouver auprès d’elles. Je leur ai donné des mondes, elles m’ont offert un chemin pour continuer à créer les miens. Je leur ai donné des épées. Elles m’ont appris que la véritable force n’est pas toujours celle qui frappait le plus fort. Je leur ai donné des blessures. Elles m’ont appris qu’une cicatrice pouvait devenir une preuve de survie. Je leur ai donné des combats. Elles m’ont appris à me relever.
Aujourd’hui, elles marchent à mes côtés. Entre une page et une autre, elles m’ont empêchée de disparaître. Je sais pourquoi j’écris leur histoire. Parce qu’elles font partie de mon chemin de vie.
Mes Compagnonnes d’armes.
Shania K.
Autrice FxF de dark fantasy et romances cosy
Plume d'Or
Ma plume est un fil qui relie les cœurs et les âmes.
https://lagazettedecoco.jimdofree.com/fragments-d-une-autrice/
05 septembre 2026
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